« Jamais vu autant de mépris »
DURIEUX, SANDRA
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Jeudi 28 avril 2011
Social Le Setca mettra les travailleurs de La Redoute à l’honneur le Premier Mai
Entretien
Le 15 avril dernier, le centre logistique de La Redoute installé à Dottignies fermait définitivement ses portes sur les 94 travailleurs licenciés. Ce conflit social restera longtemps sur l’estomac de Jean Peeters, secrétaire régional du Setca, qui a mené la négociation de haute lutte avec la direction.
Que deviennent les travailleurs ? Le 15 avril, ils ont terminé leur travail et ont remis leurs clés et leurs cartes. Des vigiles avaient été engagés pour les surveiller alors qu’ils se sont toujours montrés dignes lors de ces mois de négociation houleuse. La directrice n’a même pas pris la peine de venir les saluer. Après, ils se sont retrouvés dans un café de Mouscron. Il y a eu beaucoup de larmes et moi-même qui me croyait blindé après toutes ces années, j’étais pris aux tripes. Quatre ou cinq travailleurs ont choisi d’aller en France. Pour les autres, une cellule de reconversion sera mise en place le 11 mai.
Pourquoi les mettre à l’honneur ce 1er mai ?
Pour saluer leur courage et leur dignité dans ce conflit. Depuis que je fais ce métier, je n’ai jamais vu une direction ayant autant de mépris pour son personnel. Dès le premier jour, quatre gardes du corps suivaient à la trace la direction de peur qu’on l’agresse. On n’a jamais frappé ou tiré sur un patron que je sache !
En quoi cette négociation était-elle si difficile ?
C’est probablement lié à la mentalité française de la direction. En France, les syndicats sont des ennemis et la hiérarchie est sacrée. En Belgique, on peut nouer des relations de confiance et d’amitié mais pas là-bas. Il y a aussi eu un manque de solidarité de la part des travailleurs d’Estaimpuis dont 10 % à peine sont syndiqués. La confrontation avec les autres organisations syndicales qui n’avaient pas la même approche du problème n’a pas aidé non plus.
La négociation que vous menez actuellement aux 3 Suisses se passe-t-elle mieux ?
L’atmosphère est différente mais nous verrons comment cela se passera le 5 mai. Nous avons demandé à la direction française de descendre pour présenter le plan de restructuration dans son entièreté. Nous voulons connaître les détails : le nombre de personnes licenciées et dans quel service, le nombre de prépensionnés, etc.
Quelles sont vos priorités dans ce dossier ?
Avoir le moins de licenciements possibles car nous savons que leur objectif est de déménager la logistique en France et peut-être d’autres services. Mais ils doivent garder une antenne en Belgique, ne fût-ce que pour la traduction des catalogues.
Avez-vous des craintes pour d’autres entreprises ?
Nous avions un peu peur pour Belgique Loisirs mais il semble que l’on sorte de l’ornière avec l’arrivée d’un nouveau directeur. Mais ils cherchent toujours un nouvel actionnaire.
zoom
La FGTB déménage
C’est historique : en juin, la FGTB de Tournai-Ath-Lessines quittera ses locaux de la rue des Maux pour des bureaux flambant neufs construits… juste à côté de l’Onem à la rue du Crampon à Tournai. L’investissement de 3,5 millions d’euros permettra d’offrir des locaux plus modernes aux 35 travailleurs mais également d’assurer plus de confort aux affiliés qui se rendent régulièrement aux permanences du service chômage.