Le Hezbollah convié au Parlement belge

LOOS,BAUDOUIN

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Mardi 16 décembre 2008

Proche-Orient Une conférence sur les prisonniers palestiniens s’est tenue dans l’enceinte bruxelloise

Inviter des représentants du Hezbollah libanais à s’exprimer dans l’enceinte du Parlement belge ? Cette gageure, un député Ecolo, Fouad Lahssaini, l’a réussie ce lundi, au grand dam de certains partis et de plusieurs organisations.

Le décor ? La salle de conférence de la « Maison des parlementaires » à Bruxelles. L’occasion ? Une conférence sur le thème des prisonniers palestiniens détenus par Israël (dont 41 députés). La participation, donc ? Outre Gretta Berlin, une Américaine cheville ouvrière des opérations « Un bateau pour Gaza », et le vice-président du Conseil législatif palestinien, Hassan Khraishe, deux authentiques membres du Hezbollah, Hussein al-Hadj Hassan, député libanais, et Abdullah Kassir, ex-député et directeur de la télévision du mouvement chiite, Al-Manar.

Les propos tenus par ces derniers ne surprendront pas ceux qui connaissent, apprécient ou dénigrent le militantisme très radical du Hezbollah. Déjà, l’introduction de Luk Vervaet, président de la branche belge de l’Union internationale des parlementaires pour la Palestine qui organisait l’événement, évoquait « l’Etat sioniste, le dernier Etat pratiquant l’apartheid ». Hussein al-Hadj Hassan et Abdullah Kassir n’allaient pas être en reste devant un parterre fourni, surtout composé de sympathisants parmi lesquels les députés belges brillaient par leur absence à de très rares exceptions près.

« Génocide », « racisme », etc. Condamnant les « crimes d’Israël » (on notera l’usage du nom Israël, qui ne semble plus tabou), Hussein al-Hadj Hassan ira moins loin que son confrère Abdullah Kassir, carrément auteur du mot « génocide » pour qualifier le sort des Palestiniens.

Il ne fallait d’ailleurs pas cet excès de langage pour susciter de la part de Joël Rubinfeld, président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique, des questions sur la nature « antisémite » qu’il décèle chez le Hezbollah. Insistant sur le caractère selon lui « raciste » du sionisme, le député libanais répondit que son mouvement ne confondait pas judaïsme, « religion qui procède de Dieu », avec sionisme.

Quant à Abdullah Kassir, il convint que la diffusion par sa chaîne de télévision d’un feuilleton syrien aux relents antisémites il y a quelques années avait constitué « une faute » en raison de certaines scènes qui auraient dû être supprimées.

Cette conférence avait bien failli être annulée en raison des pressions de certains partis et de quelques organisations (comme le Forum juif anversois ou l’Esisc, centre géré par Claude Moniquet). Mais la conférence des présidents de parti, qui avait avalisé la tenue de l’événement sans émettre de commentaires, pouvait difficilement manger sa parole. Rappelons que le Hezbollah, qui fait partie du gouvernement libanais reconnu par la communauté internationale, ne figure pas sur la liste européenne des organisations considérées comme terroristes, au contraire du Hamas.