RETOUR D'UNE MISSION DE CINQ MOIS DANS LE GOLFE LE WIELINGEN A REGAGNE ZEEBRUGGE
SURMONT,EDDY
Page 8
Mardi 18 juin 1991
Retour d'une mission de cinq mois dans le Golfe
Le «Wielingen» a regagné Zeebrugge
Heure militaire oblige, c'est à 10 heures précises, lundi, que la frégate F910 «Wielingen» s'est glissée dans le bassin de la base navale de Zeebrugge, après une mission de 162 jours dans le Golfe, dans le cadre de l'opération «Southern Breeze».
Une demi-heure avant l'accostage, la mère du capitaine de corvette Robert Seymortier, commandant en second du «Wielingen», victime d'un malaise cardiaque sur le quai de la base, devait mourir dans l'ambulance qui la conduisait à l'hôpital.
L'arrivée du «Wielingen» s'est faite par un soleil brillant sous lequel les uniformes tropicaux de l'équipage, d'un blanc immaculé, ne déparaient pas.
Des dizaines de calicots, des fleurs, des ballons, la musique de la Force navale, formaient un décor idéal pour un retour tellement attendu depuis le départ de ce même bassin, le 7 janvier dernier. Les douaniers de service n'ont pas voulu gâcher la fête. Malgré leur grève du zèle, ils n'ont pas inquiété outre mesure nos marins.
Le vice-amiral Jozef De Wilde, chef d'état-major de la Force navale, avait rallié la frégate en pleine mer. Selon une vieille tradition de la marine il devait ensuite quitter le navire pour faire place à l'épouse du commandant, le capitaine de frégate Gilbert «Gib» Decock.
Quelques minutes plus tard, c'était la ruée des 160 hommes d'équipage vers leurs proches. À leur commandant de raconter à la presse tout ce qu'elle n'a pu apprendre pendant ces cinq mois des canaux d'information parfois fort brouillés de l'état-major de la Défense nationale.
Au total, le «Wielingen» a contrôlé 1.011 navires dans le cadre du renforcement du blocus économique de l'Irak. À treize reprises des marins durent monter à bord vérifier cargaison et papiers de bord. L'intervention la plus dramatique de l'opération eut lieu le 10 février quand, au large du Yémen, l'équipage du «Wielingen» sauva des vagues les vingt-six naufragés du navire marchand turc «Eregli».
Et puis il y avait la guerre. Il ne faudrait pas l'oublier.
Oui, nous l'avons vécue cette guerre. Même si le «Wielingen» n'a jamais été mêlé à une action quelconque, affirme le capitaine de frégate Decock. Il apparaît aujourd'hui que des missiles Scud ne sont passés qu'à trente milles du navire. Des mines flottantes, il y en avait un peu partout. Même s'il ne restait plus rien de la marine de Saddam Hussein, il fallait se méfier des petites embarcations qui s'aventuraient jusqu'à quelques brasses. Mi-mai une fusillade eut lieu entre l'une de ces embarcations et un bâtiment de guerre américain! Et les avions? Il fallait tous les identifier, par prudence. Enfin le «Wielingen» eut l'honneur de pouvoir «protéger» pendant deux jours le «Nimitz», le plus grand porte-avions américain dans le Golfe... toutes informations restées top secret jusqu'à ce jour!
EDDY SURMONT
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