QUOI DE NEUF A BRUXELLES? DE DONNEA ET GOSUIN BOURGMESTRES PERIPHERIE BRUXELLOISE: L'UNION FRANCOPHONE PAYANTE 19 COMMUNES

BERNARD,GUY; BOURTON,WILLIAM; COUVREUR,DANIEL; DUPREZ,MARTINE; GABRIEL,MARIE-LINE; REBUFFAT,JEAN; LAMENSCH,MICHELLE; ROBERT,FRANCOIS

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Lundi 10 octobre 1994

Quoi de neuf à Bruxelles?

De Donnea et Gosuin bourgmestres

Sur les dix-neuf communes qui forment la Région bruxelloise, deux seulement, le 1er janvier 1995, verront changer le nom de leur bourgmestre, mais trois auront un nouveau bourgmestre. En effet, à Watermael-Boitsfort, Martine Payfa succèdera à sa mère Andrée Payfa. La surprise, c'est à Auderghem: le bourgmestre FDF, Robert Dept, déçu de ses résultats personnels, cède l'écharpe à son colistier Didier Gosuin, actuel ministre régional. Le dernier changement concerne Bruxelles-ville, où François-Xavier de Donnea (PRL) ceindra l'écharpe mayorale. Certes sa liste recule-t-elle tandis que le PS de Freddy Thielemans progresse-t-il, mais le mayorat s'est joué aux voix de préférence. Associés au FDF, aux écolos ainsi qu'au VLD, ils formeront une majorité dont MM. Demaret et VDB sont exclus.

Mais le point majeur du scrutin, dans la Région, aura été l'émergence de l'extrême droite. Le Front national, dont les listes avaient été écartées de deux des 19 communes pour cause de tricheries, a réussi dans les autres la percée que l'on redoutait, notamment à Molenbeek, à Anderlecht ou à Bruxelles-ville. Avec le Vlaams Blok, c'est plus de cinquante mandats que l'extrême droite a décrochés.

À part cette constatation, on est bien en peine de discerner de nettes tendances. Les bourgmestres les mieux en place, en général, perdent quelques plumes (comme François Guillaume ou Charles Picqué au PS ou Beauthier au PSC) mais se restent au pouvoir, de même que les majorités, rarement démenties. Au niveau des partis, les résultats sont en dents de scie.

À noter enfin quelques beaux succès personnels. À Molenbeek, si l'extrême droite perce, Philippe Moureaux assied ses positions. À Schaerbeek, le bourgmestre sortant, Francis Duriau, arrive en tête: le nolsisme est mort. À Woluwe-Saint-Pierre, Jacques Vandenhaute, à Uccle, André Deridder, et à Etterbeek, Vincent De Wolf, eux aussi, affichent un large sourire...

Anderlecht

La liste du bourgmestre a connu un tassement important, de 20 sièges à 13. Le PRL, partenaire du mayeur Christian D'Hoogh (en très nette perte de vitesse personnelle), obtient 7 sièges. Le FDF a rejoint la future majorité, lui apportant ses 5 sièges. Le Front national fait une poussée spectaculaire avec 6 sièges et le Vlaams Blok avec 1. Au terme de l'accord signé par les différents partenaires, le futur collège comportera, outre le bourgmestre socialiste, trois échevins libéraux, trois PS et deux FDF.

Auderghem

Le FDF conserve ses 17 élus, mais renforce sa prééminence, puisque de 31 sièges à pourvoir en 88, on est passé à 29. C'est la quatrième majorité absolue consécutive pour le FDF! Didier Gosuin s'accapare 2.638 voix de préférence pour 1.168 au bourgmestre Robert Dept: le FDF proposera Gosuin comme candidat bourgmestre. D'ici la fin du mandat ministériel régional du futur bourgmestre, il y aura un échevin ff de bourgmestre qui ne sera pas Dept. Dans l'opposition, Union manque son objectif: Gestion municipale, PSC et indépendants n'ont recueilli ensemble que 2 sièges. Le FN fait son entrée au conseil.

Berchem-Ste-Agathe

La liste du bourgmestre Julien Gooskens passe de 8 à 9 sièges ce qui correspond à l'arrivée du PSC Joël Riguelle. Le FDF perd un siège (de 6 à 5 sièges). La coalition (LB-FDF) se maintient donc à 14 sièges et a d'ores et déjà décidé de reconduire l'accord de majorité. Le FN entre avec 2 sièges.

