Piscines : une offre de plus en plus diversifiée De nombreux particuliers se dotent d'une piscine, un article considéré comme hors de portée budgétaire du commun des citoyens il y a encore quelques années. admon wajnblum

WAJNBLUM,ADMON

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Jeudi 21 avril 2005

Piscines : une offre de plus en plus diversifiée

De nombreux particuliers se dotent d'une piscine, un article considéré comme hors de portée budgétaire du commun des citoyens il y a encore quelques années. admon wajnblumPourtant, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les gens qui se font construire une piscine, ne sont pas nécessairement des nantis sur qui la crise n'a pas de prise, nuance Yvan Lisochub dont l'entreprise « Le Petit Baigneur » livre entre 60 et 80 piscines par an. L'opinion est corroborée par tous les professionnels du secteur : le prix moyen d'une piscine enterrée s'est fortement démocratisé pour atteindre aujourd'hui le prix d'une grosse voiture, soit entre 100.000 et 250.000 euros voire plus si affinités. De nombreux clients préfèrent renoncer à des vacances à l'étranger pour investir dans leur habitation, résume Yvan Lisochub. Tout profit pour les pisciniers qui, depuis le début du nouveau millénaire, ont vu leur volume de vente atteindre des hauteurs insoupçonnées.

Quand le rêve devient accessible

Toutefois, il y a piscine et piscine. Les piscines hors sol sont évidemment plus accessibles financièrement dans la mesure où elles peuvent être installées par un bon bricoleur, mais il s'agit en somme d'un gros jouet et non d'une construction durable. Il en va tout autrement des piscines enterrées qui requièrent l'intervention d'un installateur professionnel.

Si l'on en juge par les tendances observées lors du 12e Salon international de la piscine qui s'est tenu en novembre 2004 au Palais des Expositions de Lyon, on constate que les utilisateurs s'orientent de plus en plus vers les piscines enterrées. Il n'existe malheureusement pas de chiffres fiables pour le marché belge, mais en France, les piscines enterrées représentent 74 % du volume de vente. Il s'agit toutefois de piscines plus petites qu'auparavant mais beaucoup mieux dotées en équipements divers.

Ainsi, d'une piscine à vocation sportive, on est passé à la piscine conviviale, synonyme de bien-être et de détente. Plutôt que d'aligner les longueurs, les utilisateurs préfèrent opter pour des bassins de formes originales autour desquels ils installent de nombreux accessoires (escaliers, parasols, douches, vestiaires, espaces de jeux, éclairage sophistiqué...) qui font des abords de la piscine un véritable lieu de villégiature. Une nouvelle tendance qui s'inscrit dans le développement des loisirs à domicile.

Quant aux piscines hors sol, autrefois produit phare du marché, elles sont désormais à classer au rayon des « achats d'impulsion » comme disent les spécialistes du marketing. La preuve par la canicule de l'été 2003 qui a vu les ventes de piscines hors sol s'envoler subitement. Normal dans la mesure où leur disponibilité immédiate et leur faible coût les rendent facilement accessibles aux consommateurs qui peuvent ainsi goûter aux plaisirs de la baignade sans mettre à mal un budget trop juste pour une piscine enterrée. Ceci étant, si l'on en croit les professionnels, il semble que l'acquisition de ce type d'installation aboutit souvent à la construction d'une piscine dite classique.

Sous le signe du farniente

A côté de ces produits classiques, d'autres concepts n'ont pas tardé à fleurir portés par la vague du « retour au naturel ». Il en est ainsi des piscines naturelles (ou étangs de baignade).

Grand avantage : on peut faire l'impasse sur le chlore et autres produits chimiques de désinfection. Un bassin naturel se divise généralement en trois zones : une zone de baignade, une zone de régénération et une autre dévolue à la filtration. L'épuration de l'eau est obtenue par oxygénation grâce à une petite chute d'eau et le traitement des polluants se fait par filtration via des plantes aquatiques situées dans un autre bassin de filtration. La piscine naturelle peut incorporer d'autres plantes et des poissons dans le bassin des baigneurs intégrant parfaitement la piscine à son environnement. La zone de baignade peut avoir l'aspect d'une mare naturelle ou d'un jardin aquatique moderne. Tous les styles sont possibles.

En règle générale, pour pouvoir jouir de ce type de bassin comme d'une véritable piscine, la surface totale doit être au minimum de 60 m² (dont 20 à 25 m² de baignade).

Quant au coût, il varie, bien entendu d'un modèle à l'autre et de la nature de l'environnement. Chez Bioteich, une firme française dont les produits sont distribués en Belgique, on avance le chiffre de 600 euros TVAC par m² d'eau.

La société belge Aca, implantée à Jamioulx près de Charleroi, ne cite pas de chiffres mais parle d'un surcoût de l'ordre de 20 % par rapport à une piscine traditionnelle en béton pour une superficie minimum de huit mètres sur quatre. En revanche, les coûts de fonctionnement sont relativement peu élevés : pour un bassin d'environ 100 m² (soit 30 m² de baignade), la consommation d'électricité (0.50 kW/H pour le fonctionnement de la pompe) et d'eau (1 à 2 cm par jour en été) représente un investissement annuel de 500 euros.

Ce concept existe depuis plus de 25 ans en Australie. Plus près de nous, c'est essentiellement dans les pays germaniques (Allemagne, Autriche, Suisse) que ces bassins ont trouvé leur plus important débouché. Si la France s'y est mise depuis quelques années (on y trouve même des piscines publiques équipées de filtration par lagunage), la Belgique reste encore à la traîne.