Projets pour deux milliards

DRUEZ,NICOLAS

Page 11

Vendredi 20 janvier 2006

Soins de santé Les hôpitaux construisent avant de restructurer

Modernisations, extensions... : les cliniques ont des projets. Le plan médical va dans un autre sens...

D'un côté, des investissements à court et moyen terme, pour près de 50 millions d'euros, soit deux milliards de francs belges. De l'autre, le plan médical global dont la principale piste consiste à fusionner Marche, Sainte-Ode, Bastogne et Libramont sur un site unique à construire quelque part dans le Nord Luxembourg.

Des consultants ont déposé ces textes en février 2005. Mais en un an, aucune avancée significative n'a été enregistrée. C'était pourtant le rôle de la coordination hospitalière (CHL), qui regroupe les principaux acteurs.

Le député permanent aux Soins de santé, Jean-Marie Carrier (PS), confirme ce demi-échec. « Nous n'avons pas adopté de décision fondamentale. On a juste entamé des réflexions, sur certains points ». La CHL n'avait, il est vrai, pas beaucoup de pouvoir. La Région lui en donne, en envoyant des experts qui auront les coudées plus franches. Ils sont attendus d'ici peu. « Ils soumettront des propositions concrètes. Je veux qu'on progresse », tonne Jean-Marie Carrier. « Les grands axes seront déterminés avant les grandes vacances ! Élections locales ou pas ».

Raisonnable, dans ces conditions, d'engager des travaux pour deux milliards d'anciens francs ? La question ne se pose pas en ces termes, aux yeux de Jean-Marie Carrier (PS). « D'ici 2015, nos établissements doivent continuer à travailler dans de bonnes conditions ! Des chantiers étaient parfois programmés depuis plusieurs années et ils sont indispensables. Avec ou sans restructuration. Vous avez, par exemple, des travaux de mise en conformité.

D'autres dépenses, elles, n'ont pas été avalisées par la Région. « Il m'a été confirmé que le gouvernement wallon ne bougerait pas tant que le plan médical global n'est pas sur les rails », enchaîne le député.

Les élections

vont polluer le débat

Au gouvernement wallon précisément, Philippe Courard qui suit de près ce dossier luxembourgeois, est très réaliste : « Bien sûr, idéalement, on devrait pouvoir décider très vite mais la prochaine échéance électorale va certainement polluer le débat. Je doute donc qu'il y ait d'ici là une réaction saine et objective des acteurs de terrain. D'un autre côté, entre la construction éventuelle d'un nouveau site et sa concrétisation, il va s'écouler 5 ou 10 ans. Or, en attendant, il est logique que les hôpitaux cherchent à améliorer l'offre ».

Qu'en est-il de ces experts dotés que la Région wallonne doit envoyer au chevet des hôpitaux. « Vous pouvez envoyer tous les experts que vous voulez, si le politique n'a pas la volonté de prendre en main le sort de ses hôpitaux ça ne servira à rien », tonne Courard. La première vraie décision à prendre ? « Une intercommunale unique - ce qui ne veut pas nécessairement dire un site unique - avec un seul conseil d'administration qui décide pour tout le monde ! »

REPères

REPères

Ifac (Marche/Bastogne). L'intercommunale a obtenu le feu vert de la Région, pour une modernisation des services d'urgences, chirurgie et réanimation, sur le site de Marche. Les travaux seront adjugés d'ici quelques mois. Dont coût : 10 millions d'euros. L'Ifac attendra pour reloger les services administratifs, qui sont abrités dans un bâtiment... datant de 1935. « Tout dépendra des orientations de la coordination hospitalière », dit le président Ledoux.

CSL (Arlon/Virton). Quelque 4,2 millions d'euros sont prévus au budget 2006, pour divers travaux. Les CSL ont un plus gros projet : une nouvelle aile de 11 millions d'euros pour abriter gériatrie, chirurgie et neuropsychiatrie.

CHA (Libramont/Ste-Ode). L'hôpital vient d'entamer un vaste chantier de rénovation des unités de soins de Libramont (1,83 million d'euros). Il prépare également, sur le même site, un investissement important : une nouvelle aile (23 millions d'euros) pour y rapatrier les services de Sainte-Ode. « Economiquement et médicalement cette solution a sa pertinence. Elle constitue une rationalisation par rapport à l'offre de soins provinciale », estime le coordinateur général Serge Siraux.