Serbes et Kosovars d'accord pour se revoir

n.c.

Mardi 2 octobre 2007

Serbes et Kosovars ont campé vendredi sur leurs positions lors de pourparlers directs à New York sur le futur statut de la province indépendantiste du Kosovo, mais sont convenus de se retrouver en octobre à Bruxelles.

Serbes et Kosovars ont campé vendredi sur leurs positions lors de pourparlers directs à New York sur le futur statut de la province indépendantiste du Kosovo, mais sont convenus de se retrouver en octobre à Bruxelles.

« Nous aurons notre prochaine réunion le 14 octobre à Bruxelles », a déclaré l’Allemand Wolfgang Ischinger, négociateur européen de la troïka (Russie, Union européenne et Etats-Unis), à l’issue de près de trois heures de discussions.

Ce face-à-face entre Serbes et Kosovars, au siège de la représentation de l’UE à New York, était le premier depuis que les pourparlers sont chapeautés par la troïka et le troisième depuis 2005.

« Belgrade a présenté sa vision d’une autonomie substantielle pour le Kosovo à l’intérieur des frontières serbes. Pristina a présenté sa vision d’une relation d’amitié et de coopération entre deux pays indépendants », a reconnu M. Ischinger.

La troïka a été constituée après que la Russie, alliée de la Serbie, a empêché l’adoption au Conseil de sécurité d’une résolution favorable à une indépendance du Kosovo sous contrôle international, préconisée par le médiateur de l’ONU Martti Ahtisaari.

Elle a jusqu’au 10 décembre pour mener à bien une ultime tentative de médiation et trouver un compromis qui convienne aux deux parties.

Serbes et Kosovars ont accepté de cosigner un document appelé la « déclaration de New York », dans lequel ils « s’engagent de nouveau (…) à s’abstenir de toute activité ou déclaration qui pourrait porter atteinte à la situation sécuritaire ».

En outre, « conscientes que le groupe de contact fera rapport au secrétaire général de l’ONU le 10 décembre 2007 », les deux parties « saluent l’intention de la troïka d’intensifier son travail dans le but de parvenir à un accord avant que le mandat de la troïka ne s’achève ».

Le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, représentant la partie serbe aux côtés du président Boris Tadic, s’est dit « déçu » après la rencontre, accusant les Etats-Unis de bloquer les négociations.

« Je suis un peu déçu, parce qu’il s’agit du deuxième round de pourparlers en deux ans et, jusque-là, nous n’aurons donc eu des pourparlers directs qu’une fois par an », a-t-il souligné.

M. Kostunica a accusé Washington de bloquer les négociations en faisant pression depuis des mois pour l’indépendance du Kosovo, province serbe peuplée à 90 % d’Albanais et administrée par l’ONU depuis la guerre de 1999.

« Je crains que l’autre partie ne soit encouragée par certains pays, particulièrement les Etats-Unis, à ne pas négocier, se sentant certaine qu’elle pourra obtenir son indépendance », a-t-il souligné.

Il a estimé que la réalité était « plus compliquée que cela » et que les Kosovars allaient « devoir négocier et respecter entièrement le droit international ».

Le président kosovar Fatmir Sejdiu a constaté que les parties n’étaient « parvenues à aucune solution utile ». « Nous avons présenté notre vision pour l’avenir du Kosovo, qui est celle d’un pays totalement indépendant », a-t-il dit.

Le président russe Vladimir Poutine a jugé vendredi « extrêmement irresponsable » de « négliger » le principe de l’intégrité territoriale des Etats.

« Le règlement du problème du Kosovo n’est possible que dans le cadre du droit international basé sur des négociations », a déclaré son ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov, devant l’Assemblée générale. « Des mesures unilatérales ne mèneront pas à une paix durable et créeront un risque de déstabilisation dans les Balkans et d’autres régions », a-t-il dit.

Les Européens sont divisés : la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne sont favorables à une reconnaissance du Kosovo en dehors de l’ONU, concertée avec les Etats-Unis. Mais des pays tels que l’Espagne, la Grèce ou Chypre, confrontés à des revendications indépendantistes, sont réticents. Ils insistent pour que le statut du Kosovo soit réglé par une résolution de l’ONU.

(D’après AFP)