La légende de Cocars à Elouges

JANNET,LUCIE

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Mercredi 6 juillet 2011

Série de l’été (2/41) Ces curiosités méconnues ou oubliées du Hainaut

Le paysage est bucolique, idéal pour une petite balade au grand air. Voie des Cocars à Elouges (Dour), dans le bois d’Epinois, se cache la chapelle des Cocars. Et si l’endroit respire le calme tout au long de l’année, le site s’anime de rires et de cris au mois d’août, lors de la ducasse à figues. La fête, qui remonte aux années 1820, a été remise au goût du jour il y a 7 ans. « À l’époque, les artisans remontaient d’Espagne avec des figues. Ils s’arrêtaient à Elouges pour les vendre », explique Martine Coquelet, organisatrice de l’événement. La ducasse aux figues était aussi l’occasion d’améliorer le caractère des enfants difficiles et pleurnichards, les enfants « brayoux ». « Ils étaient bénis. On les présentait à Jean qui rit et Jean qui pleure, des statuettes qui étaient exposées dans la chapelle. »

Cette procession est de nouveau organisée lors des festivités actuelles, mais sans les fameuses petites statuettes. Elles ont été volées. Le site est un ancien ermitage. La chapelle en est le seul vestige. Le bâtiment, malheureusement, est délabré. La toiture est abîmée, des vitraux manquent. La chapelle est encore une propriété privée, celle de la famille De Royer. « Nous sommes en négociation avec eux depuis 2007 pour racheter le site. Un accord a été trouvé sur un montant mais les négociations sont longues car ils souhaitent conserver un accès à leur crypte familiale. »

Des inhumations y sont encore réalisées. En attendant, les rénovations ne peuvent pas débuter. L’ASBL a donc décidé de lancer une pétition pour classer la chapelle auprès de la Région wallonne. Les travaux pourraient bénéficier de subsides. Il faut rassembler 600 signatures de Dourois. La moitié a déjà été trouvée. Il faudra ensuite attendre une dizaine de mois pour obtenir la réponse au sujet de la demande de classement.

Dans l’entité, le site de Cocars est connu pour une autre légende… Celle du brigand Moneuse. À la fin du XVIIIe siècle, il faisait trembler le Hainaut… Cocars abriterait des tunnels qui lui permettaient de se déplacer en toute confidentialité. Reste à en trouver l’entrée…