Qui aura les diamants de Brink’s ?
LORENT,PASCAL
Page 27
Vendredi 19 novembre 2010
Social Deux repreneurs se sont manifestés, tandis que les syndicats ciblent BDJS
Ils ont ainsi pu poursuivre leur travail. L’objectif est de vérifier si une reprise des activités est envisageable. À ce stade, deux voire trois candidats repreneurs se sont manifestés. Mais le maintien du statut employé pour le personnel reste, pour certains, la pierre d’achoppement. Et les syndicats n’entendent pas transiger sur ce point, estimant que ce n’est pas ce statut qui nuit à la rentabilité de la société (selon les syndicats, les différences entre les deux statuts se situeraient au niveau de la durée de préavis et dans la progression barémique, l’employé de ce secteur gagnant moins bien sa vie en début de carrière mais rattrapant et dépassant l’ouvrier dans la seconde moitié).
Par ailleurs, les administrateurs provisoires tentent d’obtenir des clients de la société qu’ils maintiennent leur collaboration commerciale avec le transporteur. Une éventualité envisageable s’ils sont livrés dans les prochains jours. Ainsi une négociation serait en cours avec BPost, celle-ci tentant de demander aux travailleurs en grève qu’ils livrent l’argent pour payer les 100.000 pensions (10 % du total) qui, en Belgique, sont encore versées en mains propres aux pensionnés. « Si un fournisseur nous fait défaut, nous n’avons pas d’alternative évidente, explique Fred Lens, porte-parole de BPost. Nous renforçons un nombre de bureaux qui sont équipés de guichets fermés pour pouvoir payer ces pensions mais nous ne pouvons pas faire plus car il est exclu de payer ces pensionnés à des guichets ouverts ». Les pensionnés seront avertis par courrier du bureau où ils doivent se rendre.
De leur côté, les représentants syndicaux ont rencontré la ministre de l’Intérieur, ce jeudi midi. Ils voulaient rappeler à Annemie Turtelboom (VLD) qu’en délivrant une licence provisoire à Brink’s Diamant & Jewel Service (BDJS) pour le transport de valeurs, elle avait déforcé les travailleurs dans leur négociation avec la direction en permettant à celle-ci de vider Brink’s de son activité la plus rentable. La ministre, elle, a rétorqué que, techniquement, elle ne pouvait refuser la licence à BDJS et qu’il était difficile de la leur retirer. Ce qui a fâché un peu plus les syndicats.
Reste alors cette question : si la cession du Service Global de Brink’s à BDJS a été décidée par une direction sans mandat (donc sans pouvoir), est-elle toujours valide ou, au contraire, le transport des valeurs (diamants, bijoux et autres) doit-il revenir dans le giron de Brink’s Belgium ? La réponse à cette question devrait venir de l’action en référé que la CGSLB envisage d’intenter à ce sujet. Les administrateurs provisoires, eux, feront le point avec les syndicats, ce vendredi après-midi. Ce conflit social n’a sans doute pas encore livré toutes ses surprises.
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