La réponse du mayeur à UrbAgora

MOREL,PIERRE

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Mercredi 1er juin 2011

Seraing Boulevard urbain

Clôturée à la fin du mois d’avril, l’enquête publique sur le projet de boulevard urbain qui doit constituer l’épine dorsale du Masterplan sérésien n’a pas suscité de grande levée de boucliers : sept réclamations à peine ont été reçues ! Selon la commune, cinq portent sur des détails ponctuels et deux sur des questions générales, une formulée par un Sérésien et l’autre par « un allochtone ».

Ce dernier n’est autre qu’UrbAgora, dont l’avis fouillé sur le projet n’était pas tendre, estimant ainsi que ce boulevard était « un aménagement de zoning pensé uniquement pour la circulation automobile. » Quand Le Soir s’en était fait l’écho, le 4 mai, le bourgmestre (PS) Alain Mathot s’était refusé à répondre point par point à l’argumentaire de l’ASBL. Il y a finalement été poussé par les questions du conseiller communal Salvatore Todaro (MR) lors du conseil la semaine dernière.

UrbAgora regrette ainsi l’absence de site propre pour les bus sur le tracé du boulevard ? « Pour un éventuel site propre pour le tram, il y aurait un surcoût de 17 millions d’euros rien que pour les expropriations, souligne Alain Mathot. Qui va nous les donner ? Quant au fonctionnement des bus, il est optimisé sur le boulevard grâce à des arrêts décalés. Et si, à terme, le besoin d’un site propre pour les bus se fait sentir, les bandes de stationnement ont été conçues de façon à ce qu’on puisse les transformer. »

Décision en juin

Autre critique d’UrbAgora, cette berme centrale infranchissable et le recours massif aux ronds-points, « au détriment des piétons et usagers faibles. » « Le rond-point est le meilleur système pour fluidifier le trafic et le faire ralentir et le piéton y est toujours prioritaire », répond M. Mathot. Les porteurs du projet pointent par ailleurs les 19 passages pour piéton traversant le boulevard sur ses 2,2 km de longueur. Quant à la « faiblesse des aménagements cyclables », selon UrbAgora, le bourgmestre estime que la largeur des trottoirs, « 3 mètres », garantit un partage harmonieux entre piétons et cyclistes.

Plus généralement, le bourgmestre estime qu’UrbAgora « fait de belles théories mais ne tient guère compte des contraintes du terrain et des données techniques et financières. »

On verra ce que pense de tout ça le fonctionnaire délégué de la Région qui doit rendre une décision sur la demande de permis dans le courant du mois.