Sharapova était sur un nuage

LEONARDI,PAOLO

Mardi 22 janvier 2008

Le billet de Paolo Leonardi. Après 33 victoires d’affilée, Justine Henin a fini par perdre. La nº1 mondiale se consolera (mais on doute que ça arrive...) en se disant que sa défaite est intervenue face à une fille qui, mardi soir à Melbourne, était meilleure qu’elle. Et pour tout dire, nettement meilleure.

Maria Sharapova n’a pas volé son succès, loin s’en faut. Battue sur le fil en finale du Masters, en novembre dernier, la Russe avait une envie décuplée de prendre sa revanche. Cela s’est vu, cela s’est senti tout au long d’un match disputé quasiment à sens unique, à l’exception de la fin du premier set où Henin est revenue de 1-4 (elle dut même sauver une balle de 1-5) à 4-5 (avec même une balle de 5-5 au bout de sa raquette).

Prenant le match à bras-le-corps dès les premiers échanges (la Belge n’a réussi que 3 points sur les 15 premiers !), Sharapova n’a plus lâché sa prise. Comme lors de leur finale à Flushing Meadows en 2006, c’est elle qui dictait les échanges, elle qui donnait le tempo, elle encore qui prenait tous les risques avec un succès qu’on ne lui connaissait pas.

S’appuyant notamment sur un service excellent (il est symptomatique qu’elle a remporté plus de points sur sa deuxième balle que sur sa première), elle a obligé Henin à jouer sur la défensive de bout en bout, domaine dans lequel, on le sait, la Rochefortoise est moins dangereuse. Acculée au fond du court, Henin ne parvint pas à prendre l’initiative, trop occupée qu’elle était à repousser les coups de boutoir de sa rivale.

Signe qui ne trompe pas : on la vit en fin de premier set énervée par les cris que poussaient Sharapova. Comme si elle se sentait encore plus impuissante face à une telle décharge de décibels !

Dans la deuxième manche, les choses prirent une tournure catastrophique : Henin ne prit aucun jeu. Il faut remonter à Roland Garros en 2002 (contre Kapros) pour retrouver la trace d’un set perdu par 6-0 par Henin !

« C’est un sentiment incroyable de sentir qu’on fait les choses justes pendant tout un match, qui plus est quand ce sentiment intervient alors qu’on affronte la meilleure joueuse du monde, dit ensuite une Sharapova logiquement radieuse. J’étais dans ma bulle aujourd’hui… »

Sur ce qu’elle a montré mardi soir, les choses se présentent très bien pour la Russe d’ici à la fin du tournoi.