PLANCTON RADIOCATIF A MURUROA:GREENPEACE DEMANDE L'ARRET DES ESSAIS NUCLEAIRES

DUPREZ,MARTINE

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Lundi 1er juillet 1991

Greenpeace demande l'arrêt des essais nucléaires en Polynésie française

Plancton radioactif à Mururoa

A quelques jours du 25e anniversaire du premier essai nucléaire en Polynésie française, qui eut lieu le 2 juillet 1966, Greenpeace a rendu public un rapport qui confirme, à la suite d'analyses en laboratoire, la présence de radioactivité dans les échantillons de plancton prélevés en eaux internationales, à environ 12 milles (20 km) de l'atoll de Mururoa, où la France continue à effectuer des essais nucléaires.

C'est en décembre 1990 que le «Rainbow Warrior» - l'un des bateaux de Greenpeace - appareillait pour Mururoa équipé d'un laboratoire et avec à son bord une équipe de scientifiques. Les résultats des analyses des échantillons prélevés dans les eaux internationales montrèrent la présence de césium-134 et des traces d'antimoine-125.

Le césium-134 est un radionucléide artificiel d'une demi-vie de 2 ans et demi, qui est un produit d'activation résultant de la fission nucléaire. Pour Greenpeace, il est donc clair que la présence de césium-134 ne saurait être expliquée par d'anciens tests atmosphériques, arrêtés depuis 1974. En revanche, ce pourrait être une indication que des fuites radioactives existent déjà du fait des essais nucléaires souterrains.

Greenpeace affirme que ces constatations soulève de sérieuses inquiétudes pour l'environnement et réclame la mise en place d'un programme scientifique critique qui permettrait d'évaluer les conséquences des programmes d'essais nucléaires, estimant que les dommages causés aux atolls coralliens et au milieu marin sont bien trop graves pour être cachés derrière le secret de la défense.

Greenpeace qui veut l'arrêt des essais nucléaires, partout dans le monde, exige plus particulièrement que le Centre d'expérimentations du Pacifique soit fermé et que les essais nucléaires y soient définitivement arrêtés.

Par ailleurs, des membres de Greenpeace ont été arrêtés, vendredi, par des gardes civiles espagnols, alors qu'ils s'opposaient à l'entrée d'un bateau dans le port de Bilbao. Selon Greenpeace, le navire transportait 1.500 tonnes de déchets de dioxine destinés à une usine de traitement basque.

M.Dz