standard champion

BERTI,CHRISTOPHE; LARSIMONT,FREDERIC; DONNAY,JEAN-LOUIS; PAIROUX,ETIENNE; VOLPE,ANGELO

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Lundi 25 mai 2009

Liège, nouvelle capitale du football belge

Après le Standard « enfin champion », voilà le Standard « encore champion ». Les années passent et se ressemblent désormais, en effet, dans le football belge, puisque le titre a pris l’habitude de se jouer à Sclessin, entre Anderlecht et le Standard, dans une ambiance de feu. Et le Standard a pris l’habitude de le gagner !

Comme le 20 avril 2008, le 24 mai 2009 aura été un jour de gloire pour les Liégeois, un jour de feu pour le peuple rouche à nouveau ivre de bonheur au terme d’un scénario de rêve entamé… à Gand, huit jours plus tôt, avec le penalty de Ruiz arrêté par Bolat.

Après le titre qu’on n’espérait plus, l’an dernier, voici le titre de la confirmation. Le titre de la maturité, le titre de la prise de pouvoir, aussi. Qui peut douter, désormais, que le Standard soit devenu le club numéro 1 en Belgique ?

Pourtant, dimanche, Sclessin a souffert pendant un match très – trop – nerveux où l’enjeu, clairement, a tué le jeu.

Jeudi, au parc Astrid, on avait vu un Standard supérieur, maître de son football et du jeu. Un Standard qui, finalement, était un peu « à l’étroit » avec un partage (1-1) certes rassurant, mais qui ne reflétait pas la physionomie d’un match où Anderlecht n’avait eu qu’une occasion franche : son but. Le scénario ne s’est pas répété, à Sclessin.

Tout le Sporting avait clamé, après l’aller, qu’on verrait un autre Anderlecht, plus sûr, plus entreprenant et on l’a vu, en effet. Certes, on ne va pas crier au génie, côté bruxellois, mais au moins De Sutter et ses compagnons étaient plus présents dans les duels, plus dominateurs, plus sereins, curieusement.

Mais au terme d’une mi-temps plutôt mauve, c’est quand même le Standard qui a pris l’avance via un penalty léger converti par Witsel. Anderlecht a tout tenté après la pause, mais en vain. Et la rencontre s’est transformée en pugilat, avec plus de cartons jaunes et de coups de sifflet que d’occasions de but. Le football belge ne sort pas grandi de ce match, mais soit. Et ce n’est pas dimanche soir que les Liégeois ont gagné le championnat, mais sur l’ensemble d’un deuxième tour quasi sans faute, où ils ont repris quatre points à Anderlecht (les Mauves étaient champions d’automne), où ils sont passés par le chas de l’aiguille à Gand, où ils ont géré de main de maître le départ de Dante six mois après celui de Fellaini. Avec dix matchs européens dans les jambes pour un noyau qu’on disait étriqué. Et avec une équipe d’une moyenne d’âge de 23 ans, avec deux Souliers d’or et, même s’il n’a pas reçu de trophée individuel, le meilleur joueur de la D1, Dieumerci Mbokani.

C’est pour tout cela que le Standard mérite son titre, le dixième de son histoire, le deuxième d’affilée. Avec, à la clé, on l’a dit et répété, 15 millions d’euros garantis par la participation directe aux poules de la Ligue des champions. Sclessin va recevoir Barcelone, Manchester ou une formation de cet acabit, l’automne prochain. Et le Standard va pouvoir creuser un écart important avec ses concurrents. Le tout alors qu’à l’ombre de Saint-Guidon, l’examen de conscience et la remise en question seront à l’ordre du jour dès ce matin. Anderlecht doit se relever, il l’a déjà fait souvent pas le passer. On n’est pas champion 29 fois en 62 ans par hasard. N’empêche, ce matin, les Liégeois se sont réveillés heureux, comblés, la tête lourde, sans doute, mais le portefeuille plus lourd, aussi. De 15 millions d’euros. C’est désormais une évidence : le pouvoir est à Liège.

Le top

Dieumerci Mbokani

L’attaquant n’a pas marqué, cette fois, mais il a provoqué le penalty décisif. L’homme des test-matchs et donc du titre, c’est clairement lui. Comme l’an passé…

Super Luciano, roi du monde

Sclessin transformé en volcan, Liège ivre de bonheur et submergé de rouge : les supporters mauves pouvaient parler d’« accident industriel » l’an passé, en se disant que le Standard pouvait être champion une fois tous les 25 ans sans remettre en cause leur suprématie, mais cette fois ?

Cette fois, ils doivent courber l’échine avec humilité et reconnaître que le centre de gravité du football belge se déplace de Saint-Guidon vers le bord de Meuse. L’an passé, en effet à la même époque, tout en félicitant le Standard de Preud’homme pour l’obtention d’un neuvième titre conquis après 25 ans d’attente, on disait aux Liégeois que gagner, c’est bien, mais durer, c’est mieux. Et que s’ils étaient redevenus grands, ils devraient, désormais, gérer des problèmes de grands : la pression, l’exode des cerveaux, la comparaison permanente avec le dernier succès acquis – autrement dit : la nécessité de faire toujours mieux – le fait d’être attendu au tournant partout et par tout le monde, etc. Et qu’a fait le Standard ? Le Standard a perdu Preud’homme, puis Fellaini (en réalisant le plus gros transfert de l’histoire du football belge), a laissé filer Dante (mine de rien, l’un des cadors de la défense), a changé de gardien en plein sprint final en faisant confiance à un gamin talentueux, mais sans références. Le tout sans perturber une seule seconde une équipe qui ne déraille que très rarement et un club dont la politique sportive a suscité sarcasme et ironie pendant des années et qui inspire un respect profond aujourd’hui.

Avec, en plus, un Soulier d’or supplémentaire dans la poche, le meilleur joueur du Royaume (Mbokani, soyons clair) dans le groupe, un capitaine (Defour) qui a pris de l’ampleur ces derniers mois et une équipe dont la valeur marchande ne cesse d’augmenter. Le tout avec un projet de nouveau stade qui avance et une Académie qui tourne à plein régime. Et un potentiel d’attraction de plus en plus gros comme l’a encore montré la vente des droits télés pour les test-matchs.

Tout cela pose une vraie question de fond, « la » question : comment le Standard a-t-il pu être aussi instable, imprévisible et inefficace pendant des années et faire pâlir d’envie, aujourd’hui, tous les dirigeants de la division 1 ?

La réponse, c’est un homme qui la détient. Lucien D’Onofrio. L’homme fort du Standard, l’homme qui n’aime pas parler dans les médias, mais qui fait la loi, aujourd’hui, dans un milieu du football belge où il a plus d’ennemis que d’amis, mais un milieu qu’il a dompté.

