Sommet historique le 2 mai prochain Euro: Bonn tempère ses exigences

TARDY,MARTIAL

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Mercredi 22 avril 1998

Sommet historique le 2 mai prochain Euro: Bonn tempère ses exigences

LUXEMBOURG

De notre envoyé spécial

L'Allemagne, parangon autoproclamé de l'orthodoxie budgétaire, a mis de l'eau dans son vin.En marge du conseil des ministres des finances de l'Union européenne, hier à Luxembourg, l'Allemand Theo Waigel a nuancé sa position à propos de la future «déclaration de stabilité» qui devrait être adoptée lors du sommet historique du 2 mai, où sera formellement lancé l'euro. Cette déclaration solennelle, proposée le mois dernier par l'Allemagne, viendrait s'ajouter au pacte de stabilité, qui prévoit de lourdes sanctions financières en cas de dérapage budgétaire.

Une première mouture du texte exige notamment que les Etats consacrent entièrement les fruits de la croissance à la réduction de leur déficit public et de leur dette. En outre, les pays fortement endettés - l'Italie et la Belgique - s'engageraient à réaliser des excédents budgétaires afin de rejoindre le plus rapidement possible le plafond de 60 % du produit intérieur brut (PIB). Lundi, les directeurs du Trésor et les gouverneurs des banques centrales européennes n'étaient pas parvenus à s'entendre sur de telles dispositions, en raison de réticences françaises, belges et italiennes.

Hier, Theo Waigel a fait marche arrière, en admettant que les Etats étaient seuls responsables de l'allocation de leurs ressources budgétaires, pour peu qu'ils respectent le pacte de stabilité. En outre, le ministre allemand a salué les performances budgétaires belges: Nous savons ce que signifie un surplus primaire (excédent budgétaire hors charge de la dette, NDLR) de 6 %. En Allemagne, il n'est que de 1 % , a souligné Theo Waigel.

Son homologue Philippe Maystadt a rappelé que la Belgique s'était engagée à réduire sa dette et que son plan avait été entériné par le Conseil des ministres de l'Union européenne. Il n'y a aucune raison de pratiquer une autre stratégie budgétaire , a-t-il tranché.

M.Ty

- PETIT DOUZE - 1 COLONNE -

BCE:

toujours l'incertitude

Les Quinze ne sont pas encore parvenus à un compromis sur la présidence de la future Banque centrale européenne, que se disputent le Français Jean-Claude Trichet et le Néerlandais Wim Duisenberg. Il y a un consensus général pour souhaiter que la décision soit prise le 2 mai , a indiqué Philippe Maystadt. Toutefois, la présidence britannique du Conseil a refusé d'avancer une date précise. Ultime butoir: la BCE entrera en fonction le 1er juillet.