RIFIFI DANS LES PETITS COMMERCES

DELVAUX,BEATRICE; WAERSEGGER,SERGE DE

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Mardi 22 mai 1990

RIFIFI DANS LES PETITS COMMERCES

Une décision du ministre des Affaires économiques gèle la diffusion du nouvel appareil de paiements par cartes de crédit ou de débit. C-Zam, ferme-toi!

Le C-Zam est un système mis au point par la société Banksys et qui permet le paiement électronique immédiat par les cartes Bancontact et Mister-Cash mais aussi par les cartes de crédit Eurocard, Visa, Diner's, American Express et Aurora. Lancé au début de l'année, il permet une réduction de la durée de l'opération de paiement chez le commerçant. Un avantage appréciable pour un système qui, victime de son succès, créait ainsi files et énervement aux caisses dans les magasins.

La satisfaction était donc générale suite à l'arrivée du C-Zam jusqu'à ce que Banksys décide d'instaurer un nouveau mode de tarification pour le commerçant. La société décide en effet de réduire le loyer mensuel de l'appareil de 500 F (2.200 F) mais transforme la «taxe» prélevée par transaction effectuée. Plus question d'une ponction de 2 francs mais introduction d'une taxe de 1 % du montant de l'achat, avec un minimum de 10 F et un maximum de 50 F. Ceci pour les utilisateurs de Mister-Cash et de Bancontact; ceux qui se servent des cartes de crédit paient une rémunération de 4 % du montant de l'opération. Le tout payable par le commerçant, libre alors de répercuter ou non cet «impôt» nouveau auprès de sa clientèle. Jugeant que les capacités nouvelles, l'amélioration des performances, l'accroissement de la rapidité faisait du C-Zam un produit nouveau, Banksys n'avait pas cru devoir introduire un dossier d'augmentation de prix auprès de la Commission des prix. Chez Willy Claes, ministre des Affaires économiques, le service des prix en a jugé autrement. Pour lui, C-Zam n'est que le perfectionnement d'un système existant. En outre, le nouveau système est jugé particulièrement cher.

Banksys a décidé à présent d'introduire un dossier en bonne et due forme auprès de la Commission des prix afin de voir sa nouvelle tarification confirmée pour C-Zam mais aussi étendue à Tele-Data Phone. En attendant, Banksys- a été obligé d'appliquer l'ancien tarif aux actuels utilisateurs de C-Zam. Un tarif qui génère, selon Guy Alloin, le directeur général de Banksys, une situation déficitaire. Aussi, ils ont décidé également de ne plus accepter d'affiliation nouvelle au service Mister Cash/Bancontact dans la petite distribution. Le C-Zam est gelé... Si cette nouvelle tarification était refusée, Guy Alloin évoque la possibilité d'abandonner le produit. Et donc de renoncer à la conquête d'un vaste marché puisque, comme le fait remarquer une étude de l'Association belge des banques, 85 % des 90.000 magasins de détail susceptibles d'être équipés de terminaux de paiement électronique, ne le sont pas encore...

S. de W.

Les chèques ne sont pas encore vaincus

La petite carte magnétique a-t-elle gagné le bras de fer qui l'opposait aux chèques? Une étude de la Banque nationale le laissait supposer. Mais c'était crier victoire un peu vite pour le paiement électronique. La réalité, divulguée par l'Association belge des banques, est plus modeste: malgré leur progression au détriment des chèques, les systèmes électroniques progressent de façon encore marginale par rapport au total des paiements qui ne sont pas effectués en espèces. Ainsi, en 1988, les paiements par carte (de débit, type Mister Cash - Bancontact; de crédit, type Eurocard, Visa, etc.; et privatives) représentaient à peine 8 % des opérations et 1 % des montants. Les chèques ne sont pas les seuls à tenir tête aux petites cartes magiques. Les virements ont égalemnt un mot important à dire: la moitié des paiements sont en effet effectués en Belgique par leur intermédiaire. On verra ce que réserve 1989, les chiffres provenant des banques n'étant pas encore connus.

L'Association belge des banques explique la différence entre ses chiffres et ceux du centre d'échanges à compenser de la Banque nationale par le fait que ce dernier ne traite que les opérations impliquant deux institutions différentes. En clair, il ne prend pas en compte le chèque émis par un client de la banque X... en faveur d'un commerçant client de cette même banque. D'où une image faussée tirée de la comparaison partielle cartes - chèques.

B. Dx.