Proche-Orient - Tournée américaine à Damas et Beyrouth avant d'en venir au conflit israélo-palestinien Fin des violences : Powell appuie Israël

LOOS,BAUDOUIN

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Lundi 5 mai 2003

Proche-Orient - Tournée américaine à Damas et Beyrouth avant d'en venir au conflit israélo-palestinien

Fin des violences : Powell appuie Israël

* Le secrétaire d'Etat américain devrait retourner au Proche-Orient en fin de semaine. En Syrie et au Liban, il a fait comprendre que la donne avait changé.

BAUDOUIN LOOS

Colin Powell, le secrétaire d'Etat américain, a achevé samedi une mini-tournée diplomatique au Proche-Orient, où il a rendu visite à Damas et à Beyrouth. Mais le voyage le plus attendu, celui qui doit lancer la « feuille de route » (plan en phases successives menant à un Etat palestinien en 2005 concocté par le « quartette », Etats-Unis, Europe, Russie et ONU), ne commencera sans doute pas avant la fin de cette semaine (il sera samedi soir en Israël, selon un officiel des Affaires étrangères à Jérusalem).

L'Américain a pourtant choisi de déjà mettre la pression sur les Palestiniens, déclarant sur la chaîne NBC que ceux-ci devaient mettre fin à la violence et au terrorisme s'ils voulaient voir avancer la mise en oeuvre de la feuille de route.

Le gouvernement israélien ne dit pas autre chose. Ainsi, Silvan Shalom, ministre des Affaires étrangères, a indiqué dimanche qu'Israël n'accepterait pas un cessez-le-feu superficiel qu'obtiendrait le nouveau Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas (Abou Mazen) des organisations radicales comme le Hamas ou le Djihad islamique : Nous disons clairement que nous attendons des Palestiniens qu'ils combattent le terrorisme, détruisent les infrastructures terroristes, il n'y a pas d'autre voie acceptable par nous pour faire avancer le processus de paix. En attendant, le ministre israélien de la Défense Chaoul Mohfaz a annoncé dimanche qu'Israël suspendait le démantèlement d'une dizaine de points de colonisation sauvage en Cisjordanie occupée (l'obligation initiale d'Israël selon la feuille de route), en attendant que leur statut juridique soit clarifié.

Abou Mazen, de son côté, a fait savoir qu'il était désireux de rencontrer le Premier ministre israélien Ariel Sharon pour discuter de la mise en oeuvre de la feuille de route, un texte, a-t-il relevé dont il serait temps d'entendre de la part des Israéliens qu'ils l'acceptent et non qu'ils veulent le renégocier. On sait en effet par exemple que le gouvernement israélien souhaite que les Palestiniens renoncent d'ores et déjà au droit au retour des réfugiés en Israël.

En tout cas, Ariel Sharon a annoncé dimanche qu'il entendait diriger personnellement les négociations avec les Palestiniens. On ignore encore s'il compte rencontrer Abou Mazen avant la venue en Terre sainte de Colin Powell.

Ce dernier n'a sans doute pas encore eu l'occasion d'évaluer l'impact de son déplacement à Damas et à Beyrouth vendredi et samedi derniers. Le secrétaire d'Etat a rencontré Bachar el-Assad, le président syrien, pendant deux heures, pour faire part des attentes régionales américaines après la guerre en Irak.

Malgré la hauteur de ces exigences (frontière close avec l'Irak, fin du soutien syrien aux groupes considérés comme terroristes par les Etats-Unis, comme le Hamas et le Djihad islamique, retrait du Hezbollah libanais pro-iranien de la frontière libano-israélienne), le dialogue aurait été plutôt fructueux, selon des sources proches du dossier.

Washington, qui a réussi à neutraliser la Syrie sur le dossier irakien, veut maintenant que Damas n'use pas de sa capacité de nuisance pour affecter la relance du processus de paix israélo-palestinien, a affirmé à l'AFP un diplomate arabe accrédité à Beyrouth. M. Powell semble avoir fait admettre à la Syrie qu'une nouvelle donne est de mise au Proche-Orient après la victoire américaine en Irak et qu'elle avait tout intérêt à coopérer.

En tout cas, Powell a déclaré à Beyrouth que la Syrie avait accepté de fermer des bureaux d'information d'organisations terroristes, mais il n'a pas précisé lesquels. Mais le Liban - et donc la Syrie - aurait refusé tout net de mettre le Hezbollah au pas.·