La FGTB exige une relance

DEMONTY,BERNARD

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Jeudi 7 janvier 2010

Social Le syndicat socialiste veut un nouveau plan en 2010

En ce début d’année, les chiffres négatifs pleuvent. Un déficit budgétaire de 20 milliards d’euros, près de 100.000 pertes d’emplois attendues en 2010, chaque jour amène son nouveau chiffre alarmant.

Pour la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, ces mauvaises nouvelles n’entraînent, pourtant, pas de réaction énergique. « Ce qui nous interpelle, c’est ce fatalisme, qui semble s’emparer du monde politique et socio-économique. » Pour la FGTB, le plan de relance et les mesures de crise, décidées par le gouvernement en 2009, ne suffisent pas. « Avec ces mesures, on reste sur la défensive. Ce que nous voulons, c’est qu’on passe à l’offensive, qu’on prenne des mesures concrètes, non seulement pour maintenir l’emploi, mais aussi pour en créer. »

Le syndicat socialiste propose quatre grandes mesures pour 2010, détaillées sur cette page.

Pour Anne Demelenne, il y a urgence. « En l’absence de réaction, 2010 sera catastrophique. »

Un nouveau plan pour l’emploi

La FGTB demande au gouvernement fédéral, aux entités fédérées et au monde patronal de mettre en place un nouveau plan de soutien à l’emploi. « Il ne faut pas seulement protéger les gens qui risquent de perdre leur emploi, il faut aussi veiller à la création de nouveaux emplois, dès maintenant, dit Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB. Il faut continuer à doper toutes les filières, notamment dans les métiers liés au développement durable. »

Le syndicat socialiste émet aussi une revendication claire concernant le système d’accompagnement des chômeurs, qui oblige les demandeurs d’emploi à démontrer qu’ils sont activement à la recherche d’un travail, et qu’ils sont prêts à accepter les offres qui leur sont proposées. « Il y a de moins en moins d’offres, et de très nombreuses pertes d’emploi sont à craindre. Aujourd’hui, on demande donc aux chômeurs de trouver un emploi… qui n’existe pas. Il faut mettre fin à ce système. Il faut proposer activement une offre au demandeur d’emploi, mais pas le harceler pour qu’il trouve un travail qui n’existe pas. »

La création d’une banque publique

Pour financer le plan de relance et la réduction du temps de travail qu’elle propose pour 2010, la FGTB a bien quelques petites idées. Parmi celles-ci figure la création d’une grande banque publique. « En raison de la crise, l’épargne des Belges n’a jamais atteint des niveaux aussi élevés. Il y a actuellement 188 milliards d’euros sur des comptes d’épargne, dit Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB. Peut-on vraiment faire confiance aux banques pour jouer un rôle d’intermédiaire, pour offrir un retour au citoyen et à la société ? »

La FGTB propose dès lors la création d’une banque publique qui pourrait irriguer le système économique et conduire à la création d’emplois nouveaux et durables. « Il faut travailler selon le modèle des sociétés d’investissement en Wallonie. La SRIW est présente dans 13 secteurs et dans 200 entreprises. Elle permet le maintien ou la création de 50.000 emplois. C’est le moment d’étendre ce genre d’outil, qui capte l’épargne publique et permet des investissements porteurs d’emplois », dit Anne Demelenne.

Une taxe boursière

Pour financer le plan de relance et l’instauration d’une réduction collective du temps de travail, la FGTB émet une piste de financement : l’instauration d’une taxe sur les opérations boursières. « Nous sommes conscients qu’une telle décision ne peut se prendre uniquement au niveau belge, dit Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB. Mais dans le courant de cette année, il y aura des sommets centrés sur le social et l’économique. Avec les syndicats européens réunis au sein de la Confédération européenne, nous allons venir en force pour obtenir cette taxe. »

La FGTB estime qu’un tel prélèvement pourrait rapporter 135 milliards d’euros. « Cet argent pourrait être utilement investi dans les filières de développement durable, ce qui doperait l’emploi tout en contribuant à la protection de l’environnement. » Pour Anne Demelenne, il est temps que l’Europe se lance, elle aussi, sérieusement, dans la relance, notamment par le biais de l’instauration de cette taxe. « L’Europe n’a encore rien fait. Il est grand temps que des mesures sérieuses voient le jour. »

La semaine des quatre jours

Pour Anne Demelenne, les faits sont là : « Le travail se raréfie, et de nombreux travailleurs peinent à trouver un emploi. » Pour la secrétaire générale de la FGTB, pendant quelques années, il va falloir mieux répartir le travail disponible. « Le gouvernement a prévu une réduction du temps de travail parmi ses mesures de crise, mais celle-ci a beaucoup moins de succès que l’autre grande mesure, le chômage économique. Or, pour nous, la réduction collective du temps de travail est essentielle. »

La FGTB demande dès lors l’introduction de la semaine des quatre jours. « Cela résoudrait un grand nombre de problèmes de mobilité, et cela permettrait aussi de mieux concilier le travail et la vie privée. » Le syndicat va même plus loin : il propose de supprimer le chômage économique et le crédit-temps. « Ces formules coûtent à la collectivité. Avec leur suppression, on pourrait financer une réduction collective du temps de travail. »