Le chômage des hommes explose

DEMONTY,BERNARD

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Mardi 28 juillet 2009

Social Hausse de 18,4 % en un an

Le chômage continue sa progression dans tout le pays. D’après les chiffres de l’Onem publiés ce lundi, portant sur le mois de juin dernier, il y a 36.680 chômeurs de plus par rapport à juin 2008, soit une hausse de 10,8 %. Deux éléments frappants dans ce dernier bilan : les disparités par sexe et par région.

Selon les données de l’Onem, le chômage des hommes a augmenté de 18,4 % en un an, alors que celui des femmes a crû de 3,3 %. Actuellement, en Belgique, il y a 235.290 hommes au chômage et 208.284 femmes. Comment expliquer cette disparité ? Par deux phénomènes. Le premier, c’est la nature de la crise économique, qui touche actuellement davantage l’industrie lourde, à forte main-d’œuvre masculine. Citons l’exemple de la sidérurgie ou de l’assemblage automobile.

La Flandre beaucoup

plus affectée

Second phénomène pour expliquer la disparité homme-femmes : le succès des titres-services.

Ces titres permettent à des particuliers de recourir aux services d’une personne pour effectuer des travaux essentiellement ménagers. Ils occupent une main-d’œuvre majoritairement féminine. Manifestement, les titres-services amortissent les effets de la crise pour les travailleuses. Leur succès continue à croître malgré la récession. Toujours selon l’Onem, le nombre de titres-services utilisés au premier semestre de cette année a encore crû de 16 %.

L’autre grande disparité qui ressort du dernier bilan de l’Onem est régionale. Le chômage explose en Flandre, alors qu’il augmente dans une moindre proportion à Bruxelles et surtout en Wallonie.

De juin 2008 à juin 2009, le nombre de demandeurs d’emploi a crû de 21 % en Flandre, contre 4,6 % en Wallonie et 10,8 % à Bruxelles.

Cette disparité s’explique d’abord par la structure du marché de l’emploi des régions. La Flandre se caractérise par un taux d’emploi privé plus élevé qu’en Wallonie et à Bruxelles, où le poids du secteur public est plus élevé. Et comme la crise entraîne des restructurations dans le secteur privé et non dans le public, le Nord est beaucoup plus touché. Les économistes relèvent d’ailleurs que, quand frappe une crise, la Flandre souffre beaucoup plus vite, mais qu’elle est aussi la première à se redresser quand vient la reprise. Autre facteur d’explication de la différence régionale : le fait que la crise touche davantage l’industrie automobile, majoritairement située en Flandre. Cette situation pourrait d’ailleurs se renforcer dans les prochaines semaines avec les sombres perspectives annoncées pour l’usine de montage Opel, à Anvers.

Pour l’avenir, il ne faut pas s’attendre à des miracles : tous les prévisionnistes estiment que la situation va empirer d’ici à la fin de l’année et que l’année 2010 sera, elle aussi, marquée par les pertes d’emploi.