SNCB EN CURE: PAS DE RER,MOINS DE TRAINS LE WEEK-END

ALSTEENS,OLIVIER

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Jeudi 22 octobre 1992

SNCB en cure: pas de RER,

moins de trains le week-end

Les lignes secondaires fermées le week-end? On reparle économies depuis que la SNCB a acquis son «autonomie». Hier, en fait.

La SNCB découvre le prix de l'autonomie et d'une jaquette budgétaire taillée de trop près. Hier, le ministre Coëme a paraphé le contrat de gestion qui libère les cheminots d'une emprise politique trop importante. Un événement? Plutôt la confirmation de ce que le «Moniteur» nous apprenait la semaine dernière en publiant (avant signature) le contrat de gestion.

Les premiers effets de cette marge de manoeuvre accordée à la SNCB se sont déjà fait sentir. Le président Michel Damar souligne que, pour la première fois depuis longtemps, un ajustement budgétaire ne voit pas modifier les moyens accordés à la SNCB. La SNCB respire-t-elle pour autant? On est loin du compte. Le plan d'entreprise est censé concrétiser le contenu du contrat de gestion. Il devait être terminé à la fin octobre; il ne le sera que fin janvier.

L'heure, en fait, est aux économies tous azimuts. La dotation que l'État attribue à la SNCB pour les missions de service public s'élève à 36,1 milliards. Une somme bloquée jusqu'en 1997. La SNCB devrait donc couvrir l'évolution de l'index. Un effort qui serait acceptable, si la dotation couvrait réellement les charges actuelles. Mais la SNCB doit également panser un déficit structurel de 7 milliards par an. Soit 35 milliards d'efforts qui s'ajoutent aux effets de l'inflation.

LES ÉCONOMIES DU DIMANCHE

Tous les secteurs de la société seront mis à contribution. La marge de manoeuvre est étroite après dix ans de restrictions et de plans d'assainissement.

Nous ne pouvons plus jouer, en fait, que sur les trains du week-end, assure un administrateur-directeur de la société. En semaine, nos résultats sont satisfaisants. Il nous manque même du matériel pour les heures de pointe.

La grille de l'offre de transport pendant les week-ends sera revue. Des trains circulent sans voyageurs tandis que nous devons maintenir nos charges. Ce n'est pas tenable, poursuit le même administrateur, soutenu par un collègue.

Quelles mesures figurent dans les cartons? La fermeture de lignes secondaires. Nous maintiendrons les grands axes et, notamment, les liaisons vers la côte ou les Ardennes. Pour le reste, nous agirons au cas par cas, en fonction de la fréquentation de la ligne.

Cette mesure n'entrera pas en vigueur du jour au lendemain. Elle fera l'objet d'une étude précise et sera étalée dans le temps. Il nous faudra quelques années, répond l'administrateur-directeur. D'ici à 1996, en fait...

ADIEU AU RER...

Dans l'interview qu'il nous accorde (lire en page 5), l'administrateur délégué Étienne Schouppe fait le même constat et enterre, quasiment, le projet RER - un réseau express entourant une métropole et constituant une réelle alternative à l'engorgement du trafic routier. Les conditions de l'administrateur délégué: que les régions et l'État arrivent avec une enveloppe et les permis de bâtir permettant de dédoubler les voies déjà saturées aux heures de pointe.

Étienne Schouppe élargit le débat et la demande bruxelloise aux deux autres régions: L'espace socio-économique de la capitale s'étend bien au-delà des dix-neuf communes.

L'administrateur délégué annonce également un décision sur la fermeture éventuelle de petites gares avant la fin de l'année et d'autres mesures d'économies qui seront concrétisées dans le plan d'entreprise. Soucieux d'éviter d'inutiles tensions avec le personnel, Étienne Schouppe reconnaît toutefois que ces économies auront des répercussions sur les structures internes de la société.

Ces mesures, qui seront sous peu sur la table du conseil d'administration de la SNCB, tranchent avec le discours du ministre des Communications. Guy Coëme balise le terrain: Ce plan d'entreprise ne pourra pas avoir pour effet de réduire les missions de service public mais devra, au contraire, les renforcer, du moins en trafic intérieur. La quadrature du cercle...

OLIVIER ALSTEENS

Interview page 5