D’Onofrio avec sa condamnation judiciaire en France, sa réputation sulfureuse, son rapport d’amour-haine avec la presse, certes, mais D’Onofrio avec ses résultats, son équipe brillante, jeune et belge, et avec l’image redorée de son club passé de l’enfer au paradis. Lucien D’Onofrio est aujourd’hui au sommet du monde. En tout cas au sommet de la gloire du Standard. Il a toutes les cartes en main : l’argent, l’équipe et la « vraie » Coupe d’Europe assurée jusqu’en décembre. Est-il pour autant parti pour garder ce pouvoir pendant des années ? On avait dit cela, aussi, d’Anderlecht en l’an 2000, après un parcours remarquable en Ligue des champions et la vente pour quasi 1 milliard de francs belges (à l’époque), de Köller, Radzinski et Goor. Mais le football n’est pas une science exacte et l’avenir prévisible ne dépasse pas quelques jours. D’Onofrio le sait, on n’en doute pas une seconde.

IGOR DE CAMARGO

Le Standard a mérité ce titre plus que jamais après la saison qu’il a faite, en championnat et en Coupe d’Europe. On a un noyau jeune, mais composé de guerriers. On avait envie, on l’a montré sur le terrain. Maintenant, on va faire la fête jusqu’au lever du soleil ! »

ROGER VANDEN STOCK

Ces dernières semaines, j’avais l’impression que le Standard était meilleur que nous en tout, mais finalement, on termine le championnat avec 77 points comme lui et on perd le titre sur un penalty douteux, un petit détail qui a fait toute la différence. C’est pénible. Je ne peux m’empêcher d’avoir d’énormes regrets. Et je me dis, après coup, que c’est à Tubize (NDLR : 1-1) qu’on perd le championnat… »

MOHAMED SARR

C’est la récompense d’un travail de longue haleine qui avait commencé par une énorme déception après notre élimination à Liverpool. Nous avons chaque fois surmonté les coups durs, collectivement. Beaucoup ont œuvré dans l’ombre sans la ramener. J’étais content de jouer, le banc, c’est stressant. Maintenant, la prime et les congés !

STEVEN DEFOUR

On a travaillé dur pendant tout le deuxième tour pour arriver à ceci. N’oubliez pas que nous avons eu à un moment 4 points de retard sur Anderlecht. On avait beaucoup de pression mais on a géré. Cette équipe est prête pour la Ligue des champions. »

AXEL WITSEL

C’est la deuxième fois qu’on gagne le titre contre Anderlecht, c’est encore mieux ! C’est magnifique. On a un groupe jeune, un peu insouciant, on ose faire des choses et ça paye. Cela ne servait à rien de stresser avant ces test-matchs. C’est ce genre de rencontres qu’on rêve de jouer tous les jours. »

Au bout du suspense

Au bout du suspense

Rien n’arrête Mbokani ou presque, Polak et Bernardez s’y mettant à deux pour endiguer la fougue de l’attaquant liégeois (ci-contre). On ne peut pas dire que pendant ce match, les couples se soient formés, même si Bolat et Onyewu semblent indissociables (au milieu, à gauche) et si Wasilewski et Mulemo se regardent de près (ci-dessous) ! Ariël Jacobs fait une moue défaitiste : le Standard est champion.

© Belga et Photo news.

Le doublé assuré en plein pugilat

Remplacements :

Anderlecht. 64e : Lukaku pour Bernardez ; 77e : Chatelle pour Deschacht.

Standard. 87e : Goreux pour Dalmat.

Arbitre : Allaerts.

Assistance : 26.000 spectateurs.

But : 40e : Witsel, pen (1-0).

Cartes jaunes : Deschacht, Defour, Biglia, Mulemo, Juhasz, Witsel, Van Damme, Lukaku, Wasilewski.

Une carte jaune écopée par Deschacht à… 70 m de son but, un coup parti du coude de De Camargo et qui rougit le visage d’un Wasilewski qui crie ouvertement la menace de le couper en deux à la première occasion, Bernardez qui réserve un traitement de faveur à Mbokani sans compter Defour et Biglia qui s’aboient dessus comme deux roquets : il y a plus poétique pour débuter un match mais ça corse au moins l’ambiance.

On était bien loin de la rencontre ouverte de jeudi au parc Astrid où chacun avait joué le jeu en fonction de sa forme du jour. Cette fois, pas question de foot durant la première demi-heure mais plutôt d’une guerre d’intimidation où l’enjeu et le travail psychologique des coachs avaient engendré de sacrés dégâts collatéraux.

Dépourvue de la moindre occasion, la partie ne pouvait être débloquée que par une phase arrêtée ou un coup de réparation. Un duel en pleine course entre Bernardez et Mbokani, avec une poussée jugée fautive du Hondurien, força l’arbitre à opter pour la seconde solution. Avec, d’après l’hésitation clairement perçue par tout le stade, une alerte donnée par le juge de ligne.

Maître de ses nerfs comme il l’avait été huit jours plus tôt à Gand pour maintenir les Rouches dans la course aux barrages, Witsel trompait le keeper en ouvrant son pied et par la même occasion, une voie déjà royale pour un dixième titre du Standard.

Venu pour muscler le jeu en attendant l’ouverture, le Sporting était désormais dans l’obligation de le faire. Mais de l’intention à la reconversion, il y avait un pas que franchissait allégrement Mbokani, le seul Standardman à réellement faire la différence si l’on en juge par ce qu’ont rapporté ses trois incursions en une heure de jeu : un penalty, un coup franc bien placé et une tentative personnelle qui aurait pu déboucher sur le second but liégeois.

Moins balancé que lors de la première manche, Anderlecht souffrait tout de même pour soutenir le rythme. Jacobs faisait bien entrer le tout jeune Lukaku (fils de Roger, l’ancien buteur serésien) en tentant le pari de l’insouciance, mais plus les minutes s’égrenaient, plus les contres liégeois menaçaient de faire mal. D’autant que Bernardez et Deschacht étaient sortis et que la défense anderlechtoise avait été remaniée avec les moyens du bord, le glissement de Legear comme… arrière droit étant suffisamment explicite.

Aussi houleuse que ne le fut son entame, la fin de match consacra l’équipe qui, au vu des deux matchs, devait l’être. Mais ces derniers barrages de l’histoire ne laisseront pas un souvenir impérissable. Surtout dans leur conclusion qui tourna au combat de rue. Quel dommage !

