Philippe Henry met VentdeRaison hors de ses gonds, qui brandit le déni de démocratie

SCHARES,LUC

Page 18

Mardi 2 août 2011

Le collectif VentdeRaison n’en est pas à son premier coup de gueule. On connaît ses positions. Sur son site internet, la page d’accueil décline « dix bonnes raisons pour refuser les éoliennes chez nous », avant de s’intéresser à des projets au cas par cas. Par « chez nous », il faut entendre la Wallonie en général, et le Condroz en particulier puisque c’est ici que ce mouvement est né.

Rien que pour la province de Namur, par exemple, VentdeRaison suit ou a suivi l’évolution de 16 dossiers. La dernière salve du collectif ? Un boulet rouge contre « les excès du pouvoir du ministre Henry. » En cause, l’allongement de cette liste de projets éoliens qui vont voir le jour grâce à l’octroi de permis signé par Philippe Henry (Écolo) sur recours, et ce contre la décision en première instance de l’administration régionale et contre l’avis d’autres services compétents. C’est le cas, récemment, de Tinlot qui n’est pas loin de Havelange, ou de Fernélmont-Héron qui, on s’en souvient, a failli faire s’étrangler le maïeur andennais Claude Eerdekens (PS). Au passage, tout de même, le collectif oublie de rappeler que, dans le cas de Fernelmont, plusieurs éoliennes prévues initialement ont été supprimées pour éviter toute gêne éventuelle à l’épanouissement du futur zoning sur Fernelmont et Petit-Waret, et que le permis était donc partiel…

En attendant, lorsque la procédure obligatoire donne une majorité d’avis défavorables sur la trentaine recueillie, que l’enquête publique a mis en évidence une opposition importante, et que malgré ça le ministre avalise, VentdeRaison parle d’un déni de démocratie « qui oblige à entreprendre de coûteuses requêtes en annulation au conseil d’État. » Et d’ajouter : « les promoteurs en déduisent que le ministre accordera le permis sur recours envers et contre tous. »