Flahaux étripe De Waele

LAMENSCH,MICHELLE

Page 6

Mercredi 3 septembre 2008

Politique Le maïeur brainois traite son homologue de Lennik de « fasciste »

Vous donnez une image épouvantable et fasciste de votre commune. Je viens de recevoir des habitants flamands qui veulent fuir cette commune raciste et antibelge (après la guerre, c’était, pour un tel comportement, une balle entre les deux yeux… bien méritée). »

Telle est la substance du courriel que le député bourgmestre MR de Braine-le-Comte, Jean-Jacques Flahaux, a adressé, le 28 août, à son homologue Open VLD de Lennik, Willy De Waele. Après avoir retiré tous les drapeaux belges des édifices publics de sa commune, celui-ci avait déclaré au Soir (éditions du 22 août) qu’il ne s’était jamais senti belge, étant donné que « la francophonie ne veut pas respecter le territoire flamand ».

Willy De Waele dit avoir ressenti le courriel de M. Flahaux comme une menace de mort. Dans sa réponse, rédigée en français, on lit, entre autres. « Votre missive ne m’apporte aucun argument, simplement des injures, l’arme des faibles. (…) Le peuple flamand est probablement le seul peuple au monde qui, au sein d’un pays, a volontairement renoncé à sa majorité pour que l’Etat belge puisse survivre. (…) Les assemblées francophones ont bloqué la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde pourtant votée par une majorité au Parlement. Une minorité qui bloque une majorité, ça s’appelle une dictature. »

Le drapeau belge à Lennik,

en hommage aux pompiers

Les mots utilisés par Flahaux sont extrêmes. Le rapprochement avec la Seconde Guerre mondiale était-il opportun ?

« Les termes sont forts, admet M. Flahaux, mais je suis complètement écœuré de l’évolution dans la partie néerlandophone du pays, d’autant qu’il s’agit d’un bourgmestre Open VLD. En 1998, rappelle-t-il, à l’initiative de Raymond Langendries (bourgmestre CDH de Tubize et médiateur royal, NDLR), quatorze communes, sept flamandes, dont Lennik, et sept wallonnes, avaient créé “Vivre ensemble-Samen leven”, en se promettant des échanges sportifs, culturels et scolaires, fiers que nous sommes d’être wallons, flamands et belges. Or, aujourd’hui, M. De Waele nie l’existence de la Belgique. En tant qu’historien, je suis particulièrement choqué. »

Lundi, le conseil communal de Braine-le-Comte a décidé, à l’unanimité, de se prononcer « commune ouverte aux langues ». « Nous demanderons au ministre de l’Intérieur de pouvoir publier nos documents d’“état civil” et de “population” dans les trois langues nationales. C’est possible mais interdit par la loi. »

« Notre objectif, écrit encore M. Flahaux au maïeur de Lennik, est que les démocrates flamands viennent habiter chez nous, fuyant l’odeur fétide du racisme de votre commune. »

De son côté, Willy De Waele a hissé le drapeau… belge, en berne, sur la caserne des pompiers qui jouxte la maison communale. Il devrait y rester jusqu’aux funérailles des deux hommes du feu décédés, le week-end dernier, dans un incendie, à Uccle.