Société - Vote le 8 janvier Les plans « drogues » sont retardés

DORZEE,HUGUES

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Jeudi 6 janvier 2005

Société - Vote le 8 janvier

Les plans « drogues » sont retardés

HUGUES DORZÉE

L'aide financière destinée à couvrir, en 2005, les plans « drogues » de 29 villes et communes (1) n'a toujours pas été versée aux intéressées. Ces budgets affectés par le ministère de l'Intérieur sont destinés à prévenir les problèmes de toxicomanies, renforcer le climat de sécurité et améliorer la qualité de la vie du citoyen, comme le prévoit l'arrêté ministériel du 8 juin 2003.

Au 1er janvier, nombre de ces villes et communes sont toujours dans l'incertitude. Or, ces budgets fédéraux sont nécessaires pour couvrir divers frais (personnel, fonctionnement...).

Au cabinet du ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael (VLD), on se veut rassurant : ces plans « drogues » ne sont pas remis en cause, il s'agit d'un « retard budgétaire » : Le ministre a donné son accord, l'Inspection des finances a rendu un avis positif, le dossier doit encore recevoir l'aval du ministre du Budget, assure-t-on au cabinet Dewael. La signature de Johan Van de Lanotte (SP.A) est fixée au 8 janvier.

Il n'empêche : dans ces 29 villes et communes - dépourvues d'un Contrat de sécurité et situées en région rurale -, les problèmes liés aux drogues restent bien présents. Les jeunes des « campagnes », pour ne parler que d'eux, vivent au rythme d'une culture urbaine, insiste Ariste Wouters, de l'ASBL La Teignouse, à Aywaille (Liège). Alcool, cannabis, drogues de synthèse... Les problèmes de dépendance, de réduction des risques, de toxicomanie lourde, ça nous concerne aussi.

Avec, pour ces villes et communes rurales, des spécificités à prendre en compte : des zones géographiques éclatées, des transports en commun réduits, des moyens limités... Les grandes villes (Liège, Charleroi, Anvers...) renforcent toutes leurs plans « drogues » et nous, nous devons pleurer après nos subventions, déplore un coordinateur namurois.

A cela s'ajoutent d'autres difficultés : un flou législatif concernant l'usage de cannabis depuis l'arrêt de la Cour d'arbitrage ; une dispersion des subventions (Fédéral, Régions et Communautés) ; des emplois précaires (éducateurs, assistants sociaux...) ; une confusion de plus en plus grande concernant le rôle des forces de police - à l'école, notamment, où celles-ci mènent des actions de prévention et des descentes musclées (fouilles, chiens pisteurs).

Autant de revendications figurant dans le mémorandum adressé, en 2004, par les Fédérations wallonne et bruxelloise des institutions pour toxicomanes aux différents gouvernements. Et peu pris en considération jusqu'ici.·

(1) Andenne, Arlon, Aubange, Aywaille, Bastogne, Beauraing, Beringen, Ciney, Comblain, Etalle, Flémalle, Geel, Heusden, Jette, Lanaken, Maasmechelen, Marche-en-Famenne, Mettet, Mol, Mouscron, Rochefort, Roulers, Sambreville, Spa, Theux, Tubize, Visé, Walcourt et Waremme.