Politique - Le Contrat d'avenir pour les Wallons est sur les rails « Van Cau II » rêve son futur EN CHIFFRES

DANZE,HUGUES

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Vendredi 8 octobre 2004

Politique - Le Contrat d'avenir pour les Wallons est sur les rails

« Van Cau II » rêve son futur

HUGUES DANZE

Est-ce l'empressement avec lequel le gouvernement « Van Cau II » a rédigé la troisième version du Contrat d'avenir pour les « Wallons » (on notera le changement d'appellation puisqu'il était question, dans les premières versions, de « Wallonie ») qui justifie sa sérieuse cure d'amaigrissement (60 pages au lieu de 250) ?

A priori, non. L'objectif poursuivi, cette fois, est de faire en sorte qu'un maximum de citoyens « ordinaires » lisent et s'imprègnent de ce projet (1). Pour ensuite l'amender. Ceux qui le souhaitent ont jusqu'à la fin décembre pour faire connaître leur point de vue. Ce texte doit être cassé, confirme Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), ministre-président. Il sera ensuite déposé (en janvier 2005) sur la table du parlement

A l'évidence, le gouvernement veut susciter l'adhésion autour d'un outil qui fixe les objectifs à atteindre à l'horizon 2010. En forçant un peu le trait, on constatera qu'on n'est pas loin d'un appel à la construction d'une identité wallonne. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les quelques pages intitulées « Osons rêver », une sorte d'utopie de la société idéale. Etonnant !

Sur le fond, cette volonté de participation citoyenne est difficilement critiquable. On notera toutefois que ce sera plus difficile à réaliser car le texte, malgré une volonté de vulgarisation évidente, reste ardu. Et ce n'est pas l'image du petit « poussin » - parce que l'heure n'est pas encore aux cocoricos, justifie Van Cau -, nouvelle icône graphique wallonne, qui y changera quelque chose. Soit.

Que nous révèle ce texte ?

Une évidence. Le gouvernement, fraîchement installé, a travaillé vite. L'attelage rouge-romain veut montrer sa détermination. Un bon point donc en terme d'efficacité ou, à tout le moins, en matière de communication politique, un des grandes vertus (cachée) de ce Contrat d'avenir.

Revers de la médaille, une lecture rapide mais attentive ne révèle rien de fondamentalement neuf. Le gouvernement donne plutôt l'impression d'avoir fait une synthèse des idées défendues depuis sa prise de fonction.

Les grands axes stratégiques sont archiconnus : création d'activités, développement économique, lutte contre l'exclusion, développement territorial équilibré ou l'amplification de la politique de la ruralité. La gestion transversale des dossiers (formation, enseignement, recherche) entre la Région et la Communauté française est elle aussi connue depuis longtemps. Sans parler de la simplification administrative, de la rationalisation des structures publiques ou de la conclusion de partenariats (avec l'Union wallonne des entreprises, les syndicats, l'Union des villes et communes, la fédération des CPAS...)

Bref, il y a là comme un petit goût de déjà vu et entendu. Il reste néanmoins que la démarche du gouvernement présente pas mal d'originalités. Comme cette série d'objectifs chiffrés (une première évaluation aura lieu dans deux ans) sur le plan macroéconomique (lire par ailleurs). Nous savons que nous n'atteindrons pas tous ces objectifs, explique Van Cau. Mais le principal est de tendre vers ces chiffres. Nous devons faire preuve de volontarisme pour créer un mouvement de fond.

Le gouvernement PS-CDH a cinq ans pour convaincre que son engagement ne se résume pas à une simple signature au bas d'un contrat.·

(1) Le texte est consultable dès ce 8 octobre à l'adresse www.contratdavenir.wallonie.be ; sur papier dans tous les Centre d'information de la Région ou encore sur simple demande en appelant le numéro vert 0800-11.901.

EN CHIFFRES

Dette publique. Elle devra tendre vers 72 % (83 % aujourd'hui).

Taux d'emploi. Il faudra se rapprocher de la moyenne européenne, soit un taux d'emploi wallon de 70 %, ce qui représente un effort de + 1,5 % par an.

Enseignement. Le pourcentage de jeunes de 20 à 24 ans, détenteurs d'un diplôme de l'enseignement secondaire supérieur, devra tendre vers 85 %.

Formation. Il faudra faire converger la formation continue offerte annuellement vers les 12,5 % (7 % aujourd'hui).

Pauvreté. Le gouvernement dit vouloir poursuivre les efforts d'intégration en ramenant à 1 % (1,6 % aujourd'hui) de la population âgée de 15 à 64 ans le nombre de bénéficiaires du revenu minimum d'insertion (RMI).

Kyoto. Là aussi, un effort complémentaire devra être fait pour réduire les gaz à effet de serre de 4,7 % par rapport aux émissions de 2001.