STALPORT CONFIRME, LES ECONOMIES DE LA RTBF VONT AU DELA DU PLAN HORIZON 97, REYERS ENGAGE ET ATTEND SON STATUT:

SIMON,CHRISTINE

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Jeudi 9 mai 1996

Stalport confirme : les économies à la RTBF vont au-delà du plan Horizon 97

Reyers engage et attend son statut

Satisfaction de l'administrateur général : la situation financière est redressée, l'avenir est serein... mais des interrogations demeurent...

De novembre à avril, l'administrateur général de la RTBF a dû encaisser les revers du procès Inusop. Cinq mois d'enfer personnel que Jean-Louis Stalport veut oublier désormais. Entouré du gratin des journalistes maison, il a présenté son bilan et parlé de l'avenir de l'institution. En prenant d'ultimes précautions, concernant l'arrêt Inusop. J'ai la conviction d'être innocent et de ne pas avoir bénéficié d'un procès équitable au même titre que n'importe quel citoyen. Les faits qui me sont reprochés sont totalement étrangers à mon mandat à la RTBF. Ou encore : J'ai eu le soutien d'une large majorité du Conseil d'administration, de pratiquement toute la hiérarchie de la RTBF et de la ministre-présidente de la Communauté française. Ce qui m'a conforté dans ma décision de rester.

La page Inusop est donc tournée... jusqu'à lundi prochain. Le conseil d'administration devra, en effet, désigner ses représentants au sein des différentes filiales commerciales de la RTBF (Canal Plus, TVB, Centre du cinéma, Régie Média belge) et se prononcer sur la poursuite éventuelle du mandat de Jean Guy à la vice-présidence. Seul administrateur socialiste à avoir voté contre le maintien de Jean-Louis Stalport à la tête de la RTBF, il a provoqué la réprobation de ses pairs. Ce problème relève du conseil d'administration, dit sobrement l'administrateur général.

Pour l'heure, celui-ci met davantage en avant ses qualités de gestionnaire. Depuis son arrivée à la tête de la RTBF, le budget n'a connu aucun dérapage et les résultats en 1994 et en 1995 ont enregistré des mali moins lourds que prévus (respectivement 76 et 70 millions). Si le taux de répartition de TVB, c'est-à-dire des recettes de la publicité entre RTL-TVI et la RTBF, avait été modifié conformément aux promesses politiques et si l'immeuble de la place Flagey avait été vendu, l'exercice 95 aurait été clôturé à l'équilibre, souligne-t-il. Les deux dossiers ne sont cependant pas tout à fait au point mort. Nous négocions avec la RMB, RTL-TVI et IP concernant TVB. En tout cas, nous pourrions tomber d'accord pour une redéfinition de certaines règles relatives notamment au sponsoring, affirme Jean-Louis Stalport. Quant à la vente de la Maison de la radio, propriété conjointe de la BRTN et de la RTBF, elle pourrait aboutir cette année, puisque les exigences de la radio-télévision flamande ont changé. Le ministre-président de la Région bruxelloise a chargé Robert Delville (ex-directeur général de la RTBF) de rédiger un rapport sur la vente de l'immeuble. Avec l'arrivée de Bert De Graeve, cependant, les exigences d'une BRTN en restructuration ont été modifiées. Parce qu'il ne compte pas maintenir les activités de l'orchestre, le nouvel administrateur de la BRTN ne revendique plus l'occupation de certains locaux de Flagey. L'immeuble pourra donc être vendu, sans condition...

Comme on le lira dans nos pages télé, Jean-Louis Stalport a commenté le lancement, le 2 septembre, des programmes télévisuels à la mi-journée. Approuvé par le conseil d'administration du 1er avril, ce lancement a été rendu possible grâce au sponsoring de l'office régional wallon des produits agricoles et horticoles et aux économies réalisées par le nouveau règlement général du travail. Nous aurons engagé, en 1996, quelque 28 personnes, dont 13 journalistes, a-t-il calculé. L'un ou l'autre pourrait être affecté à la radio, la Première devant être «reliftée».

S'engageant peu sur l'avis du Conseil d'Etat relatif à l'avant-projet de statut de la RTBF, il assure que la balle est dans le camp du politique. Mais qu'il appelle de tous ses voeux un statut offrant plus de souplesse à la radio-télévision de service public. Cependant, engluée dans les questions d'enseignement, la ministre Onkelinx refuse obstinément tout commentaire. Vous avez dit non-gestion ?

CHRISTINE SIMON