A quoi servent les manifestations ?

DEMONTY,BERNARD

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Vendredi 29 janvier 2010

Social Pour la troisième fois en un an, les syndicats nationaux sont dans la rue

Si les prévisions syndicales se vérifient, ce sera une manifestation très importante. Ce vendredi, entre 20.000 et 30.000 personnes sont attendues dans les rues de Bruxelles. Juste avant le départ, vers 10h45, les manifestants observeront une minute de silence, durant un lâcher de ballons noirs. « Ces ballons symboliseront les emplois perdus et les travailleurs restés sur le carreau, victimes de la crise », dit-on à la FGTB.

La manifestation est portée par les trois grands syndicats du pays, la CSC, la FGTB et la CGSLB. Il n’y aura pas de grève générale pour permettre aux salariés de participer au mouvement, mais des perturbations sont possibles dans certaines entreprises, notamment les TEC wallons.

Les représentants des travailleurs se sont mobilisés suite à l’annonce de la fermeture d’Opel Anvers, jeudi dernier. Ils revendiquent notamment un moratoire sur le système de contrôle de disponibilité des chômeurs, et une mesure générale qui « conditionne toute aide publique au maintien et à la création d’emploi ». De son côté, la Fédération des entreprises de Belgique regrette ce mouvement. « Je comprends que les travailleurs émettent leur message, mais je regrette qu’ils empêchent les entreprises où les emplois subsistent de travailler un jour de semaine. », a dit Thomas Leysen, président de l’association patronale. Les patrons ont également « manifesté », cette semaine, en lançant lundi une pétition pour la liberté d’entreprendre. Elle a déjà recueilli 20.000 signatures.

Ecolo sera de la partie

Des parlementaires et militants écolos participeront à la manifestation de ce vendredi dans les rues de Bruxelles. « C’est d’abord la manifestation des syndicats, mais nous partageons une partie de leurs revendications, notamment concernant le conditionnement des aides publiques au maintien des emplois », nous a indiqué Georges Gilkinet, député fédéral. (B.Dy)

9 mars 2009 8 revendications, 3 satisfactions

Front commun. « Nous avons payé,

à nous de décider », 30.000 personnes

1. Signer des conventions collectives sur l’amélioration du pouvoir d’achat. OUI. Des conventions collectives sur l’augmentation du pouvoir d’achat ont effectivement été signées, mais ce n’est pas dû à la manifestation, mais à l’accord interprofessionnel conclu précédemment.

2. Ne pas toucher à l’autonomie des partenaires sociaux et à ce qu’ils ont convenu. OUI. Bien que la revendication soit floue, l’autonomie des partenaires sociaux n’a pas été affectée depuis la manifestation.

3. Protéger le pouvoir d’achat des travailleurs sans emploi, premières victimes de la crise. OUI. Le gouvernement a pris des mesures de soutien au pouvoir d’achat, notamment lors de la confection des budgets 2010 et 2011, en octobre dernier.

4. Lutter réellement contre la fraude fiscale. NON. Des montants ont été inscrits au budget, mais c’est le cas à chaque budget.

5. Assurer un accompagnement vers des emplois réels et mettre fin à la chasse aux chômeurs. NON. Le dispositif d’accompagnement des chômeurs n’a pas été modifié.

6. Eviter au maximum les licenciements en épuisant les alternatives, y compris les mesures de réduction du temps de travail et la semaine des quatre jours. NON. Le gouvernement n’a pas changé d’attitude. Il a juste prolongé comme prévu les mesures de crise, à la fin de l’année 2009.

7. Développer le secteur non-marchand et les services publics. NON. Aucune initiative significative n’a été prise dans ce sens.

8. Mettre sur pied un plan de relance ambitieux, orienté, entre autres vers la formation, l’innovation et l’utilisation maximale du potentiel d’emplois liés à la politique de l’environnement. NON. Le gouvernement n’a pas développé de plan d’envergure, comme le demandaient les syndicats.

4 décembre 2009 3 revendications, 1 satisfaction

FGTB-CGSLB. « Les travailleurs ne sont pas

des « Kleenex », 5.000 personnes

1. Un coup d’arrêt aux licenciements. NON. Au contraire, les licenciements se sont multipliés.

2. Un renforcement de la protection des ouvriers. OUI. Contre l’avis des employeurs, le gouvernement a alloué une prime de 1.666 euros aux ouvriers, en cas de licenciement non précédé d’une période de chômage économique.

3. L’arrêt de la chasse aux chômeurs. NON. Le plan d’accompagnement des chômeurs n’a pas été amendé.

29 janvier 2010 6 revendications, 2 satisfactions ?

Front commun. « Pour l’emploi, le respect

des travailleurs et la justice sociale »,

30.000 personnes ?

1. Mettre un terme au dumping éhonté pratiqué à l’égard des travailleurs. NON. Revendication floue, à la quelle il sera difficile de répondre avec précision.

2. Maintenir, relancer et créer l’emploi chez nous et au niveau européen. NON. Revendication à long terme, qui ne pourra être rencontrée rapidement.

3. Plus d’emplois pour les jeunes et les chômeurs. NON. Le gouvernement vient de prendre des mesures très coûteuses pour ces deux publics. Un effort supplémentaire serait surprenant.

4. Conditionner toute aide publique au maintien et à la création d’emploi. OUI. Cette revendication pourrait être rencontrée, mais pour certaines aides, pas toutes.

5. Défendre l’emploi dans les services publics. NON. Les non-remplacements des très nombreux départs à la pension sont écrits dans les astres.

6. L’accompagnement des chômeurs ainsi qu’un moratoire du système de contrôle de disponibilité avant sa réforme en profondeur. OUI. Certaines voix, y compris celle du Premier ministre, se sont montrées favorables à un réexamen du plan d’accompagnement des chômeurs.