Standard

1

Bolat

Marcos

Onyewu

Sarr

Mulemo

Dalmat

Defour

Witsel

Jovanovic

De Camargo

Mbokani

Entraîneur :

Bölöni

Anderlecht

0

Schollen

Bernardez

Juhasz

Deschacht

Wasilewski

Biglia

Polak

Van Damme

Legear

De Sutter

Boussoufa

Entraîneur :

Jacobs

échos

500.000 euros en plus

La semaine aura été financièrement intéressante pour le Standard. En plus des 600.000 euros des droits télés et d’une somme plus ou moins équivalente en recette billetterie, le Standard est également assuré, depuis samedi, de recevoir un demi-million supplémentaire, montant prévu dans le transfert de Dante à Mönchengladbach : une clause prévoyait que le club allemand payerait 500.000 euros de plus au Standard en cas de maintien. Ce qui est fait. (E.Px)

Standard

Nicaise. L’ex-Montois – qui n’a pas joué – s’est fait remarquer négativement à la fin du match, en allant provoquer stupidement Van Damme et Wasilewski (qui aurait dû, lui, être exclu en fin de match). Une attitude stupide qui aurait pu tourner à la bagarre générale si les Mauves avaient réagi.

Onyewu. Le maintien de Mönchengladbach signifie-t-il le départ de l’Américain en Bundesliga ? Réponse dans les prochains jours.

Anderlecht

Gillet. Le Liégeois, gêné par des douleurs au cou mais aussi à l’épaule, ne se sentait pas à 100 % pour une telle rencontre. Il est resté sur le banc.

Lukaku. « J’étais plus surpris d’être dans la sélection samedi que sur le terrain dimanche. Je viens d’avoir 16 ans, je comprends la frustration de mes équipiers qui ont travaillé un an pour passer si près du titre. »

Reprise. Les Anderlechtois reprendront les entraînements le 12 juin. Or, Juhasz, Wasilewski et Polak devront peut-être répondre à une sélection nationale le 6. (A. Vo.)

Axel Witsel n’a jamais eu peur de prendre ses responsabilités

Les standardmen au crible

Avec le retour de Milan Jovanovic, suspendu au match aller, Laszlo Bölöni alignait son équipe type puisque Carcela retournait sur le banc. C’est donc en 4-2-3-1 que le Standard entamait la rencontre, Jovanovic occupant bien le flanc gauche. Mais les Rouches, où les médians ont pratiqué l’individuelle, ont cette fois affronté une équipe beaucoup plus agressive.

Bolat. Le gardien du Standard a été légèrement plus sollicité en début de match qu’il ne l’avait été en première période à Anderlecht. Mais son intervention la plus délicate, il a dû la faire en fin de première période sur un mauvais dégagement de Defour. Avant de sortir superbement un coup franc de Boussoufa. Il est resté attentif durant les nonante minutes.

Marcos. Le Brésilien a comme toujours été présent tant défensivement qu’offensivement où il fut très souvent dans le rectangle adverse en début de deuxième période.

Onyewu. L’Américain a prouvé une fois de plus prouvé qu’il a été le grand bonhomme de la défense cette saison. Un jeu sans fioriture et sans risque.

Sarr. Mikulic suspendu, le Sénégalais a été titularisé et s’est principalement occupé de De Sutter. Une prestation discrète mais très efficace.

Mulemo. Au début de match, on a eu l’impression qu’il allait être le plus sollicité des deux arrières latéraux. D’emblée, il se signalait par une faute sur Legear. Par la suite, il a bien maîtrisé son opposant avant d’écoper d’une carte jaune pour une faute de main en fin de première période.

Defour. Défensivement, sa première tâche a été de se trouver dans les parages de Boussoufa pour l’empêcher de jouer. Il a rempli cette mission à la perfection en gagnant son duel, quitte à perdre un peu d’efficacité dans son jeu offensif. Il a écopé d’une carte en première période pour une faute sur Biglia.

Witsel. Décidément, le Soulier d’or n’a pas froid aux yeux. À Gand, après une longue discussion avec Jovanovic, il avait pris ses responsabilités en tirant le penalty. Dimanche soir, c’est avec Dieu qu’il s’est mis d’accord. Pour battre Schollen en tirant son coup de réparation de l’autre côté. Comme son capitaine, il a été chargé de faire une individuelle sur un Anderlechtois, à savoir Biglia.

Dalmat. Le Français termine moins bien la saison qu’il ne l’a entamée. Ses débordements n’ont pas apporté le danger escompté à l’image de ses deux tentatives sur deux coups francs décentrés.

De Camargo. Même si Bölöni a douté longtemps de pouvoir compter sur lui en cette fin de saison, son retour a fait beaucoup de bien au duo Witsel-Defour tant son travail défensif est appréciable. S’il s’occupait de Van Damme sur les phases arrêtées, dans le jeu, en perte de balle, il devait prioritairement surveiller Polak.

Jovanovic. Comme souvent, le Serpent a commencé ses slaloms quand le Standard a pris l’avantage. Mais il n’est pas parvenu à créer le danger même s’il était plus frais que ses équipiers en raison de sa suspension du match aller.

Mbokani. Moins à l’aise en première période qu’à Anderlecht, notamment dans ses duels avec Bernardez, le Congolais a quand même encore été décisif en poussant Juhasz à commettre une faute dans le grand rectangle. Il fut beaucoup plus présent en deuxième période, même si son jeu collectif a manqué de précision.

Boussoufa, l’abonné absent du double test-match

Les anderlechtois au crible

Boussoufa sans inspiration et tenu hors du match par Defour, Anderlecht n’a guère été en mesure de sérieusement inquiéter Bolat. Pourtant, les Bruxellois devaient impérativement marquer au moins un goal à Sclessin, mais comme seul Van Damme a porté un soupçon de danger dans le rectangle liégeois…

Schollen. Le Limbourgeois a choisi le bon côté lors du penalty mais Witsel angle tellement bien ses frappes que les chances de stopper la balle semblaient bel et bien nulles.

Bernardez. Dans ce rôle de défenseur placé entre le couloir droit et l’axe central, le Hondurien a été utile pour refroidir les ardeurs de Jovanovic et de Mbokani sur lequel il a cependant commis la faute fatale en plaçant son coude en opposition sans que l’on comprenne trop l’utilité du geste.

Juhasz. Pris de vitesse sur les puissantes accélérations de Mbokani, le Hongrois a souffert comme rarement face à la vivacité de l’attaquant congolais.

Deschacht. Averti après seulement 5 minutes pour une faute inutile sur Marcos dans le camp adverse, le capitaine bruxellois n’a rien lâché face à Dalmat.

