SCHAERBEEK UNE PETITION RECLAME LA REINTEGRATION DE KHALIL ZEGUENDI AU FDF LE MALAISE POLITIQUE DES ELUS ISSUS DE L'IMMIGRATION

ROBERT,FRANCOIS

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Mardi 30 septembre 1997

SCHAERBEEK

Une pétition réclame la réintégration de Khalil Zeguendi au FDF

Le malaise politique des élus issus de l'immigration bruxelloise

Khalil Zeguendi est ce conseiller communal schaerbeekois d'origine marocaine exclu du FDF au début du mois pour avoir «tenté secrètement de passer au PRL». L'ancien conseiller FDF clame cependant son innocence et affirme que son expulsion est irrégulière.

Selon les huiles du FDF pourtant les preuves du transfert ne manquent pas. C'est la raison, sans doute, pour laquelle le comité du FDF n'a pas pris la peine d'écouter Khalil Zeguendi, avant de l'exclure. Ajoutons que Khalil Zeguendi a tout fait pour aggraver son cas, en reprochant publiquement à ses anciens amis d'avoir fait preuve de «xénophobie» à son égard...

Depuis, l'exclu a introduit un recours devant la commission de discipline du parti. Il vient d'échouer. Mais, selon le plaignant, les dés étaient pipés dans le mesure où Olivier Maingain (président du FDF) et Jean-Pierre Van Gorp (président de la section de Schaerbek) avaient rendu visite à la commission une demi-heure avant sa comparution...

Il n'empêche que Khalil Zeguendi garde des amis au sein du FDF schaerbeekois. Ainsi une pétition a circulé demandant sa réintégration. Signée par une bonne trentaine de membres, elle permet à Khalil Zeguendi de porter l'affaire devant le comité directeur du FDF. Il devrait se réunir cette semaine. En attendant, l'ex-FDF siège comme indépendant au conseil communal. Il compte même interpeller le collège le 8 octobre sur l'affaire Demol et proposer une démission collective du conseil pour forcer le ministre Vande Lanotte à reprendre la procédure d'expulsion à l'encontre du policier schaerbeekois.

Dans la communauté marocaine, l'expulsion de Khalil Zeguendi est fort mal reçue. Le Groupe de travail des ressortissants marocains en Europe constate que la cohabitation entre «nouveaux Belges» et états-majors politiques semble difficile.

D'autres cas similaires reviennent en mémoire, quant aux difficultés d'insertion dans les partis politiques existants. Abdellah Dougna (Ecolo de Saint-Gilles), Aziz Bentomane (Ecolo d'Anderlecht) et Moustapha Akouz (FDF d'Anderlecht) ont aussi étét mis sur la touche. Quant à Mohamed Chater (PRL), il est déjà victime de quelques solides inimitiés à Schaerbeek.

Cas isolés ? Il y a clairement un désenchantement dans la communauté marocaine, même si certains « nouveaux Belges», comme Mahfoud Rhomdhani (Bruxelles) ou Sfia Bouarfa (Schaerbeek), se sont parfaitement intégrés au PS.

En fait, certains élus marocains estiment avoir été manipulés par les partis bruxellois. Ceux-ci leur ont ouvert les portes au moment des élections, pour engranger des voix en octobre 1994. Mais, après le scrutin, les nouveaux élus ont été invités à rentrer dans le rang. Et ceux qui n'ont pas obtempéré ont été priés de déguerpir...

Dans les états-majors des partis, on tient un autre langage : on constate que certains nouveaux élus ont voulu tout et tout de suite, oubliant qu'il fallait d'abord « mériter» avant d'obtenir une place au soleil. Khalil Zeguendi serait l'un d'eux.

FRANÇOIS ROBERT