Scientologie : pas de pression US

LALLEMAND,ALAIN

Page 8

Vendredi 17 septembre 2004

Scientologie : pas de pression US

ALAIN LALLEMAND

Non, le Département d'État américain n'est pas intervenu en faveur de l'Église de scientologie auprès du bureau du procureur fédéral de Belgique. Lieve Pellens, porte-parole du procureur fédéral Daniel Bernard, a catégoriquement nié l'existence de tout contact, toute réunion sur ce point entre l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles (ou un quelconque représentant des Etats-Unis) et le procureur fédéral (ou son bureau, ou le magistrat fédéral plus spécifiquement en charge des sectes).

Pour rappel, dans la foulée d'une plainte déposée en 1997, l'Église de Scientologie de Belgique fait l'objet d'une instruction serrée, non pas au niveau fédéral mais au niveau du parquet de Bruxelles. Plusieurs perquisitions ont été diligentées en 1999 contre ce mouvement, et huit de ses dirigeants ont été inculpés fin 2002 pour leur participation dans ce qui a été décrit comme une « organisation criminelle ». Il s'agit d'un dossier extrêmement menaçant pour la secte, lequel devrait être ficelé pour la fin de l'année.

Depuis lors, de manière régulière, dans son rapport annuel sur l'état des libertés religieuses dans le monde, le Département d'État américain épingle la Belgique pour son attitude vis-à-vis de la secte de Ron Hubbard. Ce 15 septembre cependant, le rapport 2004 allait bien plus loin qu'à l'accoutumée en affirmant que « (...) l'ambassade (des Etats-Unis) a évoqué ses préoccupations concernant l'Église de Scientologie avec le bureau du procureur fédéral (de Belgique) ».

Si ce contact avait été confirmé, il aurait représenté une ingérence inédite des Etats-Unis dans un dossier judiciaire purement belge. Le bureau du procureur fédéral a catégoriquement nié l'affirmation contenue dans le rapport de Washington, soulignant que le sujet n'avait nullement été évoqué, même à l'occasion des contacts réguliers qu'entretient le bureau - en matière de terrorisme - avec les officiers de liaison oeuvrant à l'ambassade. Le même bureau a également nié qu'un contact se soit fait jour au niveau du Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires et nuisibles (où est également représenté le parquet fédéral).

Au niveau du parquet de Bruxelles, le substitut Christophe Caliman a tout aussi formellement nié une quelconque approche américaine : En aucun cas, nous n'avons été approchés par un quelconque représentant des Etats-Unis, ni directement, ni indirectement.·