Wasilewski. Par rapport à Van Damme, le Polonais fut beaucoup moins offensif, ce qui a privé Legear d’un précieux relais sur le flanc droit. En outre, il aurait mérité d’être exclu en fin de match, à cause de gestes violents totalement déplacés. Incorrigible.

Biglia. Cette fois, l’Argentin a évolué sans la crainte d’une suspension en cas de carton jaune. Il a donc mis le pied et parfois même les mains, ce qui lui valu un avertissement. Son rendement serait meilleur s’il optait pour quelques passes en profondeur plutôt que de systématiquement chercher la solution latérale.

Polak. Si le Tchèque avait été transparent au parc Astrid, sa présence n’est pas passée inaperçue à Sclessin dans un registre défensif qui lui convient parfaitement. Son charisme le porte cependant parfois à trop vouloir en faire, quitte à être sanctionné pour réparer les erreurs de partenaires moins jusqu’au-boutistes que lui.

Van Damme. Dans une position plus offensive qu’à l’habitude, le Waeslandien a bénéficié de la première opportunité de la rencontre, sa reprise de la tête passant de peu au-dessus du domaine gardé par Bolat. Deux tacles décisifs dans la surface de réparation, propres, contrairement à sa prestation nerveuse à l’extrême.

Legear. Une entame de partie prometteuse face à Mulemo avant de rentrer dans le rang. Son tir en début de seconde période, en plein sur Bolat, semblait manquer de détermination. Dans un duel aussi serré, cela compte aussi de pouvoir s’appuyer sur des avants exploitant la moindre faille.

De Sutter. Le Brugeois a mis ses ultimes forces, qui semblaient perdues trois jours plus tôt, dans une bataille rude mais correcte et parfois inégale contre le duo Onyewu-Sarr.

Boussoufa. Le « Footballeur pro » s’est plus souvent retrouvé à hauteur de Biglia et de Polak qu’en soutien de Legear et De Sutter. D’où la difficulté pour Anderlecht de se créer des occasions de but.

Lukaku. Ce que Ferguson a tenté et réussi avec Macheda lors de Manchester United-Aston Villa, Jacobs l’a essayé avec son jeune puncheur de talent issu du noyau Espoirs. Avec moins de réussite même si le jeune homme a prouvé qu’il n’avait pas froid aux yeux.

La magie de Sclessin n’a pas pris une seule ride

J’adorais aller à Sclessin. Pourtant, tout y était effrayant. Il y avait d’abord cette plongée vers les rives de la Meuse avec le spectacle des usines qui crachaient leurs horribles fumées dans un bruit infernal. Le décor était affreux. Il y avait là-bas une odeur de fer qui vous glaçait les sangs. Puis, au stade, une enceinte pas bien belle. Tout était rouge, magnifiquement écarlate et cela signifiait que les Liégeois verseraient même leur sang sur le terrain. C’était toujours un terrible combat. J’éprouvais pour Sclessin un sentiment de haine passion. J’avais presque peur de me rendre là-bas mais ça m’excitait en même temps. Dès qu’on mettait le pied sur la pelouse, c’était l’enfer. Le stade explosait comme un volcan, ils étaient là, les Rouches, les vrais, prêts à pousser leurs joueurs vers le succès. »

Près d’un demi-siècle s’est écoulé et Polak ou Biglia ou Boussoufa n’auraient pas eu une virgule à changer, pas un mot à ajouter à la narration que faisait, dans les années 70, l’emblématique Anderlechtois Jan Mulder venu hier redécouvrir avec quelques-uns de ses anciens équipiers l’antre mythique de Sclessin. Dimanche encore, au crépuscule du jour le plus long de la saison qui s’achève enfin, le creuset d’Ougrée a fait bouillir comme en ses plus belles heures le chaudron rouge et blanc immortalisé par les premiers exploits des Liégeois sur la scène européenne. Comme aime le rappeler Jean Nicolay, témoin vivant de ce premier âge d’or, le stade était en priorité, à l’époque, celui des ouvriers qui venaient avec leurs mallettes et mangeaient sur les gradins leurs tartines après leur journée de labeur.

Aujourd’hui, ce sont les arrière-petits-enfants de ces glorieux pionniers qui ont pris le relais, peuplant de leur foi juvénile et enflammant de leurs chants enfiévrés des tribunes entre-temps remises à neuf mais devenues trop exiguës pour contenir le flot, bouillonnant, de folle passion, de supporters à nouveau affamés de succès et assoiffés de gloire. Sur le coup de 19 heures, quand se sont ouvertes les grilles de l’enceinte sous le regard débonnaire de Roger Claessen, c’est un véritable tsunami qui a déferlé vers la pelouse sacrée. Selon un cérémonial immuable, la foule chamarrée s’est engouffrée dans les avaloirs débouchant sur les marches du temple pour s’en aller recomposer, sous l’éclat des projecteurs, la grande famille clanique.

D’une seule voix, Kop, Hell Side, Ultras et PHK ont alors entamé, comme un cri assourdissant venu des entrailles de la terre, l’hymne à la gloire des Rouches tout en déployant, à l’apparition des équipes sur le terrain, le plus beau, le plus grand, le plus impressionnant tifo qu’on ait jamais vu chez nous.

Dans la lumière des feux de joie allumés aux quatre coins de Liège, de la Principauté, de la Wallonie et de la Belgique entière, Sclessin était, au soleil couchant, parti pour une heure trente, et plus si affinités, de convulsions collectives si fortes, si puissantes, si nerveuses qu’elles en faisaient trembler l’édifice sur son socle.

