Politique - Véronique Ghenne, d'Orp-Jauche, prête serment de députée fédérale ce jeudi « Donner du bonheur aux gens »

CHALKLIN,MICHAEL

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Jeudi 1er juillet 2004

Politique - Véronique Ghenne, d'Orp-Jauche, prête serment de députée fédérale ce jeudi

« Donner du bonheur aux gens »

* Véronique Ghenne remplace Maurice Dehu à la Chambre. * Elle est recordwoman des voix de préférence en Brabant wallon. * Priorité ? La sécurité sociale.

PORTRAIT

MICHAËL CHALKLIN

Elle vivait encore avec ses copépodes, à l'Institut des sciences naturelles à Bruxelles, mais son esprit hantait déjà la rue de la Loi. Véronique Ghenne, deuxième suppléante socialiste au terme des élections législatives du 18 mai, prêtera serment ce jeudi après-midi comme députée à la Chambre des représentants. Elle y remplacera Maurice Dehu, parlementaire wallon depuis mardi après son élection le 13 juin. Ghenne, c'est une dynastie à Orp-Jauche. L'arrière-grand-père en était originaire. mais contrairement à ce que l'on croit parfois, Véronique n'est pas la fille de l'ancien bourgmestre Willy. Son père, Jean, employé à la SNCB et cousin germain de Willy, décéda à 48 ans. Sa mère Odette, sans travail, se retrouva seule avec cinq enfants dont Hughes, aujourd'hui échevin (PS, bien sûr), Véronique, la cadette, Anne, institutrice à Folx-les-Caves, Olivier et Eric. Véronique trouva là sa vocation. J'avais 16 ans, ma mère n'avait pas d'emploi et je me suis rendu compte de l'importance de la sécurité sociale. Elle fut tentée par le stylisme mais elle devint biochimiste, à la recherche de copépodes, des crustacés avec une grosse tête et plein de pattes.

J'ai l'impression que j'en ai fait le tour. Quand je vois ce qui se passe autour de nous, je me dis qu'il y a des choses plus importantes. La politique a été un déclic. Beaucoup de personnes souffrent. À Orp-Jauche, déjà, Véronique Ghenne a créé le conseil consultatif de la personne handicapée et l'ASBL Atout Age qui offre différentes activités aux personnes retraitées. On donne du bonheur aux gens. Mon combat à la Chambre, ce sera de défendre la sécurité sociale.

Ses premiers pas en politique remontent aux élections d'octobre 2000. Avec 1.494 voix, elle devint conseillère provinciale. Aux législatives de 2003, elle recueillit 4.712 suffrages et fit un tabac aux dernières régionales, le 13 juin, avec 6.542 voix de préférence. La plus populaire des femmes, toutes listes confondues. Jeune (elle aura 34 ans le 18 juillet) et femme (charmante), elle a rencontré des gens gentils mais aussi des ogres. La politique, c'est la joie mais aussi le stress et le découragement. Volontaire, elle fait sien l'adage selon lequel on n'est jamais aussi fort que lorsqu'on vous met des bâtons dans les roues. Ultra perfectionniste, quand elle s'engage, c'est à fond. Pour sa campagne électorale, elle a pris un mois de congé sans solde et son frère Hughes dix jours de « vacances ». Sa mère Odette et son compagnon, un enseignant, ont aussi mis la main à la pâte.

Je n'aurai aucun autre mandat. Je ne siège dans aucune intercommunale, je ne suis pas administratrice de mutuelle. L'argent, le pouvoir la laissent froide. Je suis nommée et je peux prendre un congé exceptionnel pour mandat politique. Dès la fin de celui-ci, je peux retrouver ma place. Je me battrai pour les gens, pour leur bien-être. C'est vrai qu'un parlementaire est bien payé. Il faut d'autant plus travailler un maximum.

Elle ne sera pas une presse-bouton. La politique, c'est un idéal, des convictions, une passion. Aux gens qui doutent, il faut parler de ce que l'on fait, et positiver. C'est vrai qu'il y a des hommes politiques par ambition. Cela me rend malade. Et comme la bêtise humaine, l'hypocrisie m'horripile. Entière et très sensible, elle se dit socialiste, oui, mais aussi électron libre. Je ne travaille pas dans un cabinet. Simplement, je veux que tous bénéficient de ce dont j'ai bénéficié, la sécurité sociale.·