Le site propre suscite encore des débats

WAUTERS,LAURENCE

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Lundi 7 décembre 2009

Seraing Problématique de la mobilité autour du « boulevard urbain »

A une semaine de la fin de la consultation des habitants liée au chantier du boulevard urbain de Seraing, l’Ecolo José Darras a interpellé la ministre des Entreprises publiques au sujet de la mise en service de la ligne 125A, parallèle au boulevard en question. Inge Vervoort a répondu qu’une étude avait bien été réalisée sur le sujet, et que les budgets pour la réalisation et l’exploitation n’avaient pas été prévus. Sur ce point, rien de neuf, mais la ministre a apporté quelques éclaircissements sur les arrêts, le matériel (lighttrain pour +/- 200 voyageurs) et le taux de couverture (28 à 33 %). « Une étude socio-économique démontre que l’usage pourrait être rentable, a conclu la ministre, mais qu’il serait fort tributaire de la quantité de voyageurs supplémentaires et du modal shift attendu. »

« Pas assez de certitudes, conclut l’Ecolo serésien Jean Thiel : Si cette ligne n’est pas rouverte, nous perdons sur les deux tableaux : pas de transport structurant pour irriguer la rive droite de Seraing, et pas de train léger ! » Et de réclamer avec insistance le rétablissement d’un site propre pour les transports en commun dans le tracé du boulevard urbain de Seraing.

Erigès, régie communale qui pilote le plan directeur, justifie : « Nous avons parlé d’un boulevard au moment des premières esquisses, avec 2 × 2 bandes de circulation et un site propre pour les bus. Mais un boulevard permet le contournement d’une ville. Ici, il risquerait de couper Seraing en deux ! Des études plus précises ont remis les plans à l’échelle de la ville : il s’agit désormais d’une voie traversante avec une berme centrale de 3 m. »

Sur le plan financier, Erigès parle de « construire un château quand on a besoin que d’une maison », expliquant que le chiffre de 6 millions d’euros avancés en coût supplémentaire pour un site propre ne concerne que le montant des travaux sur la surface concernée. « Il faudrait en outre élargir la dizaine de giratoires, modifier le tracé, exproprier des bâtiments… Au vu des chiffres prospectifs de fréquentation, nous n’avons pas peaufiné l’étude des coûts. Mais c’est changer une voie traversante en boulevard. Donc, ça peut doubler le montant total ! »

Enfin, Urbagora demandait à ce que la Ville bloque une zone de réservation pour l’éventuel développement d’un site dédié au transport structurant quand il s’avérera nécessaire. La Ville a décidé de le faire : aucun permis de bâtir ne sera délivré sur cet espace.