Sa magie n’a pas pris une ride…

LE palmarÈs

1896 FC Liégeois

1897 RC Bruxelles

1898 FC Liégeois

1899 FC Liégeois

1900 RC Bruxelles

1901 RC Bruxelles

1902 RC Bruxelles

1903 RC Bruxelles

1904 Union

1905 Union

1906 Union

1907 Union

1908 RC Bruxelles

1909 Union

1910 Union

1911 CS Bruges

1912 Daring Bruxelles

1913 Union

1914 Daring Bruxelles

1920 FC Bruges

1921 Daring Bruxelles

1922 Beerschot

1923 Union

1924 Beerschot

1925 Beerschot

1926 Beerschot

1927 CS Bruges

1928 Beerschot

1929 Antwerp

1930 CS Bruges

1931 Antwerp

1932 Lierse

1933 Union

1934 Union

1935 Union

1936 Daring Bruxelles

1937 Daring Bruxelles

1938 Beerschot

1939 Beerschot

1942 Lierse

1943 FC Malines

1944 Antwerp

1946 FC Malines

1947 Anderlecht

1948 FC Malines

1949 Anderlecht

1950 Anderlecht

1951 Anderlecht

1952 FC Liégeois

1953 FC Liégeois

1954 Anderlecht

1955 Anderlecht

1956 Anderlecht

1957 Antwerp

1958 Standard

1959 Anderlecht

1960 Lierse

1961 Standard

1962 Anderlecht

1963 Standard

1964 Anderlecht

1965 Anderlecht

1966 Anderlecht

1967 Anderlecht

1968 Anderlecht

1969 Standard

1970 Standard

1971 Standard

1972 Anderlecht

1973 FC Bruges

1974 Anderlecht

1975 RWDM

1976 FC Bruges

1977 FC Bruges

1978 FC Bruges

1979 Beveren

1980 FC Bruges

1981 Anderlecht

1982 Standard

1983 Standard

1984 Beveren

1985 Anderlecht

1986 Anderlecht

1987 Anderlecht

1988 FC Bruges

1989 FC Malines

1990 FC Bruges

1991 Anderlecht

1992 FC Bruges

1993 Anderlecht

1994 Anderlecht

1995 Anderlecht

1996 FC Bruges

1997 Lierse

1998 FC Bruges

1999 RC Genk

2000 Anderlecht

2001 Anderlecht

2002 RC Genk

2003 FC Bruges

2004 Anderlecht

2005 FC Bruges

2006 Anderlecht

2007 Anderlecht

2008 Standard

2009 Standard

Jean-Claude Marcourt.

Jean-Claude Marcourt.

Didier Reynders.

Didier Reynders.

Michel Daerden.

Michel Daerden.

Joëlle Milquet.

Joëlle Milquet.

Le 10e titre L’HISTORIQUe

Les années 60 L’arrivée de Roger Petit

Patience et persévérance ont été longtemps le lot des Rouches dans leur quête du Graal. En 1936, le Standard échoua d’un souffle au seuil de la consécration suprême. Lors du match décisif à Sclessin, contre le Daring, il concéda une courte défaite, fatale. Cette occasion ratée ne se représentera pas de sitôt. Le matricule 16 dut attendre l’avènement de Roger Petit, son ancien capitaine, au poste d’administrateur délégué pour défrayer à nouveau la chronique. Un peu comme le fera bien plus tard un certain D’Onofrio, Petit s’érigea en homme fort de Sclessin.

L’une de ses premières initiatives s’avéra au plus haut point payante. En 1953 fut engagé André Riou, un Nordiste qui portait le béret basque et était, comme Petit, en avance sur son temps en matière de professionnalisme. Sous sa direction, le Standard remporta un an plus tard sa première Coupe puis, en 1958, coiffa ses premiers lauriers de champion. Ce titre historique fut acquis… à égalité de points avec l’Antwerp mais avec un plus petit nombre de défaites. Plus tard, sur proposition du Standard, ce fut au plus grand nombre de victoires qu’il fut décerné.

André Riou n’eut pas l’honneur d’emmener ses champions – les Nicolay, Mathonet, Houf, Piters et autre Mallants – en Coupe d’Europe. Ce privilège revint à son successeur, le Hongrois Kalocsay. Adepte de la puissance physique, il muscla la préparation en imposant à ses joueurs le travail des poids et des haltères. La furia liégeoise était sur rails. Avec Sztani à la baguette, Kalocsay emmena les Rouches, en 1961, à la conquête d’un 2e titre conquis devant le FC Liégeois. Au soir de ce succès, cet homme à la poigne de fer n’hésita pas à déclarer que « le Standard avait désormais dix ans d’avance sur Anderlecht ». Piqué au vif, le Sporting prit derechef sa revanche en terminant en tête avec 9 points d’avance sur le Standard. Entre-temps, il est vrai, Kalocsay avait tiré sa révérence, cédant le relais au Breton Jean Prouff, un ex-international qui échoua dans sa mission en bord de Meuse où débarqua alors Gusti Jordan. Sous l’impulsion du Franco-Autrichien, le Standard décrocha, devant l’Antwerp et Anderlecht, un troisième titre en 6 ans : le mythe rouge et blanc était né.

Les années 70 Un triptyque signé Van Moer

Ayant enfin coulé les fondations d’un club hautement compétitif, le Standard s’octroya quelques saisons de répit, le temps pour Michel Pavic de débarquer de l’Etoile rouge de Belgrade avec dans ses bagages la panoplie du parfait « professeur », comme le baptisèrent ses nouveaux élèves. Connaissant son métier sur le bout des doigts, cet homme d’une grande droiture entreprit de bétonner à son tour les positions arrières d’une équipe qui avait trusté ses premiers succès par la grâce d’une intransigeance à toute épreuve. En 1958, son arrière-garde avait concédé 21 buts seulement. Exactement comme en 1963.

Après la ligne Maginot du début des années 60, Pavic érigea à sa manière le Mur de Sclessin. Avec Beurlet, Dewalque, Jeck et Thissen devant Nicolay puis Piot, il n’y avait pas meilleur rempart en Belgique. Technicien hors pair à défaut d’être d’un grand pragmatisme, Pavic fut bien mal récompensé de son travail puisque s’il enleva à deux reprises la Coupe, il ne connut jamais, en quatre années passées à Ougrée, les joies d’un sacre. Pour autant, il laissa à son départ un héritage que René Hauss allait magistralement faire fructifier.

Le Standard de l’Alsacien fut un modèle du genre avec, pour clé majeure du succès, une défense de roc qui se mua progressivement en une forteresse inexpugnable. Aussi musclé était-il à l’arrière, aussi imaginatif et créatif apparut-il dans la ligne médiane animée par les Depireux, Takac, Cvetler et Van Moer sur lequel Pilot veillait comme un ange gardien. Pour couronner le tout, Hauss disposait aussi d’une redoutable division offensive constituée de Nagy, Kostedde, Galic, Semmeling et Henrotay.

En 1969, les Rouches entamèrent un fabuleux triptyque jusqu’ici inégalé à Sclessin. Ils distancèrent d’abord de 5 points un étonnant Sporting de Charleroi. L’année suivante, ils neutralisèrent avec beaucoup plus de difficulté les velléités du FC Brugeois qui échoua à trois unités tout en reléguant Anderlecht à treize longueurs. Ce fut à partir de cette époque qu’on commença à parler régulièrement des « trois grands » en évoquant la lutte pour le titre. Nullement repu, le Standard remit son ouvrage sur le métier douze mois plus tard mais, une fois encore, Bruges lui tint tête jusqu’à l’ultime journée. Le tournant de la saison se situa au Klokke quand, à la faveur d’un prologue d’enfer, Raoul Lambert et les siens menèrent rapidement 2-0 à la marque. Pris à la gorge, Van Moer et ses camarades desserrèrent peu à peu l’étreinte pour s’imposer sur le fil par 2-3. Un rétablissement spectaculaire qui préfigurait pourtant 10 ans de disette.

