Pourquoi ? Liège a droit à une réponse

DEFFET,ERIC

Mercredi 14 décembre 2011

L’actualité est assassine et cruelle. Avouons que tous, mandataires politiques, responsables d’entreprises, simples citoyens et même… journalistes, nous aspirions à une fin d’année dans la sérénité au terme d’une interminable crise institutionnelle et d’une année sociale et économique calamiteuse.

Nous n’aurons pas droit à ce moment de répit. Nordine Amrani est passé par là.

Le geste criminel du Liégeois ponctue dans le sang une année 2011 qui n’aura été que douleur et qui s’achève dans le questionnement : pourquoi ?

Les yeux humides de larmes de Danièle Reynders, procureure du Roi de Liège, et de Joëlle Milquet, ministre de l’Intérieur, étaient la plus honnête des réponses, mardi : on ne sait pas ce qui a poussé le tireur à réaliser un carnage sur la place Saint-Lambert.

On ne sait pas… encore.

Mais les victimes et leurs familles, Liège et le pays tout entier veulent connaître les raisons qui ont poussé Nordine Amrani à commettre l’irréparable sur des citoyens sans histoires, à la veille de Noël.

L’enquête a déjà écarté plusieurs scénarios : l’acte terroriste, le complot meurtrier qui aurait impliqué plusieurs auteurs et le crime inspiré par des théories nauséabondes comme celles qui ont armé le bras du Norvégien Breivik.

« Un acte isolé et personnel », a confirmé Joëlle Milquet.

Cette explication était nécessaire. Elle ne sera pas longtemps suffisante.

Les réseaux sociaux regorgent déjà d’allusions haineuses à propos des origines du tueur, de son long parcours criminel ou de la « légèreté » dont aurait fait preuve la justice à l’égard d’un homme au lourd passé judiciaire, notamment réputé pour sa connaissance des armes à feu.

Il faut pouvoir répondre à ces accusations. Il faut les écarter sans sourciller si elles reposent sur du sable. Mais il est aussi indispensable de jeter toute la lumière nécessaire sur l’histoire d’un homme poussé au bout d’une logique, ou devenu fou.

Ce mardi à Liège, les autorités ont montré leur efficacité et leur sagesse, depuis les policiers de terrain jusqu’aux plus hautes autorités de l’Etat. Les jours qui viennent seront déterminants. L’année ne peut s’achever sans une réponse à cette question lancinante : pourquoi ?