Communauté urbaine : André Gilles en leader

WAUTERS,LAURENCE

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Vendredi 26 mars 2010

Politique Un rôle d’ensemblier pour la Province ?

entretien

A mi-législature, André Gilles, le président de la Députation provinciale fait le point sur le rôle de l’institution. Et se pose en leader d’une nouvelle approche supracommunale.

La Province a-t-elle réfléchi à ses missions, qui selon la déclaration de politique régionale doivent être déterminées pour la fin de cette année ?

Nous avions déjà, sous la précédente législature régionale, remis un mémorandum sur le sujet à l’APW (association des provinces wallonnes). La DPR reconnaît nos spécificités et à Liège, c’est notamment l’enseignement qui en a bien besoin et dans lequel nous injectons 50 millions d’euros. Une autre de nos missions clés est la supra-communalité.

N’est-ce pas plutôt le rôle de Willy Demeyer, président de la conférence des bourgmestres ?

La province de Liège, c’est 1.070.000 habitants, soit un tiers de la Wallonie. Vu son poids qui mieux que la Province peut défendre les intérêts liégeois devant le reste des Wallons ? Ca fait des années qu’on réclame la communauté urbaine, et ça n’a pas marché parce que certains craignent d’être dépossédés de leur pouvoir au profit d’un autre. Si le pouvoir est mis en commun pour quelque chose de collégial, ça fonctionne ! C’est plus réaliste et c’est ce qui est en train d’être fait. Peu avant les élections régionales, j’ai invité les « forces vives politiques » de tous partis à débattre du sujet, pour préparer une communauté urbaine dépassant le million d’habitants sous une « coordination provinciale ». Tout le monde était là : Javaux, Coeme, Desama, Jeholet…

Et la conférence des bourgmestres de Liège ?

Elle est devenue l’ASBL « Métropole liégeoise » et s’est ouverte à deux députés provinciaux. Les 400.000 habitants « en reste », à Huy-Waremme, Eupen et Verviers, devraient être représentés via des structures plus ou moins semblables à celle de Liège, avec des députés provinciaux pour faire le lien. Les présidents de ces structures deviendront les vice-présidents de la coordination provinciale que je préside. Attention, ces présidence et vice-présidences ne sont pas rémunérées… La Province est ainsi un ensemblier. Vous savez, certains mayeurs se sont dit que si la Province disparaissait, ils récupéreraient des sous. C’est oublier l’effet de taille indéniable, il faut rester groupés ! On critique la Province, mais tous les soirs on vient taper à sa porte pour lui demander cent balles. « Province, tu veux bien être caution sur 100 millions d’euros pour remplacer les canalisations d’eaux ? », « Province, tu veux bien nous aider à fédérer les communes pour le nouveau crématorium de Welkenraedt ? » Qu’on ne vienne pas nous demander après à quoi sert la Province !

La Province deviendrait donc la « communauté territoriale » voulue par le nouveau gouvernement wallon ?

Oui, avec ces quatre « conférences de bourgmestres » comme pôles de débats et la SPI+ comme grand opérateur, parce qu’elle est déjà sur le terrain et compte les 84 provinces. La Sorasi doit en être aussi, elle peut peut-être pour ce faire être incorporée à la SPI + ? Le GRE est quant à lui parti d’une réflexion de bassin et s’est étendu à la province. Il est composé de politiques, du patronat, des syndicats, et doit rester un lieu de réflexion. Il peut ainsi devenir le « comité stratégique » de la SPI+, mais la décision finale doit revenir au politique. Je suis de ceux qui n’aiment pas que les décisions se prennent dans une cabine téléphonique, mais il faut aussi voir qui prend ses responsabilités, qui paye ! Ceux qui me disent ce que je dois faire mais restent au balcon m’effrayent.