Les années 80 La gloire puis l’enfer

Après bien des atermoiements, Roger Petit brûla ses derniers feux en jetant coup sur coup son dévolu sur deux entraîneurs exceptionnels. L’engagement d’Ernst Happel valut ainsi au Standard de retrouver punch et crédibilité. Une place de vice-champion et une Coupe de Belgique auréolèrent le passage par Sclessin de l’Autrichien qui transmit le témoin à un tacticien bien plus futé encore. Aux coups de poker de son prédécesseur, Raymond Goethals privilégia l’ordre et la rigueur illustrée par cette historique confrontation de Super Coupe qui opposa, dans un Heysel rempli jusqu’à la gueule, le Standard à Anderlecht. Face à Ivic, Goethals neutralisa à la perfection l’armada mauve et blanc qu’il terrassa, au terme d’un mémorable 0-0, lors de la séance des tirs au but.

Le ton était donné. Les départs conjugués, à l’étranger, de Sigurvinsson et Edström furent largement compensés par l’acquisition d’Arie Haan. En acceptant de céder son génial hollandais à la concurrence, Constant Vanden Stock commit l’erreur la plus lourde de sa carrière de dirigeant. Avec Goethals et Haan, le Standard héritait de deux stratèges pour le prix d’un : un sur le banc et un autre sur le terrain. Remarquable communicateur et motivateur, Goethals s’attacha prioritairement à rendre au Standard ce qu’il avait perdu depuis l’époque de Hauss : une défense de fer. Une défense qui, de 1981 à 84, fit régner le régime de la terreur sur tous les terrains. A droite, Gerets mangeait son adversaire direct. Le Limbourgeois ne s’adaptait pas à son attaquant mais le contraire. Et quand il décidait de mettre le nez à la fenêtre, on ne le revoyait plus. De l’autre côté, Plessers dégageait une impression de force et de puissance athlétiques surhumaines. Venu du FC Bruges, Meeuws devint la tour de contrôle de cette arrière-garde de feu, organisant avec maestria son secteur de jeu où évoluait aussi, en toute discrétion, mais avec une rare efficacité Theo Poel, le briseur de lames par excellence.

Dans l’entre-jeu, Haan fut la première pierre, angulaire, du nouvel édifice. Si Arie était incontournable, on pouvait en dire tout autant de Jos Daerden et de Guy Vandersmissen, deux infiltreurs d’avant-garde qui marquèrent souvent des buts importants pour une équipe irradiée, à l’avant, par l’éclat de Tahamata. En 1981, le génial Moluquois était déjà au sommet de son art. Dans un bon jour, il pouvait gagner une rencontre à lui seul, à l’instar du Rensenbrink de la belle époque anderlechtoise. Associé à Wendt, à Voordeckers puis à Gründel et Geurts, Tahamata vola avec les siens de succès en exploits qui valurent au Standard d’engranger, en 82 et 83, deux titres successifs agrémentés, notamment, de victoires plantureuses à Bruges (1-7) mais aussi et surtout à Anderlecht (1-3 et 1-4). Nul n’a oublié cette époque glorieuse qui permit aux Rouches de précéder deux fois les Mauves d’une courte tête (deux points en 82, un seul en 83) même si, au bout du compte, ça s’est, hélas, très mal terminé pour tous…

Les années 2000 La renaissance avec D’Onofrio

Plus longue fut l’attente, plus magique fut l’heure de la délivrance. Celle-ci survint, dans un tsunami de liesse populaire, le soir du 20 avril 2008 quand, vainqueur d’Anderlecht, son rival héréditaire sur le score de 2-0 alors que Bruges était tenu en échec, le Standard était officiellement sacré champion de Belgique pour la 9e fois. Après 25 années de frustrations, le matricule 16 prenait enfin sa revanche sur les événements qui n’avaient cessé de l’accabler. Les trois derniers titres de vice-champion récoltés en 1993, 1995 et 2006 n’avaient fait qu’entretenir le feu qui continuait à couver sous la cendre tout en aggravant l’amertume de supporters qui chavirèrent de bonheur quand, par deux fois, Mbokani fit trembler les filets d’Anderlecht. Jusque-là invaincu, le matricule 16 se libérait enfin de ses fers pour célébrer dans les rires et les larmes, à 3 journées du terme, la reconquête de son hégémonie. Dans un stade en extase, les Fellaini, Defour, Witsel, Goreux et autres jouvenceaux, qui n’étaient même pas nés lors du dernier sacre gratifièrent leurs supporters d’une éblouissante démonstration d’adresse, de classe et d’efficacité. Avec la complicité agissante de joueurs plus chevronnés comme Dante, Marcos, Onyewu, De Camargo, Jovanovic et Sarr, ils venaient de parapher une histoire merveilleuse dictée avec une patience angélique par Michel

Preud’homme, l’homme providentiel qui, en collaboration avec Lucien D’Onofrio, le nouveau maître de Sclessin, est parvenu en un temps record à rendre au club son lustre du temps jadis.

Au terme de cette saison d’anthologie, ces deux amis se sont quittés sans pour autant que le Standard retombe dans ses travers. Sous la direction de Bölöni, les Rouches, pourtant orphelins, en cours de route, de Fellaini et Dante, poursuivirent au contraire sur leur lancée, déployant en Coupe d’Europe un spectacle parfois hallucinant de maîtrise et d’efficacité. À l’étroit dans son enceinte mythique, le bon peuple de Sclessin est reparti, en août dernier, pour neuf mois de bonheur sans partage qui l’ont à nouveau conduit samedi soir, sur les terres gantoises, à une dixième consécration au terme d’un éprouvant et interminable mano a mano avec Anderlecht. Cerise sur le gâteau, ce nouveau titre permettra aux Liégeois de retrouver bientôt la scène de la Ligue des champions, la plus huppée des compétitions continentales qui leur permirent, voici un demi-siècle, de conquérir l’estime de la Belgique entière.

les 27 acteurs du titre

Oguchi Onyewu

2.771 min. jouées

3 buts marqués

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Axel Witsel2.771 min. jouées 7 buts marqués 0 carte rouge

Axel Witsel

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7 buts marqués

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Marcos2.642 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Marcos

2.642 min. jouées

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Milan Jovanovic2.599 min. jouées 12 buts marqués 0 carte rouge

