PORTRAITS DES NOUVEAUX MAYEURS DE LA PROVINCE (VII) MAURICE,FILS DE GILBERT

RENETTE,ERIC

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Lundi 26 décembre 1994

Portraits des nouveaux mayeurs de la province (VII)

Maurice, fils de Gilbert

Bourgmestre enfin, pourrait dire Maurice Mottard, futur maïeur de Grâce-Hollogne, en copiant l'intitulé du livre que son père, Gilbert, ancien gouverneur de la province de Liège, a écrit après son premier (et seul) mandat ministériel («Ministre en fin»). Chez les Mottard, en effet, on s'active à inscrire une dynastie politique dans les annales locales, voire nationales: Mon père (bourgmestre d'Hollogne-aux-Pierres de 1952 à 1971) est né le 10 octobre 1926, explique Maurice, le jour même des élections où mon grand-père maternel était candidat... sans être élu.

À 43 ans, Maurice, gérant de banque, va abandonner définitivement l'agence du Crédit communal qu'il dirigeait pour se consacrer essentiellement à une commune. Il poursuit de la sorte un chassé-croisé avec la trajectoire de son père qui, lui, a quitté la politique «active» et vient d'entrer au Crédit communal... comme président du conseil d'administration.

Maurice Motard est devenu conseiller communal en 1982 sans être élu: la situation monopolistique du PS était telle que majorité et opposition avaient décidé communément de... ne pas organiser d'élections. Entré comme échevin de «l'aménagement et de l'entretien du territoire», il sera confirmé par les élections de 1988 après lesquelles il deviendra échevin des finances.

L'ancien maïeur Alain Van der Biest jettant l'écharpe maïorale, Maurice Mottard va donc présider une assemblée communale marquée par un vent de fraîcheur: on y comptera, en effet, 16 nouveaux élus sur 27 (tous partis politiques confondus). Une situation d'«ancien» qui peut aider à asseoir un pouvoir mais qui comporte également des risques...

Élu de la section d'Hollogne mais ayant toujours travaillé à Grâce, Maurice Mottard espère que la nouvelle majorité incarnera une commune plus facilement unie. En effet, même si Grâce-Hollogne a été partiellement formé sur base d'une fusion volontaire dès 1971, les anciens fiefs étaient encore bien marqués. La fusion complète est consommée depuis dix-huit ans, plaide-t-il, c'est l'âge de maturité d'un électeur...

Concevant la mission d'un bourgmestre comme celle d'un chef d'orchestre qui donne le tempo, il veut redorer le blason de la commune, en profitant pleinement de ses potentialités (aéroport de Bierset, zoning industriel...). Deux dossiers lui tiennent plus particulièrement à coeur: l'assainissement de l'ancien site de la Vieille-Montagne et du terril du Corbeau (près de 40 hectares au total).

Abandonnant la banque pour la commune (et quelques intercommunales...), qui sait comment se poursuivra l'ascension de Maurice Mottard? En 1991, Grâce-Hollogne avait deux ministres (Van der Biest et Gilbert Mottard), laissera-t-il sa commune sans parlementaire en 1995?

É. R.