Société du logement : la ruine d’un système

n.c.

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Lundi 19 décembre 2011

P. 2 & 3 Fraude ou complot ? Des audits soulignent l’absence de contrôles au sein de la Société wallonne du logement. Où le climat est délétère.

Le 2 décembre dernier, la direction générale de la Société wallonne du logement (SWL), la structure publique qui chapeaute les sociétés locales d’habitations sociales, procédait au licenciement pour faute grave de Catherine Delid, la directrice des services généraux et de la communication.

Ce lundi, le conseil d’administration de la SWL doit confirmer la sanction et valider sa motivation. Les administrateurs auront à leur disposition deux pièces à charge de la directrice : un audit interne et un autre rapport, réalisé par le consultant extérieur Ernst & Young à la demande du directeur général de la société, Alain Rosenoer.

Ces deux enquêtes épinglent une incroyable collection de pratiques anormales dans le chef de Catherine Delid : parc automobile, frais d’habillement, GSM, notes de restaurant, cave à vin. Jusqu’à une caisse parallèle à la cafétéria du siège social de la SWL, à Charleroi.

Pour autant, les audits ne concluent pas à des fraudes caractérisées. Ernst & Young évoque des négligences. Le rapport « maison » épingle de son côté « la légèreté voire l’absence totale de contrôle interne ».

Tout indique en fait que les procédures de contrôle existent… sur papier à la Wallonne du logement, mais qu’elles ne sont pas appliquées. Idem pour le contrôle des dépenses, des factures, des frais divers… Bref, le « système » serait défaillant, et pas seulement à la Direction des services généraux.

Voilà de l’eau au moulin de Catherine Delid. Dans un très long acte de défense que Le Soir s’est procuré, l’ex-directrice charge sa hiérarchie et notamment Alain Rosenoer. Absence de consignes, communication interne défaillante ou pratiques jamais remises en question : voilà qui expliquerait, selon elle, les « négligences » dont on l’accuse aujourd’hui. En plus d’un règlement de comptes interne entre responsables.

Alain Rosenoer ne se retrouve évidemment pas dans les conclusions des audits : pour lui, il y a faute grave sans contestation possible. Il doit en convaincre le conseil d’administration ce lundi après-midi. Mais tous les documents en notre possession en attestent : le climat est délétère au sein de cette institution.