FGTB : Bruxelles est en danger !

ROBERT,FRANCOIS

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Lundi 30 août 2010

Social Négociations sous la loupe

ENTRETIEN

Cela sent la rentrée politique et sociale à Bruxelles. Une rentrée plombée par des négociations fédérales qui s’enveniment. La FGTB Bruxelles quitte ses quartiers d’été et hausse le ton. Son secrétaire général Philippe Van Muylder fait le point.

Les négociations en cours font-elles peur à la FGTB Bruxelles ?

Ce que veulent d’aucuns, c’est la fin de notre Région via un double mécanisme. D’une part, le transfert des compétences fédérales vers les communautés qui seraient amenées à cogérer Bruxelles. D’autre part, via un appauvrissement délibéré de notre région. Pour la FGTB, c’est non. Nous en sommes à 47 jours de négociations communautaires et une seule de nature socioéconomique. On s’attaque au statut de Bruxelles et le socio-économique passe en second lieu. Un scénario inacceptable.

La Flandre fait des gorges chaudes des dysfonctionnements bruxellois.

Je crois qu’aujourd’hui, en 2010, Bruxelles est bien mieux gérée qu’à l’époque où la Région n’existait pas encore. De toute façon, que la gestion soit bonne ou mauvaise actuellement, c’est aux Bruxellois de gérer leur Région et pas aux deux autres régions du pays. Je suis d’accord avec Jan Goossens du KVS quand il dit que Bruxelles doit incontestablement faire son autocritique mais doit aussi pouvoir décider de son avenir.

Un Brussels DC vous semble-t-il crédible ?

C’est une idée qui revient régulièrement. Nous n’y croyons pas. Un district européen ne profiterait en rien aux Bruxellois. Il n’existe à cet égard aucun fondement juridique. Cette idée n’a jamais existé que dans la tête de Louis Tobback puis de Patrick Dewael, alors ministre-président du gouvernement flamand. Ce n’est pas une piste sérieuse.

L’idée de responsabiliser les entités fédérées fait son chemin.

Là, je dis halte. C’est une idée dangereuse pour Bruxelles. Prenons le chômage. Les dotations varieront selon les performances de lutte contre le chômage. Nous ne luttons pas à armes égales avec le VDAB qui a des moyens bien plus importants qu’Actiris. On ne veut juger l’action des pouvoirs publics sur l’emploi en fonction des résultats ! Comme si, en tout cas dans le secteur privé, le taux d’emploi dépendait essentiellement de décisions politiques. Ce ne sont pas les politiques qui créent l’emploi. Cela se saurait ! Autre exemple : les lois anti-discrimination empêchent les autorités régionales bruxelloises de discriminer l’emploi au profit des Bruxellois. Mais dans le même temps, on va juger la Région à son aptitude à faire diminuer le chômage des Bruxellois. Et puis, le marché de l’emploi de cette ville est tellement perméable aux éléments extérieurs qu’une objectivation complète de la politique régionale paraît irréaliste.

On parle d’importantes économies à réaliser à l’horizon 2015.

Deux écoles s’affrontent. Ou bien dans un contexte de stagnation, on estime que la rigueur est dangereuse. C’est l’opinion de l’Américain Paul Krugman et nous la partagerons. Ou bien nous faisons des économes de 25 milliards d’euros. Il faut que chacun comprenne ce que signifient concrètement des économies de cette ampleur. Ce sera le thème d’une grande euro-manifestation à Bruxelles, fin septembre.