QUI SERA CHAMPION DU MMONDE EN 1989 ?

VERLEENE,MAURICE

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Mercredi 21 décembre 1988

APRÈS une Olympiade, qui fut disputée cette année au Surinam, le vice-champion a le droit de défier officiellement le vainqueur dans l'intervalle des six mois qui suivent ce championnat du monde. Or, cette année, il y eut deux vice-champions: le Soviétique Anatoli Gantwarg et le Néerlandais Tom Sijbrands.

Ce qui complique les choses, tous deux ont un départage, par le système Sonneborn, identique. Ils doivent disputer un match en six parties et, en cas d'égalité, celui qui a le meilleur Sonneborn l'emporte. Si, ce qui est probable, le score final est 6-6, les deux grands maîtres joueront trois parties rapides pour se départager et, en cas de nouvelle égalité, l'arbitre procédera à un tirage au sort.

La peur de Sijbrands

Nous avons relaté dans notre dernière chronique (Le Soir du 7 décembre) l'aventure du Néerlandais qui, après avoir calculé toutes les variantes gagnantes dans sa partie contre Kemp, vit soudain une possibilité d'annuler! Or, il devait gagner pour avoir une chance de reprendre le titre mondial en 1989.

Voyons les nombreuses variantes gagnantes calculées par Sij-brands depuis la position initiale: noirs, quatre pions à 16-17-25 et 39; blancs, quatre pions à 28-36-37-42 et une dame à 40, les noirs au trait peuvent jouer 1) (25-30) 40-35 A: si (30-34) 42-38, etc., gagnent facilement; 2) ils peuvent aussi débuter par (17-21) 42-38 (25-30) 40-35 (21-26) 35-19 (39-44) 19-5 (damer à 49 perd de suite par 5-23 ou par 37-31, etc.) donc damons à 50 (voir variante B) après (44-50) 38-33 (50-45) 37-31 (26-37) 33-29 (45-32) 36-31 (37-26) 5-46 (variante B), si, au lieu de damer, les noirs jouent (16-21) 28-23 (21-27) 37-31 (26-37) 38-32 (37-19) 5-50 gagne. Puis Sij-brands étudia la position initiale (16-21) le meilleur! 42-38 (25-30), maintenant défense d'attaquer à 35 car suivrait 21-26, mais les blancs avaient prévu 37-31 (30-35) 40-45 (39-44?) perdant aussitôt par 45-50 (44-49) 38-32, mais au lieu du fautif (39-44), jouons (21-26) 45-50 (26-37) 50-53 (35-40) 28-23 (17-21) 33-28 (21-27) 28-46 (40-44) 46-28, et après avoir étudié mentalement toutes variantes que nous venons de voir (et quelques autres plus simples), il s'arrête devantcette position, qui a provoqué sa grande peur, car il découvrit soudain une possibilité de nulle pour le Surinamien.

Voyons cette position: trois pions blancs à 23-36-38 et une dame à 28 contre deux pions noirs à 27 et 44, les blancs avaient calculé que cette position était toujours gagnante car sur (44-50) suit 28-6 et le sacrifice (27-31) 36-27 (50-45) 23-19 suivi du gain théorique par les quatre pièces. Mais au lieu de (44-50), il y avait la possibilité de jouer (44-49) que Sij-brands avait écartée tant elle paraissait manifestement perdante. Et cependant, en repassant rapidement toutes les variantes en mémoire, il s'aperçut qu'elle permet d'annuler facilement (44-49). Car aux dames, pas moyen de dire: «Je passe!», et sur 38-33 (27-31) 36-27 (49-16) avec partage inévitable des points. Aussi, quel ne fut pas le soulagement de Sij-brands de voir Kemp jouer (dans la position initiale) (39-43?) au lieu de (16-21!). Nous avons vu comment le Néerlandais gagna facilement après ce coup faible.

Au Surinam

Le 13 août 1969, Sijbrands rencontra Kemp à Paramaribo.

SIJBRANDS

KEMP

Position après le quarante-neuvième coup des noirs (voir diagramme). Les blancs ont une position virtuellement perdante; ils jouent 34-29 (sur 37-31 suit victorieusement 19-24) (27-31) 36-18 (19-23) 33-22 (23-41) 18-13 (17-28) 13-8 (41-47) 8-2 (11-16) 2-19 (28-33) 19-23 (33-39) 35-30 (25-34) 23-40 (39-43) 40-18 43-48?? permet au Surinamien d'annuler!

Sijbrands voulait gagner en beauté, espérant voir Kemp jouer 26-21? (16-27) 18-36 (48-30), etc. Mais il joua le coup juste 18-36! permettant le pionnage 26-21, etc., et d'annuler. Au lieu du coup fautif 43-48, il fallait jouer 47-36 donnant un gain théorique. Rappelez-vous notre article: «Même les grands se trompent!»

MAURICE VERLEENE.

FËTE AU «DAMIER IXELLOIS». - Pas moins de quinze prix distribués au cours de cette fête annuelle, présidée par le fondateur, en 1957, Albert Detaille. Citons le prix de la Communauté française à J.-C. Fabeck; le prix du bourgmestre d'Ixelles remis par Louis Henry, premier échevin, à Serge de Groot (champion d'Ixelles, division I); le prix du président à Louis Lefèvre; le prix Jean-Louis Delbar (directeur central de la B.B.L.) à H. Goedgeluck; les prix aux lauréats: tournoi J.-L. Delbar, vainqueur: Gaston Wilvers; division I: Serge de Groot; division II: Pavel Snios (qui reçut aussi le prix L. Lefèvre); division III: Josiane Meert (championne), etc.

CHAMPIONNAT DE BELGIQUE. - Parties rapides. Excellence, champion: Bernard Lemmens; division I: Arsène Magonette; division II, champion: Frans Claessens; juniors, champion: Jean-Michel Verstaen.

MATCH VLAAMSE LIGA - LIGUE FRANCOPHONE. - Cette rencontre traditionnelle fut disputée à Hasselt le 4 décembre. Les francophones gagnèrent de justesse par 9-11. Au premier damier, S. Michiels annula contre le M.I. Oscar Verpoest et, au deuxième, B. Lemmens triompha du M.I. Hugo Verpoest.

PROBLÈME N° 627. - Par M. Nicolas (Paris), dédié à Paul Deguée. Les blancs jouent et gagnent.

SOLUTION DU N° 626. - 37-31 (27-47) 26-21 (16-27) 17-11 (6-17) 49-44 (40-49) 34-30 (49-40) 30-10 (47-29) 25-3 (5-14) 3-49 en passant par 14-29-27-17-13-40; si 18-22 suit 49-32, et si 18-23 aussi 49-32 et... poursuite! Ce sont les variantes principales.