RENTREE A L'ULG / SUIVEZ LE GUIDE CONSEQUENCES CE QU'ON SUPPOSE ET CE QU'ON CRAINT

RENETTE,ERIC

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Jeudi 19 septembre 1996

Rentrée à l'ULg : suivez le guide...

Réussir ses candis à l'unif ? «Ce ne sera plus comme avant mais ça reste abordable», dit le recteur Bodson.

Même s'il n'a pas encore été publié au «Moniteur», le décret de la Communauté française réorganisant l'accès à l'enseignement supérieur (25 juillet 1996) entre en vigueur à l'issue de l'année académique qui va commencer. Il concerne donc tous les étudiants qui désirent s'inscrire pour la première fois cette année à l'ULg mais aussi ceux qui y poursuivent (ou recommencent) leurs candidatures. A ces derniers, le recteur de l'ULg, Arthur Bodson, vient d'écrire pour rappeler que même si le décret impose à tout étudiant universitaire de réussir ses deux candidatures en un maximum de trois ans, les anciennes règles, à l'ULg en tout cas, resteront d'application pour eux. La mesure intervenant après votre inscription à l'ULg modifie donc les règles du jeu qui vous avaient été annoncées au début de vos études (NDLR : 4 essais pour réussir deux candis), précise le recteur. C'est pourquoi je vous informe qu'en ce qui vous concerne, vous continuerez à bénéficier de vos droits antérieurs.

Cette décision n'engage que l'ULg et ses élèves, chaque université francophone disposant d'une assez grande autonomie dans l'application stricte du décret pour ses «anciens » étudiants en usant ou pas de ce droit de dérogation. Incidence budgétaire potentielle : le non-financement par la Communauté française d'une centaine d'étudiants environ pendant les trois années à venir. Ça, c'est un problème à régler entre le gouvernement et les universités.

Mais le vrai problème concerne surtout les «nouveaux», ceux qui sortent de rhéto et qui s'inscrivent pour la première fois, poursuit A. Bodson. Il suffit pour s'en convaincre de compter les demandes de renseignements adressées à notre central téléphonique ou au service des étudiants. Et de réexpliquer les donnes qui régissent dorénavant l'accès aux candidatures.

Une chose est inchangée : le triplement universitaire reste interdit, dans une seule filière ou dans des filières différentes. Des dérogations existent cependant (accordées dans environ 60 % des demandes à l'ULg), quel que soit le cycle (candi ou licence). Par contre, l'an prochain, pour les étudiants inscrits à l'université la première fois en 1996-1997, l'université refusera l'inscription de qui n'aura pas réussi ses deux premières candis en trois tentatives.

Autre nouveauté : le décret prévoit l'organisation d'un «casier judiciaire académique» qui interdit le quadruplement dans l'enseignement supérieur. Ainsi, un étudiant qui aura usé toutes ses cartouches pour réussir sa première candidature à l'université (2 chances) n'aura plus droit qu'à un essai pour réussir la première année dans l'enseignement supérieur. Et réciproquement pour un étudiant du supérieur qui se tournerait vers l'université après deux essais infructueux.

É. R.

Conséquences : ce qu'on

suppose et ce qu'on craint

Le nouveau décret adopté par la Communauté française a des objectifs budgétaires évidents : limiter le nombre d'étudiants subsidiés en candidatures et, à partir de 2000, à l'entrée du deuxième cycle en médecine. Donc limiter les budgets des universités. Quelle incidence pour l'ULg ? Au-delà des perspectives théoriques, personne ne semble actuellement pouvoir prédire quelles seront les retombées exactes et notamment sur la ferveur des étudiants à s'inscrire dans telle ou telle filière. Dans les autres universités qui rentrent plus tôt que nous, on constate un relatif statu quo des inscriptions, explique le recteur A. Bodson. Chez nous, les données partielles varient de section à section. Et chez les médecins ? La sélection à l'issue du premier cycle (3 ans) ne sera effective qu'à partir de l'an 2000. On n'admettra plus que la sortie de 700 médécins par an pour toutes les universités belges (NDLR : rien qu'à l'ULg, 133 personnes ont été diplômées en 1994 et il y avait 2.450 inscrits en médecine pour la dernière année académique). Bref, celui qui s'inscrit cette année-ci et qui réussit chaque année sans problème sortira du premier cycle en 1999 et échappera au couperet de la sélection ultérieure. Cette perspective va sans doute inciter certains à tenter leur chance. Tandis que d'autres vont être dissuadés en pensant ne pas pouvoir réussir ces trois candis en trois ans. Qui peut donc prédire, à ce jour, les effets sur les inscriptions ?

A plus long terme, le recteur de l'ULg s'interroge sur d'autres types de répercussions : Les mesures que prend le gouvernement visent à revoir les budgets à la baisse. Mais il ne faudrait pas que la conséquence pour nos jeunes soit de revoir aussi leurs ambitions à la baisse. Ça, ce n'est pas le gouvernement qui le payera mais les jeunes. Et, avec leur génération, tout le pays...

É. R.