Milan Jovanovic

2.599 min. jouées

12 buts marqués

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Steven Defour2.537 min. jouées 4 buts marqués 0 carte rouge

Steven Defour

2.537 min. jouées

4 buts marqués

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Dieumerci Mbokani2.484 min. jouées 16 buts marqués 0 carte rouge

Dieumerci Mbokani

2.484 min. jouées

16 buts marqués

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Andres Espinoza2.430 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Andres Espinoza

2.430 min. jouées

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Wilfried Dalmat2.358 min. jouées 4 buts marqués 0 carte rouge

Wilfried Dalmat

2.358 min. jouées

4 buts marqués

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Igor De Camargo1.729 min. jouées 8 buts marqués 0 carte rouge

Igor De Camargo

1.729 min. jouées

8 buts marqués

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Mohamed Sarr1.710 min. jouées 1 but marqué 1 carte rouge

Mohamed Sarr

1.710 min. jouées

1 but marqué

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Tomislav Mikulic1.586 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Tomislav Mikulic

1.586 min. jouées

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Landry Mulemo1.396 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Landry Mulemo

1.396 min. jouées

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Dante1.284 min. jouées 5 buts marqués 1 carte rouge

Dante

1.284 min. jouées

5 buts marqués

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Benjamin Nicaise1.014 min. jouées 1 but marqué 0 carte rouge

Benjamin Nicaise

1.014 min. jouées

1 but marqué

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Reginal Goreux852 min. jouées 1 but marqué 0 carte rouge

Reginal Goreux

852 min. jouées

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Eliaquim Mangala642 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Eliaquim Mangala

642 min. jouées

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Sinan Bolat630 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Sinan Bolat

630 min. jouées

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Mehdi Carcela543 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Mehdi Carcela

543 min. jouées

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Salim Toama500 min. jouées 3 buts marqués 0 carte rouge

Salim Toama

500 min. jouées

3 buts marqués

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Christian Benteke471 min. jouées 3 buts marqués 0 carte rouge

Christian Benteke

471 min. jouées

3 buts marqués

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Marouane Fellaini270 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Marouane Fellaini

270 min. jouées

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Leon Benko223 min. jouées 1 but marqué 0 carte rouge

Leon Benko

223 min. jouées

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Alex Da Silva90 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Alex Da Silva

90 min. jouées

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Marco Ingrao48 min. jouées 0 but marqué 1 carte rouge

Marco Ingrao

48 min. jouées

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Hiraç Yagan24 min. jouées 1 but marqué 0 carte rouge

Hiraç Yagan

24 min. jouées

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Gohi Bi Zoro Cyriac2 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Gohi Bi Zoro Cyriac

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Digao2 min. jouées 0 but marqué 0 carte rouge

Digao

2 min. jouées

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De l’arrivée de Bölöni jusqu’au sprint final

1

Laszlo Bölöni succède à Michel Preud’homme

Pour remplacer un entraîneur ayant rendu la fierté aux supporters du Standard après 25 ans de disette, il fallait un coach d’envergure. Preud’homme parti, Luciano D’Onofrio, le vice-président du Standard, ouvrait son carnet d’adresses pour tomber sur le nom de Laszlo Bölöni.

Désireux de revenir en Europe après une expérience à Al Jazeera, le Roumain signait un contrat d’un an à Sclessin le 9 juin 2008. Après avoir remporté la Supercoupe contre Anderlecht, il fut bien près de conduire le Standard en Ligue des champions au détriment de Liverpool. Dès lors, son objectif sera d’y parvenir quelques mois plus tard. Surtout au fur et à mesure où l’on apprend que le champion sera directement qualifié pour les poules de la Ligue des champions.

2

Le match référence : le retour à Liverpool

En se présentant au tirage au sort du tour préliminaire de la Ligue des champions, le Standard savait qu’il hériterait d’un gros morceau. Et quel morceau : Liverpool ! À la veille du match aller à Sclessin, Bölöni avait demandé à ses joueurs d’être « des salopards qui ne respectent rien ». Message compris. Un but de Fellaini refusé et un penalty loupé par Dante frustrent les Liégeois à l’aller (0-0). Au retour, à Anfield, ils jouent le match parfait démontrant qu’ils méritent une place dans la phase des poules, les Reds ne trouvant l’ouverture que dans les derniers instants de la prolongation. Si Liverpool a dû jouer 208 minutes pour marquer un but aux Rouches, ceux-ci sont à l’aube d’un joli parcours européen (Everton, Séville, Belgrade, Sampdoria).

3

A la fin du mercato, Fellaini signe à Everton

Un coup de tonnerre éclate dans le ciel du football belge dans la soirée du premier septembre 2008. Alors qu’il est avec l’équipe nationale à Tubize, Marouane Fellaini se rend au Sheraton de Bruxelles pour y rencontrer la direction d’Everton à l’invitation de Luciano D’Onofrio. Le vice-président du Standard sent l’affaire financièrement juteuse pour son club et pour le joueur. Les prix montent. Everton veut absolument le médian des Rouches. À la limite de la clôture du mercato, D’Onofrio parviendra à soutirer plus de 20 millions au club anglais (plus intéressement à la revente et autres bonus), le transfert le plus cher de l’histoire du football belge. Une transaction qui permet au Standard de combler son déficit d’exploitation pour cinq ou six ans.

4

Le Standard a souvent déchanté lors des lendemains européens

Cette saison, le Standard a disputé dix matches européens. Et il a abandonné près de la moitié des points (13 sur 30) en championnat lors d’une rencontre suivant une confrontation continentale.

Parmi ces résultats, on retiendra la déroute au Cercle 4-1 (sans doute le plus mauvais match de la saison des Rouches, terminé à neuf après les exclusions de Dante et Ingrao), la défaite 4-2 à Anderlecht après avoir mené 1-2 et le revers à domicile face à Zulte-Waregem (1-2).

Si la direction du club principautaire voulait prioritairement que le Standard réalise un beau parcours sur la scène européenne, celui-ci aurait pu lui coûter très cher dans l’optique de la saison à venir.

5

Axel Witsel, troisième Soulier d’or rouche en quatre ans

Il y a eu Sergio Conceiçao puis Steven Defour et enfin Axel Witsel. Trois fois en quatre ans le Soulier d’or est revenu à Sclessin. C’était attendu puisque l’on citait également Jovanovic et Mbokani dans la liste des favoris. Si le Serbe a bien pris la consécration de son jeune équipier, le Congolais a parlé de racisme en évoquant sa sixième place.