Bruxelles

Échec pour la liste Demaret-VDB, qui reste le premier parti avec 13 sièges (15 en 1988), pour le PRL qui descend à 10 (moins 3) et le FDF qui perd un siège (5). Ecolo piétine (3). Par contre, le PS progresse de 7 à 9 sièges tandis que le FN rafle 4 élus. Bilan? Une alliance PRL-PS-FDF-Écolo-VLD, conforme aux accords préélectoraux. Thielemans (PS) et de Donnea (PRL) ont joué l'écharpe aux voix de préférence.

Etterbeek

Victoire d'équipe pour la majorité etterbeekoise qui rafle 22 sièges sur 33 (6 sièges de plus pour le PRL qui passe ainsi à 14); statu quo à 5 pour le PSC; chute de 8 à 3, mais sans Léon Defosset, pour le PS. Par rapport à 1982, les socialistes gagnent un siège. Arrivée du FN avec 2 sièges, mais surtout grosse déception pour le FDE (FDF) de Didier van Eyll qui rétrograde de 10 sièges à 6.

Evere

François Guillaume conserve sa majorité absolue, avec 17 sièges sur 29. En voix, sa liste PS-SP essuie cependant un important tassement, passant de 54 à 44 %. Les Écolos, qui se présentaient pour la première fois, font un piètre score (un élu).

Forest

Tassement des deux majoritaires: le PS obtient 9 sièges et le PRL 10. Ces deux formations reconduiront leur alliance en y incluant le FDF (7 sièges). Magda De Galan (PS) reste bourgmestre grâce à son grand nombre de voix de préférence. Le FN fait son entrée avec 3 élus.

Ganshoren

Richard Beauthier, le doyen des bourgmestres de la région (81 ans), conserve de justesse sa majorité absolue, soit 14 sièges sur 27. Les quatre sièges qu'il a perdus vont au FN, 2 sièges (+ 2), au FDF, 4 sièges (+ 1) et au PRL, 4 sièges (+ 1). Malgré sa courte majorité, Beauthier a décidé de gouverner seul.

Ixelles

La liste du bourgmestre (PRL-FDF) enregistre un net recul, en n'obtenant que 24 sièges, 17 PRL et 7 FDF (contre 22 PRL et 8 FDF en 1988). Le PS se maintient avec 6 élus, Écolo obtient 5 sièges (plus 2) et le PSC 3 (plus 1). Le FN fait son entrée au conseil, avec 3 sièges. L'accord de majorité avec le PS sera respecté.

Jette

La majorité de Jean-Louis Thys ne tient plus qu'à deux fils (18 sièges sur 33). Sa propre liste se tasse (12 élus), son allié PS (4) perd un siège et le cartel SP-CVP s'effondre, tombant à deux élus (2). Dans l'opposition, le FN prend 3 sièges.

Koekelberg

La liste du bourgmestre Jacques Pivin, avec 14 sièges sur 25, conserve la majorité absolue. En 1988, l'opposition (FDF-PS-PSC) se présentait en cartel. En 1994, chacun a joué cavalier seul et le PSC se trouvait sur la liste du bourgmestre. Difficile donc de comparer les résultats. Le FDF obtient 5 sièges et le PS, 2 sièges. Écolo obtient 1 siège (- 1). Le FN entre au conseil avec 3 sièges.

Molenbeek

Le paysage politique molenbeekois voit se renforcer l'opposition entre tendances démocratiques et partis extrémistes. Ces derniers cumulent 8 conseillers (7 FN et 1 Vlaams Blok). La liste du bourgmestre menée par Philippe Moureaux passe de 14 à 16, tandis que son partenaire dans la majorité, le PRL, se maintient à 7 conseillers.

Saint-Gilles

Six sièges perdus par la liste Picqué qui chute de 26 à 20. La coalition LB-PRL est reconduite (le PRL garde ses 5 élus). Écolo glane deux sièges supplémentaires. Percée attendue du FN qui a 3 sièges sur 35.

Saint-Josse

Le Front national mis hors course, Guy Cudell et sa liste SJTN font exactement le même score qu'en 1988 (16 sièges), tout comme les PRL (3 sièges). Le bourgmestre, avec 1.595 voix de préférence, atteint un sommet de popularité. La majorité est évidemment reconduite.

Schaerbeek

Francis Duriau (LB) arrive en tête, avec 11 sièges, ce qui lui assure de garder le mayorat, suivi du PRL 9 sièges (un piètre score, comme celui de Roger Nols, moins de 1.000 voix de préférence). Le bourgmestre, lui, a fait un carton: 3.825 voix. Le FDF progresse à 7 sièges, les Écolos ont 5 élus (+1), tandis que le PS chute à 4 sièges. IDS stagne à 2 sièges. Le PSC passe à 4 sièges. Duriau fera une majorité avec le FDF, le PS, le PSC et Écolo: le nolsisme a vécu, une page est tournée.

