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n.c.

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Lundi 4 mai 1992

R. DEMANDT (Maaseik)

L'exception du côté flamand est la règle du côté francophone

Ainsi donc, pour ce correspondant (Courrier des lecteurs du 15 avril), le 1er avril de l'an 1992 restera une page noire dans les annales de la francophonie belge. Le nouveau ministre de la Défense nationale, qui est flamand, a eu le culot (sic) de répondre en néerlandais à toutes les questions du journaliste de la RTBF.

Voilà la Communauté française de Belgique couverte d'opprobre public, traînée aux gémonies, profondément humiliée. Quelle honte! Haro sur celui qui a osé bafouer les francophones du royame! Et qui plus est, le pays est en danger car avec ce ministre l'incompétence a fait son entrée sur la scène politique belge.

C'est un peu la teneur de la lettre qui respire l'indignation hautaine et l'amour-propre blessé. J'ai vraiment cru à un poisson d'avril retardé. Ce correspondant doit quand même savoir que les Flamands attendent toujours le premier mot néerlandais de la bouche de M. Coëme, le prédécesseur du ministre qu'il accuse de façon si dénigrante. M. Dehousse, également un ministre national, en visite aux Etats-Unis où il est allé féliciter le Flamand Dirk Frimout, s'adresse à la Communauté flamande en... anglais. Quel geste généreux!

(...) Ce qui est l'exception du côté flamand est la règle du côté francophone. Et les ministres Coëme et Dehousse ne sont que la tête d'une longue liste. Permettez-moi de citer en vrac M. Gol, Mme Spaak, MM. Spitaels, Duprez et autre Onkelinckx.

De grâce, épargnez-nous l'éternelle excuse de la difficulté du néerlandais. Ce n'est qu'une langue comme une autre. La preuve: M. Wathelet et quelques rares autres. C'est seulement une question de bonne volonté et de respect... mutuel.