SIX CENTS MILLIONS DE TRAVAUX POUR LE CONFORT DE TOUS L'HOPITAL DE BASTOGNE S'EST RAJEUNI

BURGRAFF,ERIC

Page 24

Jeudi 14 septembre 1995

Six cents millions de travaux pour le confort de tous

L'hôpital de Bastogne s'est rajeuni

Un demi-siècle après sa conception, l'hôpital de Bastogne avait bien besoin d'un bon lifting. Inauguration le 3 octobre.

Né dans les années 50 alors que la localité pansait encore les plaies du terrible hiver 44-45, l'hôpital Sainte-Thérèse de Bastogne ne correspondait plus vraiment à ce qu'attendait le public au début des années 90. De là à mener à bien une sérieuse cure de rajeunissement, il n'y avait qu'un pas... que les administrateurs ont franchi en 1992 en lançant, avec l'aide du ministère de la Santé, un vaste programme de travaux. Un vaste programme de travaux en forme de défi en fait. Il fallait en effet rénover l'hôpital de fond en comble tout en continuant à y organiser une activité médicale maximale ! Pour y parvenir, les architectes ont mis au point une technique passant, en extérieur, par la construction d'une façade quelques mètres devant les murs existants et, à l'intérieur, par la pose d'un nouveau plancher permettant de relier les plateaux existants aux nouvelles structures. Une première belge... largement éprouvée en Allemagne. Le tout a été complété par l'enlèvement de la toiture originale, la construction d'un étage supplémentaire et la pose d'une nouvelle toiture. Bilan de l'opération : la surface utile a été augmentée d'un tiers pour atteindre aujourd'hui 9.100 m2. Facture finale : 600 millions de francs, soit, en raison des aléas liés à cette technique, 30 % de plus que prévu !

Après trois ans et demi de travaux, soit un an de plus que ce que prévoyait le programme, l'établissement a retrouvé une nouvelle jeunesse. L'inauguration est prévue le 3 octobre, jour de la fête de la patronne des lieux. C'est relativement long pour un hôpital qui continue à fonctionner, commente M. Bechet, directeur de la maison. Qui plus est, ce fut malgré tout particulièrement inconfortable pour tout le monde : les patients, les médecins, le personnel para-médical et administratif, le personnel d'entretien... En 1994, ce fut le creux de la vague. Le ras-le-bol général de la population s'est traduit dans le taux d'occupation qui est descendu jusqu'à 54 % le mois le plus défavorable.

DU NEUF À TOUS LES NIVEAUX

Le jeu en valait toutefois la chandelle. L'hôpital Sainte-Thérèse respire aujourd'hui le neuf de la cave au grenier. La note très design de la décoration intérieure en apporte la preuve au premier coup d'oeil. Nouveaux locaux de consultation, nouveau mobilier, nouvelle qualité d'hôtellerie (repas, chambres plus vastes, sanitaires, cafétéria...), création de salles d'attente etc. Côté médical, on notera la création de nouveaux services spécialisés (médecine nucléaire, chirurgie plastique...). On notera aussi l'arrivée de nombreux nouveaux spécialistes, notamment dans différentes disciplines chirurgicales, en médecine physique, en pédiatrie, etc.

Ce rajeunissement du cadre médical semble être accueilli à bras ouverts par la population et les généralistes. Jumelé au résultat des travaux, il est à l'origine d'une remontée sensible et régulière du taux d'occupation : plus de 70 % aujourd'hui.

DU PAIN SUR LA PLANCHE

Nous avons tout mis en oeuvre pour offrir une médecine de qualité et de proximité, commente encore M. Bechet. Il faut aujourd'hui que la population joue le jeu.

Le plus petit hôpital luxembourgeois a bien besoin en effet de son potentiel de clients pour endiguer le mal principal dont il souffre : son déficit chronique. Septante-cinq millions en 93, nonante-cinq en 94... S'il est vrai que la situation fut aggravée par la désertion des lieux durant les travaux, il est tout aussi vrai que l'établissement doit aujourd'hui compter avec une charge d'emprunt qu'il n'avait pas lorsqu'il était désuet. Ces travaux étaient donc bien un fameux défi... sur l'avenir.

ÉRIC BURGRAFF