Province Promotion et stratégie touristiques Balade au Pays des vallées

HERMANS,PIERRE

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Mercredi 26 mars 2003

A l'aube de la saison, prise de pouls de la réalité touristique de la province. Le directeur de la Fédération du tourisme commente la santé du secteur.

Province

Promotion et stratégie touristiques

Balade au Pays des valléesENTRETIEN

PIERRE HERMANS

Au zénith d'une série de jours ensoleillés, fleurant déjà bon les évasions et les vacances, entretien avec Philippe Hermal, directeur de la fédération du tourisme de la province de Namur.

Comment se positionnera la province dans le contexte de cette année de l'architecture ?

Elle s'appuiera sur les pôles touristiques articulés sur les six maisons du tourisme opérationnelles. Ces pôles sont associés aux vallées, c'est-à-dire la Meuse et ses affluents. Il y a six ans qu'on travaille cette image de Pays des vallées. On va confier à un consultant en stratégie de communication une étude sur la façon de décliner et de développer cette notion en y associant les maisons de tourisme et en veillant à s'inscrire dans la thématique « Chaleur de vivre », initiée par la Région wallonne.

Y a-t-il une tendance 2003 ?

Il ne faut pas unifier le profil du touriste. Les activités de plein air, les secondes résidences, etc., ont leur type propre de clientèle. Les attitudes sont différentes en fonction de l'âge, de la situation familiale et de la capacité socio-économique du touriste.

Qu'attendez-vous de l'Observatoire du tourisme ?

C'est un outil de la Région wallonne. A partir du 1er avril, dans chaque province, un agent sera chargé de faire une enquête sur les attentes du touriste, les fréquentations, etc. Ce travail prendra plusieurs années, et son efficacité reposera aussi sur la collaboration du secteur.

Les produits namurois sont-ils encore concurrentiels ?

Au lieu de vouloir créer de nouvelles attractions, il est préférable d'accroître leur qualité, autrement dit les moderniser, les renforcer, les rationaliser et en abandonner au besoin. La qualité de l'accueil et de l'infrastructure est essentielle. Je ne dis pas pour autant qu'il ne faut plus rien inventer, mais encore convient-il de choisir l'opportunité et de bien la saisir.

Dans les formes de tourisme, les villages de vacances ont-ils encore la cote ?

L'appellation a évolué. On parle, aujourd'hui, de centres récréatifs. Cela dit, une masse de bungalows sera disponible, fin juin, sur le site des Lacs de l'Eau d'Heure. Tout est déjà complet. On parle de douze mille nuitées pour cette saison. Dans les villages en place, certains ont pris des rides et doivent actualiser leur offre.

Et en termes de politique ?

En 94, les partenaires du tourisme ont opté pour un tourisme doux. On a donc favorisé l'hébergement dispersé, permettant un bon contact avec la population du cru. Les chambres d'hôtes et le tourisme à la ferme répondent à ce souci et s'intègrent bien dans les nouvelles habitudes. On y réserve aussi hors saison estivale par goût pour les balades, la gastronomie régionale, etc.

Quelle est la durée de séjour ?

L'excursion d'un jour reste la forme de tourisme la plus importante. Mais on a essayé d'étendre le marché et les formules d'hébergement pour attirer une clientèle non traditionnelle. La clientèle habituelle présente en effet le risque du vieillissement et d'une lassitude possible. Il faut aussi faire face à la concurrence des destinations ensoleillées de plus en plus accessibles financièrement.

Le tourisme a-t-il encore un sens à l'échelle d'une province ? La dimension provinciale offre une proximité qui reste nécessaire. Elle permet de dépasser l'intérêt strictement local et de promouvoir une région aux caractéristiques spécifiques. Mais je ne suis pas pour autant un partisan acharné d'une promotion limitée aux frontières administratives.

A quels enjeux le gestionnaire que vous êtes est-il sensible ?

L'évolution du service public et la disparition de certains services fondamentaux me préoccupent tout autant que le tourisme. Je crains que la notion de profit pur et immédiat prenne le pas sur la notion de qualité de vie et de service public à l'ensemble de la population pour se limiter à quelques-uns.·