Les gros salaires toujours plus gros

VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE

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Jeudi 14 mai 2009

Social La FGTB sort une étude sur les disparités salariales

Le baromètre social de la FGTB va vers la dépression voire vers l’orage. L’organisation syndicale a présenté ce mercredi une étude réalisée par le département d’économie appliquée de l’ULB (Dulbea) qui révèle la persistance et même l’aggravation des inégalités salariales au cours des trente dernières années. « Ces inégalités se sont maintenues pendant la période de croissance économique, constate Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB. Elles se sont creusées et on constate que la réforme fiscale n’a rien fait pour les corriger ». Au moment où le gouvernement évoque à demi-mot le retour d’une politique d’austérité pour affronter le déficit des finances publiques, le baromètre social de la FGTB – et cette étude – veut insuffler une autre direction aux vents dominants. « Dans le cadre du budget 2010-2011, des choix politiques devront être faits, poursuit Anne Demelenne. Nous craignons qu’ils n’aillent pas dans le sens d’une réduction de ces inégalités ». De fait, l’étude du professeur Plasman révèle beaucoup de points noirs et peu d’évolutions positives.

Quelles régressions ?

Depuis 1981, la part des salaires dans le PIB a fortement chuté, passant de 57 à 51 % alors que la période 1970-1981 avait montré une forte croissance (de 47 à 57 %). La rémunération des salariées n’a cessé de diminuer par rapport aux autres catégories de revenus. « Il y a clairement une détérioration de la position des salariés, collectivement et individuellement ».

Les disparités sont multiples. On sait que le salaire des femmes est inférieur à celui des hommes. Il l’est surtout pour les bas salaires. Moins une femme gagne, plus grand est l’écart avec les hommes. Dans le 1er décile (les plus bas salaires), le salaire moyen d’une femme équivaut à 58,8 % de celui d’un homme. Pour le 9e décile, il en représente plus de 77 %.

Entre les salaires les plus bas et les plus hauts, que ce soit avant ou après impôt, l’écart se creuse depuis 1982. En 2005, le revenu moyen pour le 9e décile est de 3, 8 fois supérieur (après impôt) à celui du second. En 1982, ce rapport était de 2,5. Aujourd’hui, le salaire moyen dans le premier décile équivaut à 35 % du salaire moyen dans le 9e décile. Les écarts se creusent aussi dans les très hauts salaires. Les revenus des PDG ont augmenté de plus de 150 % entre 1988 et 2005 en Belgique. Maigre consolation : c’est pire en France (197 %) et en Allemagne (187 %).

Quels progrès ?

Il y a tout de même des lots de consolation dans l’étude. Les femmes continuent à gagner moins que les hommes mais il y a un certain rattrapage depuis 1999. Leur salaire a progressé plus vite que celui des hommes. Les jeunes sont aussi « gagnants » : pendant la même période, leurs salaires les moins élevés ont progressé plus vite que ceux du 9e décile.