Une reprise ou un plan social

LEJEUNE, REGINE

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Samedi 20 février 2010

Quevaucamps 37 emplois menacés chez Trevira Belgium

L’action de la dernière chance. En bloquant hier les camions de livraison à l’entrée de leur site de production de Quevaucamps (Belœil), le personnel de la succursale belge de la société allemande Trevira, spécialisée dans le secteur du textile, entendait protester contre la menace de fermeture de son entreprise. À l’intérieur, 21 tonnes de filage, gardés comme un « trésor de guerre », ne partiront ni en Tchéquie ni en Slovénie, où les camions devaient les acheminer.

Cette action intervient à la veille de huit semaines de chômage économique qui débuteront ce lundi pour les 37 travailleurs du site. Une démarche de protestation pour obtenir aussi des réponses à leurs questions dans une configuration entrepreneuriale complexe, avec des filiales en Allemagne, en Pologne, au Danemark et en Belgique. Le conseil d’administration est allemand mais des administrateurs délégués la filiale belge sont danois. En outre, la production est opérée sur le site belge mais c’est la filiale danoise qui paie les salaires.

En filigrane de cette action sociale : la situation d’insolvabilité qui touche la maison-mère allemande, ce qui correspond dans notre législation à une mesure de concordat judiciaire. Un repreneur s’était manifesté mais les négociations ont échoué et une procédure Renault a été enclenchée le 20 novembre pour le site de Quevaucamps. « Lors de la phase d’information, les administrateurs nous ont expliqué que la production était terminée », note Philippe Dumortier, permanent syndical FGTB. Ce n’est pas la première fois que la société connaît du chômage économique. Aujourd’hui, Les travailleurs veulent se battre pour le maintien du site belge. D’autant que Trevira, également présente en Pologne, pourrait y délocaliser la production. L’espoir est donc mince mais persiste. « Le bruit court qu’une fois toute la production partie, la fermeture de l’entreprise pourrait avoir lieu sans délivrer la moindre prime de fermeture, ce qui est hors de question », explique Philippe Dumortier.

Mardi, le front commun CSC-FGTB rencontrera le bureau d’avocats bruxellois désignés par la société allemande. Les différentes étapes des négociations à mener dans le cadre des licenciements collectifs devraient être mises sur la table.

En attendant, d’autres actions auront lieu « dans l’espoir au minimum d’avoir un plan social ». Et, au mieux, de maintenir les emplois si un repreneur se manifeste.