Reynders : « Doublons la taxe nucléaire »

THOMAS,PIERRE-HENRI

Mercredi 20 avril 2011

Le ministre des Finances propose de doubler la taxe nucléaire, pour la porter a 500 millions d’euros. L’entretien complet dans Le Soir

Ce mercredi, la Banque nationale remettra au Premier ministre son rapport qui permettra de chiffrer la rente nucléaire des producteurs d’électricité : elle se situe entre 770 et 920 millions d’euros. Reynders propose de doubler la taxe nucléaire et de la porter à 500 millions d’euros.

De combien cette rente pourrait être taxée ?

Sur la base du rapport de la BNB, il ne serait pas déraisonnable de doubler la taxe, actuellement de 250 millions d’euros, et donc de la faire passer à 500 millions d’euros brut (brut, car la taxe est déductible). Ce chiffre est réaliste, dans le contexte actuel ou un peu partout dans le monde on souhaite soumettre les centrales à des stress tests qui contribueront à objectiver la situation des centrales.

Ces tests devront avoir, comme les tests dans le secteur bancaire, des conséquences : il faudra arrêter les centrales obsolètes, suspendre les activités de certaines autres… Mais je crois que 500 millions représentent un chiffre réaliste, à condition de stabiliser le système en indexant les prélèvements en fonction du prix européen de l’énergie.

Les chiffres de la rente nucléaire calculés par la BNB sont très éloignés de ceux de la Creg.

Je ne sais pas comment les 1,7 à 2 milliards annoncés par le régulateur ont été calculés. Non seulement on annonce des chiffres saugrenus mais, c’est ce qui m’énerve le plus, on dit que puisque ces chiffres ne correspondent pas à ceux de l’administration fiscale, il y a une fraude, qui n’a pas été détectée par l’administration ! Vous savez Electrabel est une société qui est sans cesse contrôlée. Et cela fait douze ans que je travaille avec la BNB, qui a toujours dans une série de dossiers (loi de financement, intérêts notionnels…) donné des chiffres crédibles.

Si la Creg s’est trompée, elle doit être sanctionnée ?

Moi je ne m’occupe pas du secteur de l’énergie. C’est au ministre de tutelle (le socialiste Paul Magnette, NDLR) de réagir.