Pecq - La nouvelle ASBL Pro 4 Pecq entend défendre la qualité de vie dans l'entité « face à plusieurs situations intolérables » Les riverains s'octroient un permis d'agir Foret reconnaît l'illégalité de Codeb

VALEE,ALEXANDRE

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Vendredi 19 mars 2004

Pecq - La nouvelle ASBL Pro 4 Pecq entend défendre la qualité de vie dans l'entité « face à plusieurs situations intolérables »

Les riverains s'octroient un permis d'agir

* Deux sociétés dont Michel Foret reconnaît l'illégalité. Un projet de zoning en site inondable. « Pecq, poubelle du Hainaut », selon des riverains.

ALEXANDRE VALÉE

Le groupe (apolitique, précisent ses membres) qui vient de déposer les statuts d'une ASBL constituait une association de fait depuis près de deux ans. La quarantaine de membres fondateurs, parmi lesquels Patrick Wagnon (avocat), Samuël Denis (enseignant), Vincent Favier (industriel) poursuivaient un objectif citoyen : protéger les riverains des nuisances (bruit, insécurité, santé) liées, au départ, à la présence des mégadancings sur le territoire de l'entité, et particulièrement de l'H2O au centre de Pecq. Nous n'abandonnons pas cette thématique, pour laquelle nous pensons avoir obtenu un premier résultat avec la fermeture imposée à 8 h, précise Samuël Denis, le président de « Pro 4 Pecq ». Pro, c'est proximité, projets, promotion. 4 pour les quatre villages de l'entité que nous voulons défendre de manière constructive.

Ces derniers mois, l'attention des riverains s'est focalisée sur les projets d'extension des zones Pecq-Hérinnes et Warcoing-Espierres, que le gouvernement wallon devrait approuver fin avril. Nous sommes farouchement opposés au premier, qui se situe en zone inondable, à deux pas de l'intra-muros et des bras morts de l'Escaut dont la Région wallonne chante pourtant les louanges dans ses dépliants ! Par contre, nous encourageons fortement la solution du zoning du Clerquent, en bordure de celui d'Espierres et des accès autoroutiers.

Toutefois, les membres de l'ASBL espèrent que Pecq, après avoir accepté selon eux toutes sortes d'indésirables - ils citent les mégadancings, salles de jeux et clubs échangistes -, ne deviendra pas l'hôte de prédilection d'activités économiques peu créatrices d'emplois, et surtout nuisibles. Samuël Denis appuie cette crainte sur trois exemples intolérables. Primo, les usines Pennel & Flipo, qui pourraient accueillir prochainement les déchets de construction traités par une société éjectée de Courtrai.

Secundo, le site qui devrait à l'avenir abriter une plate-forme du Paco (Port autonome de centre ouest) est aujourd'hui en partie occupé par les cuves de l'entreprise mouscronnoise Codeb. La société y dépose depuis plus d'une année des huiles et graisses végétales, et ce dans la plus flagrante illégalité : les demandes de permis ad hoc ont toutes été refusées jusqu'alors (lire ci-dessous). Tertio, la société Larebel, basée à Wevelgem : face au quai de Pecq, elle stocke les cendres issues de l'activité de la centrale à charbon qu'Electrabel exploite à Ruien. La bénédiction de la commune - accordée par le Collège réuni en urgence, le lendemain de la demande écrite de Larebel - ne suffisait légalement pas. Pourtant, les fines de Ruien y sont acheminées par voie d'eau depuis la fin 2002, et le permis d'environnement n'a été délivré qu'en tout début 2004...

Autant d'éléments qui incitent les membres de « Pro 4 Pecq » à prendre des responsabilités qu'ils estiment insuffisamment assumées par leurs représentants politiques locaux. De là à former une liste en vue du prochain scrutin communal...·

Foret reconnaît l'illégalité de Codeb

Mercredi soir, le député wallon Pierre Wacquier (PS) a fait bon usage de l'épais dossier transmis par les riverains. Ses questions ont permis d'apprendre de la bouche de Michel Foret que la société Larebel vient d'obtenir un permis d'environnement et que le climat relationnel s'est depuis lors rasseréné entre exploitant et population ! Le ministre ignorait sans doute que des représentants de cette dernière s'étaient constitués en ASBL pour mieux défendre leurs intérêts... En ce qui concerne la SA Codeb, dont le permis d'exploiter a été refusé parce qu'elle était installée en zone verte, le ministre ajoute que la procédure de révision du plan de secteur pour faire passer le terrain en zone d'activité économique industrielle devrait aboutir le 1er avril, après quoi l'entreprise demandera un permis d'environnement.

Le ministre concède toutefois que le Parquet de Tournai a été informé de la situation infractionnelle par la division de la police de l'environnement, mais que, compte tenu du fait que l'entreprise devrait recevoir le permis d'environnement lorsque le problème de zonage au plan de secteur aura été réglé, il n'a pas été donné d'ordre d'arrêt d'activité. Cette caution explicite des pouvoirs publics indigne les riverains, qui y voient une incitation claire à ne pas solliciter les autorisations idoines avant d'implanter une activité nuisible. Alors que tout un chacun doit obtenir un permis d'urbanisme pour ériger un abri au fond de son jardin, relève Patrick Wagnon.·

A.V.