Soros : la crise est en passe d’être réglée

AFP

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Mercredi 9 février 2011

Euro La pression retombe

La pression des marchés est retombée dans la zone euro, suite aux promesses faites par les Européens pour mieux faire face aux crises budgétaires, mais l’accalmie pourrait ne pas durer face aux problèmes de fond qui persistent en matière bancaire et d’endettement.

La crise de l’euro est « en passe d’être réglée », s’est félicité le financier américain George Soros, assurant que « la détermination existe maintenant de mettre en œuvre le chaînon manquant, qui est une politique budgétaire commune ou une administration du Trésor commune ».

Après une année 2010 cauchemardesque qui a failli emporter la monnaie unique au printemps, les Européens profitent d’un répit depuis le début de l’année. Plusieurs émissions obligataires réussies, au Portugal ou en Espagne notamment, ont contribué au retour au calme, de même que des indicateurs économiques qui repassent au vert en Allemagne en particulier.

Les Européens se sont aussi retroussé les manches : après la création dans l’urgence en mai 2010 d’un Fonds de soutien financier à la zone euro, ils travaillent depuis plusieurs semaines à en solidifier les fondations et à mieux discipliner leurs politiques nationales.

Les mesures seront précisées le mois prochain lors d’un sommet exceptionnel de la zone euro, puis finalisées lors d’une réunion des dirigeants de l’ensemble de l’Union européenne les 24 et 25 mars.

Le Fonds de soutien de la zone euro devrait se voir doter de nouvelles capacités effectives de prêt et de nouveaux outils.

On attend tous

le sommet de mars

Au-delà, les Européens travaillent à un renforcement de leur discipline budgétaire, à la coordination des politiques et la compétitivité dans la zone euro, pour faire évoluer l’Union monétaire vers un véritable gouvernement économique.

« Tout le monde attend le sommet de début mars », souligne l’économiste André Sapir, du centre d’études européennes Bruegel.

Les économistes de Bruegel, estiment qu’une solution globale ne pourra être efficace qu’à condition d’aborder plusieurs problèmes de fond, dont la situation de la dette grecque et celle des banques européennes, aux bilans toujours fragiles.

Concernant la Grèce, l’idée d’une nécessaire réduction de la dette du pays fait peu à peu son chemin.

« Il y a peu de chances que la Grèce soit solvable, donc on dit qu’il va falloir d’une manière ou d’une autre réduire la dette grecque », souligne André Sapir. (afp)