Uccle

La liste du bourgmestre frôle la majorité absolue, avec 20 sièges sur 41. Son allié du FDF gagne un siège, à 7. Par contre, les socialistes perdent un élu: leurs quatre conseillers ont été exclus de la majorité. Côté opposition, le PSC lâche trois élus: restent cinq. Les Écolos, divisés il y a six ans, en prennent trois, et le FN a 2 élus.

Watermael-Boitsfort

La dissidence Simon aura incontestablement affaibli le FDF, puisque celui-ci a perdu 4 sièges (tombant à 8)... dont 3 tombent directement dans l'escarcelle du Forum communal. Le PRL se maintient à 4. Le PS tombe de 3 à 2. Pour le reste, Écolo est à 3 (+1) et GM, toujours deuxième parti de la commune, passe à 6 (+1). Le FN n'aura pas d'élu. Résultat? Une reconduction FDF-GM, avec Martine Payfa comme bourgmestre, reconduction peut-être doublée d'un élargissement. À qui? La majorité négocie.

Woluwe-St-Lambert

Majorité absolue reconduite pour la liste du bourgmestre: 23 sièges sur 35 (14 pour le FDF, 9 pour le PRL), avec 15 femmes et 8 hommes. Georges Désir perd près de 30 % de ses votes de préférence.

Woluwe-St-Pierre

La majorité sort renforcée du scrutin. La liste du bourgmestre Vandenhaute (PRL et indépendants) atteint la majorité absolue. Son partenaire PSC gagne deux sièges. L'opposition fait les frais de l'opération. À noter la disparition du PS (de Serge Moureaux) et l'absence du FN. Jacques Vandenhaute n'a pas voulu gouverner seul et a reconduit l'accord de majorité.

G. BERNARD, W. BOURTON,

D. COUVREUR, M. DUPREZ,

M.-L. GABRIEL, A. GERARD,

M. LAMENSCH, F. ROBERT,

N. VUILLE et J. REBUFFAT

Périphérie bruxelloise:

l'union francophone payante

En périphérie bruxelloise, les équipes en place sont maintenues voire renforcées.

À Wezembeek-Oppem, la LB garde 9 sièges, l'Union des francophones (UF) en totalise 10 (+2) et les flamands du DWO tombent à 4 (- 2). Il n'est pas impossible que l'inamovible bourgmestre, Baudouin de Grunne, perde son écharpe au profit de François Van Hoobrouck, le premier échevin. Les négociations ont été suspendues ce lundi matin: tout ce petit monde s'est retrouvé à l'enterrement du frère d'un ancien échevin.

À Kraainem, la LB gagne deux unités pour arriver à 18 et Kartel reste à 5 élus.

À Rhode-Saint-Genèse, la formation IC de l'actuelle bourgmestre se renforce en additionnant 15 sièges (+ 2) tandis que les flamands divisés totalisent 10 unités (- 2).

A Linkebeek, statu quo de la LB à 12 élus et du cartel flamand LK 2000 à 3.

À Drogenbos, les scores restent identiques: 13 sièges pour la liste du bourgmestre (LB) et 2 pour l'Entente communale.

À Wemmel, la LB garde 16 sièges, LW (libéraux néerlandophones et francophones), le CVP et le FDF apparaissent avec 2 sièges et la VU avec 1 siège.

Les résultats de la périphérie sans facilités ne bouleversent pas les profils des principales communes. Dans tous les cas, cependant, les francophones stabilisent ou confortent leurs positions.

À Beersel, le CVP compte 13 sièges (+ 1), son associé le SP en perd 2 sur 4, le PRL perd son unique représentant mais le FDF double son potentiel (4 sièges).

A Vilvorde, le Vlaams Blok décroche d'emblée 4 sièges et Agalev 1. Le FDF perd un de ses 3 sièges tandis que le CVP se retrouve à 10 (- 1) pour 9 au VLD (+ 1). Le SP tombe à 5 (- 2). La VU perd son unique siège.

À Zaventem, le puissant VLD perd un élu, passant de 15 à 14, et l'Union des francophones réalise un score de 4 mandataires (+ 1).

À Dilbeek, le VLD réalise une percée de 5 à 11 sièges, un de plus que le CVP. Union aura 6 représentants (+ 1).

À Overijse, enfin, les résultats définitifs tardent à venir, mais le score des francophones ne semble pas répondre à leurs grandes espérances.

M.-L. G. et M.L.