Ryanair n’a pas crié à l’aide
RENETTE,ERIC
Page 23
Jeudi 18 décembre 2008
Transports Décision favorable de la Cour européenne de justice
En 2001, pour s’installer à Charleroi, Ryanair avait en effet bénéficié d’une réduction sur les droits d’atterrissages (50 %), sur l’assistance aux passagers, sur la formation des pilotes. Elle obtenait aussi une prime d’un euro par passager (Ryanair complétait avec un autre euro) pour promouvoir les destinations desservies par la compagnie irlandaise au départ des pistes carolos. Or, dans ce dossier, la Région s’avère à la fois faire les règles aéroportuaires et s’autoriser à les réduire. La Cour européenne vient d’estimer qu’en octroyant des conditions avantageuses quand les compagnies ne se battaient pas pour fréquenter l’aéroport wallon, la Région a agi comme un gestionnaire soucieux de valoriser son activité économique.
En 2004, la Commission européenne y avait plutôt vu des aides d’Etat déguisées et imposé à Ryanair de rembourser 4 millions d’euros qu’elle jugeait indûment reçus.
La Région avait donc fait bloquer la somme sur un compte avec d’autant plus d’entrain du ministre André Antoine (CDH) que la procédure avait été imaginée et appliquée par son prédécesseur Serge Kubla (MR)…
« Le cas fera école, estime Michaël O’Leary, le patron de Ryanair, la Cour indique qu’une autorité régionale peut agir en tant que bon gestionnaire d’aéroport, avec le même intérêt qu’un investisseur privé. » « C’est une victoire pour Charleroi, pour les consommateurs, pour les aéroports régionaux et pour les compagnies low-cost », poursuit Jim Callaghan, responsable des affaires juridiques de Ryanair.
Mieux, Michaël O’Leary y voit la confirmation du modèle low-cost reliant des aéroports régionaux (moins chers) à travers l’Europe. Et le bouillonnant Irlandais de reconnaître discuter actuellement avec 47 d’entre eux et attendre un ciel européen bientôt partagé par seulement quatre familles d’utilisateurs : Air France KLM, Lufthansa, British Airways… et Ryanair of course.
Il invite donc la Commission européenne à dialoguer, notamment sur d’autres cas en litige : Alghero, Aarhus, Bratislava, Francfort Hahn, Hambour Lubeck, Pau… La Commission, elle, réfléchit à aller en appel. Elle ne lit pas la décision de la cour européenne du même œil, y relevant plus d’arguments techniques que de critiques de fond.
Michaël O’Leary préfère enfoncer le clou et s’étonne de ce que la Commission tolère de la part des gouvernements nationaux pour Austrian Airlines (500 millions d’euros) ou Alitalia (300 millions) quand on lui cherche des poux pour 4 petits millions… Des euros qu’il va pouvoir récupérer avec les intérêts. Sauf si la banque les avait convertis en actions Fortis…
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