Le statut ouvrier dans l’impasse
DEMONTY,BERNARD
Page 7
Samedi 12 décembre 2009
Social Le groupe des Dix n’a pas trouvé d’accord
Les syndicats souhaitent que le délai de préavis des ouvriers, actuellement limité à 14 jours pour ceux qui ont moins de 20 ans d’ancienneté et 28 jours pour les autres, soit allongé, et s’aligne sur celui des employés (90 jours par 5 ans d’ancienneté). Les patrons refusent, estimant que cela va entraîner des coûts insupportables pour les entreprises et donc des licenciements supplémentaires.
Il faut un accord sur cette harmonisation des statuts pour lundi, faute de quoi le gouvernement ne peut légalement prolonger le chômage économique de crise, dont les entreprises ont un besoin indispensable.
Mais vendredi, pas de fumée blanche. Le président du groupe des Dix, Thomas Leysen (FEB), a fait état de ses efforts de conciliation devant le comité ministériel restreint. Dans un communiqué à la formulation ambiguë, le « kern » a exprimé le souhait que l’avis demandé soit fourni par le Conseil national du Travail au plus tard lundi. Le comité restreint demande aussi aux partenaires sociaux de poursuivre le plus vite possible les discussions relatives à l’harmonisation du statut des ouvriers et des employés.
Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’il faut que les partenaires sociaux s’entendent à la fois sur l’harmonisation des statuts et sur la prolongation des mesures de crise ? Ou que le dossier de l’harmonisation des statuts soit reporté et que le Conseil national du travail n’ait plus qu’à remettre un avis sur la prolongation des mesures de crise, qui ne pose aucun problème entre partenaires sociaux ? Mystère. Selon qu’on interroge les uns ou les autres, les conclusions sont différentes.
Pour la FEB, le dossier de l’harmonisation doit suivre son cours, mais il ne faut pas d’avis sur ce point pour lundi. Côté syndical, la tonalité est différente. La FGTB continue d’exiger des avancées sur le dossier de l’harmonisation des statuts, « afin de donner aux ouvriers une réponse, face aux incertitudes sur l’emploi qui vont peser en 2010. »
La situation pourrait se clarifier durant le week-end. La FGTB se dit prête à poursuivre les négociations samedi et dimanche. S’il n’y a pas d’accord lundi, le syndicat socialiste remettra un avis négatif au Conseil national du travail.
La balle sera alors dans le camp du gouvernement. Mais la solution ne fait quasi aucun doute : il prolongera les mesures de crise et reportera le débat sur l’harmonisation des statuts. La FGTB pourra-t-elle accepter cela, alors qu’elle a organisé vendredi de la semaine dernière une manifestation pour exiger des avancées sur les préavis ?
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