Rester mobilisés contre le sida

GILLIBERT,JULIEN

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Lundi 28 novembre 2005

Namur-Dinant La Manifête aura lieu le mercredi 30 novembre

Fais pas le con, réfléchis avant une relation. » Sur un rythme rap, cette phrase clôture Partenaire maudit, une chanson écrite par des jeunes avec Jean-Louis Daulne et Perry Rose, et chantée par deux chorales de la région. Cette chanson a été composée pour faire la promotion de la Manifête, l'événement qui prendra place à Namur et, nouveauté, à Dinant, le 30 novembre (1). Soit la veille de la Journée mondiale du sida.

Cette manifestation, organisée par la Coordination sida assuétudes de la province de Namur, regroupe un ensemble d'animations destinées aux 15-25 ans. But : les sensibiliser aux risques du sida et des autres maladies sexuellement transmissibles. Dans une ambiance festive et musicale, les jeunes participeront à des jeux didactiques : reconnaître un préservatif périmé, quiz sur le sida... Il y aura aussi des stands sur les différences sexuelles ou des reportages sur des personnes séropositives.

« L'an passé, il y a eu 500 personnes à la manifestation, explique Bénédicte Rusingi, qui prépare Manifête. Nous avons également été présents à la sortie des écoles pour avertir les jeunes. »

Mousta Largo, qui parraine l'événement, tentera aussi d'attirer les jeunes le jour J. « Je participe en tant qu'artiste parce qu'on n'en fait jamais assez au niveau de la prévention du sida. Mais aussi en tant que parents. Car nous sommes dans la génération des parents-copains. Et ce n'est pas pour cela que le thème de la sexualité est facilement abordé. »

(1) Mercredi 30 novembre, de 10 à 22 heures à la place d'Armes à Namur et de 14 à 18 heures à l'ancien centre culturel de Dinant, rue Grande, 23.

Des jeunes moins informés

ENTRETIEN

Le docteur Dominique Vassart est directrice du Service coordination sida assuétudes de la province de Namur. A ce titre, elle évalue l'évolution des mentalités par rapport à la maladie.

On a l'impression que les ados sont moins bien informés sur les risques du sida qu'il y a dix ans.

C'est en partie vrai. Pour plusieurs raisons. On ne voit plus les images chocs qui circulaient il y a un petit temps autour des personnes malades du sida. Probablement parce les malades sont mieux soignés aujourd'hui qu'auparavant. D'où une certaine confusion chez les jeunes, qui pensent parfois à tort que le sida se guérit. Ou qu'il ne concerne plus l'Europe et reste en Afrique. Il y a donc certainement eu un relâchement ces dernières années en matière de prévention. Un relâchement qu'il faut combattre.

Quelle est l'évolution du sida ?

Les médicaments progressent. On peut espérer parvenir à guérir dans les dix, quinze prochaines années. Mais, dans le monde, il y a 40 millions de personnes touchées, avec 4,8 millions de nouvelles contaminations en 2003. En Belgique, les chiffres restent stables : 1.000 nouveaux cas l'an passé, soit une légère diminution puisqu'il y en avait 1.048 en 2003. Et, à Namur, nous gardons la même moyenne au niveau du nombre de dépistages effectués : il y en a plus ou moins 400 par an.