SCHAERBEEK Cinq maquettes pour un train électrique Les étudiants de Saint-Luc courent après le TGV

ROBERT,FRANCOIS

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Mardi 4 août 1998

SCHAERBEEK Cinq maquettes pour un train électrique Les étudiants de Saint-Luc courent après le TGV

Voici un an, des étudiants de Saint-Luc tentaient de rattraper le TGV. Pierre Van As -sche, professeur à l'institut, demandait à une quarantaine d'entre eux d'étudier l'urbanisation du site de la gare de Schaerbeek-formation dans la pers -pective d'une possible halte du train rapide, connectée avec Bruxelles-National. Les étudiants se mirent au travail et planchèrent sur la question pendant plusieurs mois. Leurs travaux furent exposés tout l'été et attirèrent l'attention... de la SNCB.

Un an plus tard, la polémique TGV bat toujours son plein. Deux projets s'opposent. D'abord, celui de la SNCB, qui installe la gare sur le site de Haren, dont elle est propriétaire, situé à plusieurs centaines de mètres de Schaerbeek-formation. Ensuite, celui de l'échevin de l'urbanisme schaerbeekois, Bernard Clerfayt, qui met le terminal juste derrière l'actuelle gare de Schaerbeek.

Ces deux thèses s'opposent. L'option strictement économique de la SNCB (création artificielle d'un pôle de développement) est aux antipodes de la thèse municipaliste qui raccroche le terminal à la ville.

Quant aux étudiants de Saint-Luc, ils ont pris soin de ne pas prendre parti. Ils travaillent toujours sur leurs maquettes et jouent avec les aiguillages du train électrique TGV. Pierre Van Assche et son collègue Joseph Polet ont donné de nouvelles consignes. Depuis un an, les projets se sont affinés, et on connaît précisément leurs contraintes techniques. Le résultat des recherches? Cinq variantes réalistes du terminal, actuellement exposées dans l'institut.

Ces maquettes offrent des vues d'ensemble qui permettent de comprendre comment fonctionnera la gare. Elles montrent que la version «Clerfayt» tient la route, si l'on peut dire, malgré les impératifs techniques de la SNCB. Les étudiants lui trouvent certaines qualités: la proximité de la ville, des raccords faciles avec les grands axes de circulation existants et un coût moins élevé. Deux obligations, cependant: redessiner certaines infrastructures et accepter une certaine courbure des voies TGV (cela se fait ailleurs). Des développements immobiliers autour de la gare sont possibles.

La version SNCB a également été mise en maquette. Vu la taille du site à développer, le projet prendra sans doute plusieurs dizaines d'années, estiment les étudiants. Avantage de la formule: les chemins de fer travaillent chez eux, sans subir la moindre pression extérieure, politique ou économique. Entre les deux, les étudiants de Saint-Luc ont imaginé une hypothèse intermédiaire: l'installation de la gare à mi-chemin des deux sites. Solution techniquement difficile (une gare à deux niveaux, comme le projet SNCB d'ailleurs), mais pas irréaliste.

A noter enfin que, dans les cinq maquettes proposées, les étudiants ont estimé nécessaire de créer une tour-hôtel. Sorte de point de repère géographique et architectural du futur TGV.

FRANÇOIS ROBERT

Ces maquettes sont exposées au public jusqu'au 20 août et elles seront commentées sur demande par des experts en architecture de Saint-Luc. Adresse: local P1 à Saint-Luc, rue d'Irlande, 57. De 10 à 11 h 15 et de 13h30 à 15 h 30.