PLUSIEURS REACTIONS ONT ETE ENREGISTREES HIER SUR LES PROPOS TENUS PAR LE MINISTRE ALLEMAND THEO WAIGEL EFFECTUE UNE COURBE...

LUKSIC,VANJA

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Vendredi 22 septembre 1995

Plusieurs réactions ont été enregistrées hier sur les propos tenus par le ministre allemand

Theo Waigel effectue une courbe rentrante

Hier, nous relations les propos émis mercredi par Theo Waigel, le ministre allemand des finances, qui se montrait intarissable sur le futur immédiat de l'Union monétaire européenne (UEM). Distribuant les bonnes et les mauvaises notes sur le bulletin de santé des Etats-membres, le « professeur» Waigel annonçait tout à trac que l'Italie ne pourrait pas faire partie de l'UEM et que la Belgique aurait aussi beaucoup de difficultés à respecter les critères de convergence. Du coup, la lire avait effectué le plongeon face au mark, contraignant une intervention musclée de la Banque d'Italie.

C'EST PAS MOI, C'EST L'AUTRE

Hier jeudi, c'est un Theo Waigel, plus... diplomate, qui effectuait une courbe rentrante dissimulant mal son embarras. Sur le ton, «c'est pas moi, c'est l'autre», le ministre allemand expliquait que ses propos avaient été tenus lors d'une réunion parlementaire à huis clos et avaient été restitués de façon partielle et sans aucune autorisation. Outre le fait que l'on admirera le courage de l'intéressé, on sera aussi attentif au fait que M. Waigel ne dément en tout cas pas la substantifique moelle de ses propos.

Dans la foulée de cet épisode germano-européen, Jean-Claude Paye, le secrétaire général de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) n'a pas manqué de réagir à son tour. Il est trop tôt pour dire à quel point l'économie italienne sera arrivée, lors de la troisième phase de l'UEM, qui doit commencer au plus tôt en 1997, annonçait-il hier à l'issue d'une rencontre avec le ministre italien des Affaires étrangères. Ce qui compte, ce n'est pas seulement d'observer les niveaux de convergence atteints, mais aussi de regarder leur évolution. Et de prolonger son intervention par une image accessible aux communs des mortels: Je préfère voir un pays qui a 70 % d'endettement total par rapport à son produit intérieur brut et une tendance à la réduction, plutôt qu'un pays qui est actuellement à 50 % d'endettement contre 10 % l'année dernière.

Enfin, le président de le Commission européenne, Jacques Santer, a exclu hier la réouverture du débat sur le passage à la monnaie unique. Rouvrir ce débat serait incohérent avec les perspectives de mise en oeuvre de l'UEM qui sont satisfaisantes, a-t-il précisé.

Le dollar s'est effondré jeudi sur le marché des changes européen, tandis que la lire a poursuivi sa chute. La grande surprise vient de la solidité relative du franc belge qui, à 20,60 FB pour 1 mark, supporte bien les critiques de Waigel sur l'endettement important du pays. C'est la grosse surprise, mais le franc belge devrait être sous pression dans les semaines à venir, selon Nick Parsons, analyste pour Standard Chartered.

M. V. (avec AFP)