Cette récompense a laissé des traces. Le lauréat, qui a reçu quelques semaines plus tard son trophée des mains de Didier Deschamps, a mis deux bons mois à retrouver son niveau de 2008. Que ce soit avec des souliers dorés ou ses traditionnelles godasses rouges, Witsel a eu du mal à assumer son nouveau statut. Mais lui n’a pas pété un câble comme Conceiçao ou ne s’est pas blessé comme Defour.

Statistiques avant les deux test-matchs

Statistiques avant les deux test-matchs

6

Quatre jours en enfer de Braga à Anderlecht

C’était la semaine de folie des Rouches : un déplacement à Braga en seizièmes de finale de la Coupe de l’UEFA avant un match au sommet à Anderlecht quatre jours plus tard. Deux rencontres loupées en février.

A Braga, après avoir perdu Defour dès la 10e minute, le Standard sombrait (3-0) en revivant le même cauchemar qu’à Saint-Pétersbourg, la saison précédente. C’est donc déjà quasiment éliminés de l’Europe, et sans leur capitaine touché à la cheville, que les Rouches s’en allaient au parc Astrid. Pour bien maîtriser leur sujet durant une heure en menant deux fois au score. Mais la dernière demi-heure allait être fatale aux Rouches (4-2). Avec quelques joueurs en méforme, le Standard venait de vivre quatre jours en enfer.

7

Charleroi et Zulte-Waregem : 1 sur 12 pour les Rouches !

La saison dernière, le Standard n’avait jamais été battu avant d’être sacré le 20 avril. En 2008-2009, en revanche, cinq revers ont freiné la marche en avant des Rouches, dont trois face à Charleroi et Zulte.

Qui plus est, ces deux formations ont même eu le toupet de venir s’imposer sur le même score (1-2), à Sclessin, lors de la première moitié du championnat. De quoi attiser des envies de revanche pour les matchs retour ? Que nenni : le Standard s’inclinait 1-0 à Charleroi avant de partager 0-0 à Zulte. Pour un bilan d’un point sur douze impensable pour un candidat au titre. Un bilan qui aura pesé lourd mathématiquement au décompte final de la saison. Et physiquement aussi avec deux test-matchs supplémentaires.

8

Les gamineries entre fortes têtes

Si le Standard a assuré le spectacle sur la pelouse, il l’a fait de deux manières. D’abord, sur le plan purement footballistique avec quelques prestations étincelantes. Ensuite, par quelques gamineries entre fortes têtes.

Ainsi, une des images de la saison restera les petits bonds de rage et le jet au sol des gants de Jovanovic. Pour quel motif ? Parce que Mbokani ne lui avait pas fait une passe. Un geste qui, quoi qu’on en dise malgré les paroles apaisantes, a laissé des traces dans le vestiaire. Enfin, il y eut aussi ces trois disputes entre Witsel et Jovanovic pour tirer un coup de réparation. Qui n’eurent finalement aucune conséquence négative pour le tireur. Le côté positif étant aussi la démonstration qu’ils n’ont pas peur de prendre leurs responsabilités !

9

Le penalty de Ruiz arrêté par Bolat

Pour lancer la carrière d’un gardien, il suffit parfois d’un seul arrêt. Depuis le 16 mai, tout le monde du football belge connaît Sinan Bolat.

Arrivé durant l’hiver de Genk pour 150.000 euros, le gardien belgo-turc a commencé par ronger son frein sur le banc. Avant d’être titularisé lors de la 28e journée et la visite du Germinal. Progressivement, il a pris confiance signant deux superbes prestations à Zulte et contre Bruges. Avant d’entrer dans la légende du Standard dans les arrêts de jeu de la 34e et dernière journée en arrêtant un penalty de Ruiz au terme d’un scénario dramatique. Si Gand avait égalisé sur cette action, Anderlecht était champion. En détournant l’envoi du Costaricain, Bolat permettait au Standard d’aller au test-match.

10

Un partage au test-match aller met le Standard sur orbite

On disait des Rouches qu’ils manquaient de fraîcheur en cette fin de saison. Peut-être était-ce dans la tête ? En effet, lors du test-match aller à Anderlecht, les Liégeois prenaient la première période à leur compte, frappant notamment deux fois le poteau par Dalmat et De Camargo.

Beaucoup pensaient que leur chance était passée quand Legear ouvrait le score. Mais le Standard ayant appris de son passé européen et notamment de sa mauvaise gestion des matchs à Saint-Pétersbourg et Braga en Coupe de l’UEFA, il conservait son calme, l’inévitable Dieumerci Mbokani apportant l’égalisation à ses couleurs. Ce qui promettait une nuit de folie au soir du test-match retour, le 24 mai, à Sclessin.

4

Les chiffres

Le Standard est le quatrième club au classement du nombre de titres de champion de Belgique. Anderlecht (29) mène la danse, suivi par Bruges (13) et l’Union-St-Gilloise (11).

7

7 Standardmen ont reçu le Soulier d’or depuis la création du trophée : Jean Nicolay, Wilfried Van Moer (2 fois), Christian Piot, Eric Gerets, Sergio Conceiçao, Steven Defour et Axel Witsel.

7

Leon Semmeling est bel et bien « Monsieur Standard ». Il a remporté sept titres de champion, cinq comme joueur et deux comme entraîneur-adjoint.

20

Le Standard dispose d’un budget d’environ 20 millions d’euros. C’est plus ou moins la moitié de celui d’Anderlecht.

238

Le meilleur buteur du Standard dans l’histoire du championnat de D1 est Jean Capelle, auteur de 238 buts en 246 matchs, entre 1929 et 1994.

390

Le joueur qui a disputé le plus de matchs de D1 pour le Standard n’est autre que Gilbert Bodart, gardien de but des Rouches de 1981 à 1996, avec de revenir durant la saison 1997-98.

1958

C’est l’année du premier titre de champion de Belgique remporté par le Standard. A cette époque, les Rouches étaient entraînés par le Français André Riou, dit « l’homme au béret ».

Debout (de gauche à droite): Marcos Camozzato, Oguchi Onyewu, Dieumerci Mbokani, Axel Witsel, Sinan Bolat,

Debout (de gauche à droite): Marcos Camozzato, Oguchi Onyewu, Dieumerci Mbokani, Axel Witsel, Sinan Bolat, Mohamed Sarr. ACCROUPIS (DE GAUCHE À DROITE): Igor De Camargo, Wilfried Dalmat, Milan Jovanovic, Steven Defour et Landry Mulemo. © photo news.

Le flop

Mbark Boussoufa

Le Footballeur pro de l’année, meilleur joueur d’Anderlecht cette saison, n’a pas fait la différence, cette fois, ni au parc Astrid ni à Sclessin. Il n’a pas pesé sur les test-matchs comme on s’y attendait.