Sarkozy parle Europe avec Blair

n.c.

Vendredi 11 mai 2007

Le président élu Nicolas Sarkozy s'est longuement entretenu ce vendredi avec Tony Blair, qui avait fait auparavant ses adieux de Premier ministre britannique à Jacques Chirac, en instance de départ tout comme lui.

L'entretien d'une heure et demie entre MM. Blair et Sarkozy s'est déroulé autour d'une table de jardin, au 35, rue Saint-Dominique à Paris, où Nicolas Sarkozy a provisoirement installé son bureau, et en présence de François Fillon, principal favori pour le poste de Premier ministre.

Le chef du gouvernement britannique s'est dit « d'accord » avec la proposition de Nicolas Sarkozy d'élaborer un traité simplifié pour remplacer la Constitution européenne, rejetée par les Français et les Néerlandais en 2005.

On a parlé de l'Europe, du projet simplifié et du travail qu'on avait à faire, notamment du prochain Conseil européen, où Tony Blair sera, a expliqué Nicolas Sarkozy.

Alors qu'on demandait à Tony Blair, qui doit quitter le pouvoir le 27 juin, s'il avait un conseil à donner à Nicolas Sarkozy pour rester dix ans au pouvoir, il a ri, répondant en français : il n'a pas besoin de mon conseil parce qu'il a fait une campagne extraordinaire et je suis absolument certain qu'il fera très bien.

J'ai une très grande amitié depuis longtemps pour Tony Blair qui n'est pas simplement une question de proximité politique, a expliqué de son côté le futur président français. Tony Blair est un homme que j'apprécie humainement parlant. Je peux dire que c'est un ami.

Il a profondément modernisé son pays et su rassembler des majorités au-delà de sa propre famille politique pour obtenir des résultats importants », a-t-il souligné. Et il « a montré qu'on pouvait obtenir le plein emploi », a ajouté M. Sarkozy, rappelant s'être « engagé devant les Français pour le plein emploi.

Les deux hommes devaient ensuite dîner ensemble dans un restaurant parisien.

Les remerciements de Chirac

Auparavant, Jacques Chirac, qui doit transmettre ses pouvoirs à Nicolas Sarkozy mercredi, s'était entretenu pendant une heure avec le Premier ministre britannique qui avait annoncé la veille la date de sa démission du 10, Downing Street.

A l'issue de leur entretien, il l'a raccompagné à pied -fait rare- jusqu'à l'entrée principale du palais. Sans faire de commentaires, les deux hommes se sont séparés sur le trottoir, puis Tony Blair a rejoint à pied l'ambassade de Grande-Bretagne, toute proche.

Lors de leur entretien, Jacques Chirac a remercié Tony Blair pour cette visite, un « geste d'amitié » auquel il s'est dit particulièrement sensible, selon son porte-parole. Il a souligné l'importance de ce que le Royaume-Uni et la France avaient accompli ensemble au cours des dernières années, mentionnant en particulier la forte impulsion donnée à la politique de sécurité et de Défense européenne et l'action commune en faveur du développement et de l'Afrique, et pour lutter contre le changement climatique.

Dans une allusion à son successeur Nicolas Sarkozy, le président français a exprimé l'espoir et la conviction que les relations entre la France et le Royaume-Uni demeureraient proches et amicales, au service de l'Europe, de la paix et du développement.

Il a aussi redit à Tony Blair son amitié et ses meilleurs voeux pour l'avenir, selon son porte-parole.

Interrogé par M. Blair sur son projet de fondation, qui doit être lancée à l'automne, Jacques Chirac a précisé qu'elle s'occuperait « de dialogue des cultures, de développement durable, c'est-à-dire d'écologie et de lutte contre la pauvreté ».

(D'après AP)